Grâce à la danse orientale que je pratique depuis maintenant... oh, au moins 1 mois déjà !, j'ai enfin compris la signification de certains proverbes à la con :

- la nature est bien faite, et si on a les bras le long du corps, c'est parce que les garder en permanence en croix, c'est non seulement pas pratique (obligée de se mettre de profil pour passer une porte par exemple) mais surtout très douloureux.

- le ridicule ne tue pas sinon, j'aurais été foudroyée par une attaque cardiaque fatale en plein milieu de ma première diagonale*, celle où j'ai progressivement transformé le gracieux mouvement de hanche de base en vulgaire roulage de cul de pouffe
*pour les non initié(e)s, la diagonale est l'épreuve la plus plaisante d'un cours de danse, lors de laquelle chaque élève doit traverser la pièce en sa diagonale, seul devant les yeux inquiets et rieurs de ses camarades, en réalisant un mouvement en général pas maîtrisé puisque le but de l'épreuve, c'est de s'améliorer

- chasse le naturel il revient au galop, ainsi, quand je tâche d'exprimer ma sensualité, de "faire ma coquine" comme le conseille notre cher professeur (attention "faire sa coquine" sans être vulgaire... tout un art !), j'ai toujours les mêmes faux airs de saucisse knacki

- les absents ont toujours tort et comme j'ai honteusement séché le cours de la semaine dernière, j'ai eu hier l'honneur et le privilège d'être le centre du monde pendant 10 minutes pour un cours particulier (en public) de rattrapage "Non Aurélie, pour l'ondulation, il faut contracter le ventre comme si tu prenais un coup de poing puis relâcher complètement en cambrant bien sans bouger la poitrine ni les épaules tout en respirant bien et avec le sourire (ben tiens !)... Rhôôô mais on n'est pas sur la plage là (ah bon ? merci j'avais pas remarqué), personne te regarde (meuh non, bien sûr !), relâche ce ventre !(oui, ben moi j'ai les abdos contractés de naissance, alors j'y arrive pas con***se)"

- les yeux sont le miroir de l'âme...et le miroir de la salle de danse fait mal aux yeux. Notamment pendant les tremblements, ce mouvement si sensuel qui consiste à secouer son corps de façon à faire trembler juste son ventre. Très joli sur une pro, tellement douloureux pour une novice toute raide qui voit son cuissot flasque et gélatineux balloter ingratement tandis que son ventrounet, lui, semble irrémédiablement immobile

- bien mal acquis ne profite jamais, et quand je guette sournoisement un moment d'inattention de la part de la dame au fond à gauche pour lui piquer sa place et ainsi ne pas me retrouver tout devant, au premier rang, juste à côté de la prof, je me récupère en fait la place en plein dans la ligne de mire de cette dernière qui commente toute l'heure mes moindres faits et gestes "plus haut les bras Aurélie", "attention à tes chevilles Aurélie, elles doivent rester immobiles", "Aurélie, paume des mains vers le bas", "Aurélie..." Mais lâche-la bon sang la Aurélie ou elle va t'emplâtrer !

Enfin bon, d'ici le spectacle de fin d'année, je serais au point qu'elle m'a dit la prof, parce que "c'est en forgeant bla blabla bla"... Oui, mais considérant que "tant va la cruche à l'eau qu'à la fin elle me les brise", je risque de mettre un terme à la torture bien avant l'humiliation publique.

En tout cas, comme "on ne change pas une équipe qui gagne", ça reste en cuisine que je réalise les meilleures performances. Et finalement, la cuisine aussi permet de mettre en situation de sages proverbes. Confucius ne disait-il d'ailleurs pas "quand l'olive est dans la madeleine, tous les convives se retrouvent la bouche pleine" ?

madeleine_olive

Madeleines pleines de sagesse et d'olives noires
Pour environ 20 madeleines

  • 2 oeufs
  • 20 cl de crème liquide
  • 160 g de farine
  • 2 cuillères à café de levure
  • 30 g de parmesan fraîchement râpé
  • 1 gousse d'ail
  • 4 cuillères à soupe d'huile d'olive
  • 70 g d'olives noires dénoyautées
  • sel, poivre

Battre les oeufs avec la crème jusqu'à ce que le mélange devienne aérien. Ajouter la farine et la levure, bien mélanger. Incorporer alors le parmesan et la gousse d'ail écrasée puis l'huile d'olive.
Couper les olives en petits morceaux et les ajouter à la pâte.
Si les moules ne sont pas en silicone, les huiler et les fariner. Répartir la pâte dans les alvéoles et cuire 15 à 20 minutes à 180°C.

9782737226564Cette recette (que j'ai un tout petit peu modifié) inratable et vraiment très très bonne est issue de l'ouvrage Les madeleines, dans la collection "Charlotte est une gourmande" aux éditions SAEP.
Au passage, je ne vous conseillerais que trop de guetter la sortie imminente du prochain livre de cette collection, un livre sur les gaufres, parce que son auteur est une fille 'achement sympa paraît-il... mais je vous reparlerai de tout ça en temps et en heure.