*Spécial cace-dédi à Natalia... Savoir que ce genre de mésaventures t'arrive aussi parfois est la seule chose qui m'empêche de me petit-suissider ce jour.

Vous allez me dire que je cherche la m**** aussi, à faire 14725 choses en même temps, moi qui ne sais pas taper un texto en marchant ni même en parlant (qui a dit que le cerveau féminin était multi-tâches ?).

Alors, forcément, avec deux casseroles sur le feu (peux pas en avoir plus avec mon pauv'domino... dis Papa Noël, tu m'apportes une grande cuisine avec entre autres 4 feux et un vrai four, après être passé au Cabanon y déposer un sac Hermès steuplé), un gâteau dans le four, le téléphone coincé entre l'épaule et l'oreille, le genou qui soutient le tiroir en passe de s'étaler sur le sol et d'y déverser son contenu d'épices et un doigt sous le robinet pour "réparer" une brûlure toute fraîche, je ne suis pas dans les conditions idéales pour faire les choses bien. Le pire c'est que je le sais pertinemment, mais non, j'ai toujours cette lueur d'espoir qui me fait dire que cette fois, je sortirais victorieuse de ce combat entre moi et le temps.
Bah non.

Au final, mon caramel brûle, ma crème déborde, mon tiroir à épices s'explose lamentablement sur le sol (que tout le monde se rassure, René le carrelage va bien !), mon doigt est brûlé au 14ème degré car j'ai allumé l'eau chaude au lieu de l'eau froide, l'ami à l'autre bout du fil ne veut plus jamais me parler de sa vie parce qu'il trouve que je suis vraiment une grosse folle complètement hystérique qui lui a fait perdre 34% de ses capacités auditives à force de cris stridents.

Tiens ?! Et le gâteau ? Héhé, il n'est pas brûlé ! Je n'aurais donc pas tout raté ?!
Dans mon enthousiasme débordant, je néglige l'étape "je-piquouille-pour-savoir-si-c'est-cuit" mais quand même, pas folle, j'attends quelques minutes avant de le démouler sur grille. Hmmm, un bon morceau de brownie pour me remettre de tout ça... vite !

Ou pas.

Il faut savoir qu'à 5 minutes près, je mettais au point le Brownie avec un grand B, celui de la victoire. Au lieu de ça, je me retrouve avec une pâte noire gluante et luisante de gras qui dégouline à travers la grille et se splashe sur mon plan de travail. Les bras m'en tombent.

Tant bien que mal, j'essaie de sauver la situation (et sans les bras, c'est vraiment pas facile).
Mon frigo est, ces derniers jours, désespérement vide, mes placards en suivent le chemin (au passage, je tenais à remercier Mr du Trésor de m'avoir permis de redécouvrir à quel point il peut être ludique et original de manger du thon à même la boîte pour avoir sa ration quotidienne de protéines, avec une pointe de ketchup tout de même pour que la fantaisie soit à son comble).
Dans un dernier espoir, je trouve une boîte de mangue au sirop. Je goûte, pouah, c'est sacrément dégueu ! Bah oui, mais va falloir faire avec, c'est ça ou rien ma fille...

brownie_ratage

Brownie raté comme une tatin de mangue (oui, encore !!), nappage acidulé
Pour 2 mini brownie-tatin

  • 1/2 brownie pas assez cuit récupéré entre la grille et le plan de travail (fait avec 160 g de chocolat noir fondu avec 100 g de beurre demi-sel, 100 g de sucre, 2 oeufs et 1 cuillerée à soupe bombée de farine)
  • 1 boîte de mangue au sirop
  • sucre roux
  • beurre
  • 1/2 jus de citron
  • 1 cuillerée à café de vinaigre de framboise

Tasser le brownie au fond de 2 cercles à pâtisserie, en couche plus ou moins épaisse selon ce qu'il aura été possible de sauver. Selon le degré de cuisson du gâteau, le replacer éventuellement au four 5 minutes sinon le laisser attendre sagement au frigo.
Fondre du beurre dans une poêle. Lorsqu'il mousse, y déposer les tranches de mangue mollassonnes (sans faire la grimace) et saupoudrer de sucre roux. Laisser caraméliser environ 5-7 minutes en tournant doucement les tranches de mangue mollassonnes de temps en temps.
Réserver ces mangues-au-sirop-mollassonnes-au goût-très-nettement-amélioré hors du feu.

A ce stade, allez savoir pourquoi, transportée par une inspiration (?!) subite, j'ai déglacé la poêle avec le vinaigre de framboise puis j'ai versé le jus de la boîte (j'aime pô jeter, j'y peux rien) et puis j'ai laissé réduire jusqu'à obtenir une consistance bien sirupeuse. Comme décidément je suis un boulet, j'ai un peu trop laissé réduire et mon sirop arrivait tranquillement au stade de gelée, d'où l'ajout du jus de citron qui finalement était le bienvenu.

Déposer les mangues tiédies ou refroidies sur le lit de brownie, napper de sirop-gelée de mangue à la framboise. Retirer délicatement les cercles (ce n'est pas le moment de tout exploser) et servir avec conviction.

***

Enfin, cacher sa surprise lorsqu'un Paulo passant par là s'exclame la bouche pleine "humm, c'est bon ton truc ! Le fruit donne un petit goût sympa... ah ouais, c'est bon !" (alors qu'un Paulo ça n'utilise jamais, en temps normal, l'adjectif "bon" mais plutôt des "pas mauvais" ou des "plutôt pas trop mal").

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Heureusement, tout le monde n'a pas des mains de pati comme moi. Je pense notamment à toi mon Sushi-mate (et surtout marmiton en herbe rappelez-vous), car force est de constater que tu as parfaitement bien réussi ce tajine de poulet que je t'avais expliqué. Je suis si fière de toi que je ne peux m'empêcher de publier la photo que tu m'as envoyée (en taille inférieure à mes photos, parce que eh oh, c'est moi la vedette de ce blog, ok ?! Non mais, ces jeunes, s'croient tout permis !)

tajine_by_alban

La prochaine fois, je serais peut-être invitée à la dégustation, hein ?! ;-)