Aujourd'hui c'est Pâques. Mes parents vivent dans le sud, mon frère et Paulo sont partis, l'un à Amsterdam, l'autre au Canada. Rien de prévu pour moi ce jour donc, pas de repas familial, pas de cloches, pas de lapinou en chocolat.
C'est le moment idéal pour se replonger dans les souvenirs, les photos et les journaux intimes et répondre au questionnaire que SuikSuik a transmis à tous les blogs de moins de 6 mois.
(Pour ceux que mes années en 2 et 7 ne passionnent pas - si si, je sais qu' il y en a - je les retrouve en fin de billet avec une petite recette)

1982 : Ouiiiiiin ! Ouuiiiiiiiiiiin ! Non sans mal, je sors ma grosse tête de ma maman, en hurlant pour que mon papa comprenne tout de suite à qui il a à faire ! A peine posée sur le ventre de ma mère, je me jette sur son sein, parce que bon, c'est pas tout, mais les retrouvailles, les émotions tout ça, ça m'creuse. Mon frère sent tout de suite que ses 5 années de tranquillité sont finies.

1987 : C'est l'année où on m'achète mon cartable Barbie, la classe ! Je suis fin prête à aller au CP et j'ai terriblement hâte car j'adore l'école. A tel point que je suis persuadée à l'époque déjà que je serais Maîtresse. D'ailleurs, je fais la classe à mes peluches... Mon père me déniche un grand morceau d'ardoise, qu'il installe dans le hangar, près de ses outils. Je lui montre le mot écrit sur mon tableau de fortune "écureil",  et la sentence paternelle tombe, manque le "u"... vexée comme un pou, je me promets que je ne ferais plus jamais une seule faute d'orthographe de toute ma vie. Pendant les vacances, ma mère fait faire des dictées à mon frère. Je veux les faire moi aussi. Mais Aurélie c'est une dictée de 5ème... Mon frère veut me tuer, je fais 4 fautes, lui 12.

J'ai un sens de la mode tout particulier et porte des tenues unicolores, total look vert bouteille, total look violet flash... d'autant que je suis plus facile à rouler qu'à porter, on ne peut pas me louper ! A cet âge, je compte les pommes de terre dans l'assiette de mon frère et par souci d'équité, cherche absolument à en avoir autant. Oui, il a 5 ans de plus que moi, oui c'est un grand maigrichon... je ne veux pas le savoir, la nourriture c'est trop important pour moi.
Je fais mes premiers gâteaux et participe activement aux ateliers pâtes à la main/raviolis/lasagnes familiaux pour Pâques et Noël.

1992 : J'enchaîne les réussites scolaires, je ne lâcherais pour rien au monde mon statut de première de la classe. Cette année, j'entre en 6ème et ça effraie Maman. Depuis qu'on m'a fait sauté une classe, elle vit avec le souci que je me sente mal avec des camarades plus vieux que moi. Au contraire, j'ai hâte, le collège, les profs, le latin...
Le docteur B. m'annonce sans ménagement que j'ai du poids à perdre. Maman, il est méchant, je veux changer de docteur. Pfff, elle se met de son côté et chacun de mes repas commencera désormais par un immense (oui dans mes souvenirs il est immense) verre d'Hépar, beurk, pour réduire un peu mon appétit dévorant.

1997 : Ouf, j'ai quitté le collège et je suis au lycée. Les années collège sont souvent les pires. Je confirme. Scolairement parlant, tout va pour le mieux, R.A.S. Niveau amis et petits amis, rien à signaler non plus, et c'est bien le problème ! Avec mes kilos en trop, mon appareil dentaire, ma coupe de cheveux "champignon", mes fuseaux et mes tee-shirt LC Waikiki, bizarrement, je n'attire personne. Fière comme un bar-tabac (!), je fais mine d'avoir choisi ce statut de solitaire.

En 97 donc, je finis mon année de 2nde, la plus belle de toute ma vie. J'arrivais dans une école où personne ne me connaissait. En plus, pendant l'été, je m'étais affinée. C'est l'année des bandes d'amis (enfin !) et du premier flirt (enfin !). Flirt, pas vraiment en fait puisque Benjamin et moi resterons ensemble un peu plus de 3 ans (lui dit 4, parce que c'était du sport !).
C'est l'année où j'entre en 1ère et rencontre Delphine, Céline (re-rencontre en ce qui la concerne, nous étions au collège ensemble mais vu que l'homme de ma vie Gabriel était amoureux d'elle, nous n'étions pas très proche !) et Mag. A l'époque, aucune de nous ne sait encore que nous partagerons 10 ans de fous rires, 10 ans joie, de pleurs, de soirées, de potins, de dossiers (hihihi)...

Avec Delphine et Céline, on sèche les cours d'histoire pour se faire des petits gueuletons bien équilibrés : steak américain frites-mayo-ketchup, Magnum en dessert, on profite des heures libres entre deux cours pour jouer à la bataille corse sur les bancs (et enfoncer ses ongles dans la main de sa copine, hein Céline ?! Grrr !) tout en mangeant des paquets et des paquets de ce que nous avions appelé les bouboules roses, des Kismach à la fraise. On me reconnaît facilement à cette salopette en jean que je ne quitte pas.

2002 : Beaucoup de choses se sont passées, 1ère année de fac à Aix et donc premier appart à 17 ans, trop jeune, décès douloureux, grand frère - que, malgré les disputes incessantes j'adore et admire - qui part vivre à Paris...
En 2002 donc, je m'installe à nouveau mais à Toulon cette fois, pas trop loin des parents ni des copines, dans un appart que mon père et moi avons refait à 4 mains (le carrelage et les joints de la SDB, ma petite fierté !). Depuis plus d'un an je travaille comme hôtesse d'accueil dans une grande enseigne de sport, presque à temps plein pour avoir de quoi assumer mon indépendance. La fac, je n'y mets pas trop les pieds, j'en ai marre de l'école... je révise les partiels à J-8 et contre toute attente, ça passe !
Je découvre le plaisir immense (qui ne me quittera plus) de préparer des repas et des apéros dînatoires pour mes proches. J'adore faire à manger, de plus en plus chaque jour. Paradoxalement, je me nourris d'un demi-pamplemousse et de 3 bâtons de surimi, je ne mange plus de féculents. Hey, je suis maigre, ça me plaît ! J'ai un sens de la mode bien à moi, un vrai arc-en-ciel, des couleurs très vives, des accessoires en veux-tu en voilà (ça va me rester ça aussi).

2007 : Cela fait bientôt 3 ans que je suis montée vivre sur Paris avec Delphine. Elle, pour passer le concours d'instit, moi pour me lancer dans le journalisme (gastronomique si possible). Et aussi sûrement pour me rapprocher de mon frère (désormais antiquaire) qui me manque et pour m'éloigner de celui avec qui j'avais une relation dévorante depuis 2 ans.
Aujourd'hui, Axel, le fils de Céline et Franck, son mari, a 10 mois. Maïlee, la fille de Mag et Nico, a presque 4 mois. Delphine est instit depuis quelques mois et cohabite avec la joie de vivre, à savoir Mylène, qui a agrandi le cercle de mes amies.

Moi, je vis avec Paulo, rencontré dès les premières semaines de mon arrivée sur Paris et j'ai trouvé un équilibre. Mon poids ne m'obsède plus et je peux faire sereinement de la cuisine mon métier. Et c'est ainsi que, en début d'année, j'ai quitté mon boulot (dans le journalisme gastronomique) après 2 ans de bons et loyaux services pour retourner à l'école... de cuisine. Enfin, je garde précieusement certaines tenues excentriques dans mes placards pour faire rire les enfants que nous aurons bientôt j'espère (et hop, j'ai réussi à le placer, hein mon Paulo ?!).

Bien. Après ce déballage impudique de ma petite vie, un repas total feta.

poulet_feta

Poulet à la feta et sa purée à la feta
Pour 1 Paulo

  • 1 blanc de poulet
  • 80 g de feta
  • 2 tomates séchées
  • 4 pommes de terre moyenne
  • 10 cl de crème liquide
  • sel, poivre

Ouvrir le blanc de poulet comme un chausson. Le farcir avec 40 g de feta grossièrement émiettée et les 2 tomates séchées. Refermer avec quelques piques en bois pour éviter que la feta ne s'échappe.
Cuire pendant une dizaine de minutes à la poêle, dans une petite cuillère d'huile d'olive.

Pour la purée, peler les pommes de terre, les couper en cubes et les faire cuire 10-15 minutes à l'eau. Égoutter, ajouter le reste de feta émiettée, la crème et écraser à la fourchette ou au presse-purée. Saler, poivrer.

NB : Je passe ce questionnaire à ceux qui ne l'auraient pas encore eu s'il en est...