Tout a commencé par un innocent aveu sur une Marmite. Cathy avait craqué et acheté une foultitude de livres de cuisine, elle nous présentait ses délits. Entre autres merveilles, elle s'était procuré le dernier opus de Philippe Conticini-le-Grand, Le thon, c'est bon !

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La suite est bête comme chou.

J'aime le thon sous toutes ses formes, au point de le manger à même la boîte dans mes périodes de vache maigre, ça on le sait.
J'aime Philippe Conticini sous toutes ses formes (mouais, elle est pas très fine celle-là, pardon), au point de tester n'importe laquelle de ses recettes les yeux fermés dans un élan de confiance aveuglée, ça on ne le savait peut-être pas.

Partant de là, j'ai donc laissé un commentaire à Cathy, lui faisant part de mon impatience certaine de découvrir ces recettes au thon sur son blog. Et là, tout s'est enchaîné sans que j'ai le temps de réaliser vraiment. Comment ai-je pu en arriver là ? Comment ai-je pu être si inconsciente ? La raison m'échappe encore.
Dans sa réponse, Cathy évoquait une recette du livre complètement farfelue. J'étais très intriguée. Elle m'a mise au défi. J'ai topé. Même pas peur !

Alors voilà Cathy, chose promise chose dûe. Je l'ai fait ce fameux coulant au thon et aux noisettes. Je pense même l'avoir plutôt bien réussi. Mais ce que je pense surtout, c'est que j'ai sauvé ta réputation de cordon-bleu auprès de ton entourage.
Vu que moi de toute façon, je me traîne depuis des années la réputation de manger des trucs franchement bizarroïdes, je n'avais pas grand-chose à perdre. Et faut dire que c'est assez vrai finalement, j'ai peur de rien en cuisine. Même quand il s'agit de mélanger du chocolat, du parmesan, de la poudre de noisettes et du thon en boîte...*

*Note pour les Friends-O-philes : Comme dirait Joey face au trifle raté de Rachel "Banana ? Good ! Cream ? Good ! Peas ? Good ! Beef ? Good !"

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Philippe, parce que je t'admire et que je suis une de tes fans de la première heure, je me permets de te le dire très franchement : Mais t'as complètement craqué sur ce coup-là ma parole !
C'était un pari avec un pote genre "t'es pas cap' de faire une recette avec du thon et du chocolat héhé" ?
C'était pour voir à quel point tes fans te suivaient bêtement aveuglément ?
C'était pour punir tes neveux qui ont essayé de faire un smoothie avec le hamster en le mettant dans le blender ?
C'était pour ta belle-mère (je ne la connais pas mais certainement une femme très charmante) ou pour ton voisin, celui qui ne t'a jamais rendu ton fer à souder ?

Sérieusement, je ne peux pas dire que ce n'était pas bon... parce que je suis polie et que ça ne se dit pas. Mais, vraiment, non, c'est terriblement dérangeant. Cru encore - parce que je goûte toujours la pâte crue - ça passait plus ou moins (plutôt "moins" que "plus" tout de même). Mais une fois cuit, on n'a pas pu aller au bout. A la cuisson, le goût de la noisette est décuplé, non sans rappeler, de par la présence du chocolat, une certaine pâte à tartiner. Autrement dit, quelque chose de pas désagréable en soi et surtout, de sucré. Mais très rapidement arrive ce goût violent de thon. Si, si, Philippe, il est violent le goût du thon. En tout cas, nous, on a trouvé.

Je sais désormais que mon palais - que je pensais pourtant téméraire et audacieux - n'est pas encore prêt pour tel chamboulement de ses convictions les plus ancrées. Un jour peut-être. Et le vôtre amis et amies bloggeurs ? Lequel d'entre vous osera tester son seuil de tolérance aux sensations extrêmes ?

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(Tellement tentant de prime abord ce coulant !)

Le coulant au thon et aux noisettes ou l'expérience de l'extrême
Pour 6 petits coulants

  • 60 g de thon au naturel égoutté
  • 65 g de beurre
  • 2 oeufs entiers
  • 20 g de chocolat noir
  • 20 g de chocolat blanc
  • 10 g de sucre
  • 40 g de farine
  • 50 g de poudre de noisettes
  • 1 pincée de fleur de sel
  • 1 cuillerée à soupe de parmesan râpé

Fondre les chocolats et le beurre au bain-marie.
Dans un saladier, battre les oeufs avec le sucre et la farine. Ajouter les chocolats fondus, le thon émietté, la poudre de noisettes, le parmesan et le sel.
Beurrer et fariner 6 moules, ramequins ou cercles de 5 cm de diamètre sur 5 cm de hauteur et faire cuire 4 minutes à 210°C (moi perso, je les ai laissés 2 minutes de plus mais je pense que mes moules étaient un peu plus gros que prévu).
Démouler précautionneusement une fois tiède et servir à quelqu'un qui vous aime de tout son coeur ou à quelqu'un dont vous voulez vous venger.

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(On le fend avec gourmandise...)

Notez que j'ai préparé la version 1 de ces coulants, celle que l'auteur préfère car plus gourmande. N'hésitez pas à tester la version 2 si vous préférez, sûrement moins trash car moins sucrée : remplacez les 20 g de chocolat blanc par 20 g de chocolat noir (ce qui fait 40 g de chocolat noir au total) et supprimez les 10 g de sucre.

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(Le coeur coule et... on hésite un peu avant de se lancer)

Prochaine soirée arrosée entre potes, faites ces coulants et lancez un "celui qui devine tous les ingrédients qui composent ces gâteaux gagne une bouteille de champ'"... ainsi, ils en mangeront tous forcément plusieurs bouchées, et vous devriez bien vous marrer.

Merci Cathy et merci Philippe de m'avoir permis de vivre cette expérience au-delà du réel !

PS : Cher visiteur de Set de Table d'hier à 11h32, je sais bien que Google t'a envoyé chez moi mais sincèrement, je ne sais "que faire si un perroquet qui s'est arraché un ongle saigne", désolée...