(Excusez ce titre, je n'ai pu m'en empêcher en tant que digne fille de mon père, maître incontesté dans l'art du jeu de mot, de l'à peu près et de le la contrepèterie).

Mes proches le savent, j'aime les bizarreries en cuisine. Sans aller jusqu'à tester le gâteau chocolat-mayo (classique américain) comme l'a fait l'audacieuse Camille pour le concours de recettes inavouables, je me plais à détourner aliments et produits des recettes où on les attend. Avec une préférence pour le légume qui devient dessert.

Voilà comment, un jour, je me suis retrouvée nez à nez avec une espèce de yaourt aux haricots rouges flottants (dont j'ai oublié (volontairement !) la composition exacte) ramené de l'épicerie asiatique.
Voilà comment, un jour, je me suis retrouvée à faire un quatre-quarts truffé de dés de tomate - oui, la tomate est un fruit... tout de même, son goût dans un gâteau, c'est déroutant... mais très agréable.
Voilà comment, un jour, je me suis retrouvée à préparer un gâteau aux courgettes (recette by Julie Andrieu)... grosse déception, après cette expérience, j'ai bien cru ne plus être capable à nouveau de manger une courgette (oui Diane, ça se dit UNE courgette !).
Bref, j'en passe.

Tout ça pour dire que lorsque j'ai découvert, il y a quelques jours, le billet magnifiquement illustré de Valérie, Cuisine et Voyage, sur une tarte gourmande aux navets, j'ai su qu'il m'était destiné ! Cette tarte, il me fallait la faire sans attendre, trop curieuse que j'étais de savoir comment le navet s'en sortirait dans un rôle à contre-emploi.

Sans trop de modifications - avec une telle recette, mieux vaut ne pas prendre de risque - j'ai patiemment réalisé la pâte, puis la garniture, puis le streusel, puis j'ai assemblé le tout et l'ai apporté le soir même chez des amis.

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La recette, vous la retrouverez ici. Faute de sucre roux, j'ai utilisé de la vergeoise brune pour réaliser la purée de navets, ainsi qu'en témoigne la couleur brune et non dorée de la garniture (la preuve en image) :

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"Alors ? Alors ?" Oui, j'entends que vous vous impatientez. Passons donc à ce qui vous intéresse.

Nous étions quatre. Deux ont été absolument conquis, j'en fais partie. Sincèrement, impossible de deviner le goût du navet. En purée sucrée et épicée, il se fond à merveille au décor.
Le reste du public ? Une "moyen fan", à cause de la cannelle (oui, elle déteste, j'avais oublié), et l'autre "pas fan du tout"... il n'a pas pu aller jusqu'à la fin de la part.

De vous à moi, essayez cette tarte sans hésiter. Pour peu que vous aimiez la cannelle et que votre palais tolère autres desserts que ceux à base de chocolat, ce sera le carton de l'année !