Avec des Si, on mettrais Paris en bouteille. Oui, certainement, je n'en doute pas un instant, même si je ne saisis pas réellement l'intérêt de la chose. Moi, tout ce que je sais, c'est qu'avec des Si, ma vie serait bien plus belle, bien plus simple, bien plus... mieux, quoi !

Si j'avais des pieds plus petits, je trouverais toujours des super chaussures en solde (même en fin de solde, soyons fou !) sans avoir à me battre avec les 4 autres nanas aux pieds standards qui chaussent du 37, 37 et demi ou 38 (selon les modèles).

Si j'avais une jambe de plus, je pourrais courir pour rattraper le bus qui vient de me passer devant (et ainsi éviter d'attendre le prochain, annoncé 24 minutes plus tard), courir tellement plus vite que du coup, j'arriverais victorieusement à sa hauteur au feu. Le tout sans m'étaler comme une grosse m**** juste devant la porte qui s'ouvre, puisqu'avec 3 jambes, on doit quand même être vachement plus stable. (Sans compter qu'avec ma 3ème jambe, je ferais râler plus d'un homme !)

Si j'étais un homme, je ne serais pas capitaine, non, ça ne me fait pas rêver désolée. Si j'étais un homme, je ne penserais pas tout le temps, tout le temps, tout le temps que j'ai du ménage à faire, la machine à faire tourner, les poils qui repoussent et un gros cul flasque.

Si j'avais un "cul de black" comme on l'appelle, je pourrais travailler assise face à mon ordi toute la journée sans me dire qu'à un moment je devrais faire quelques exercices de "contracte le fessier-relâche le fessier-3-4-souffle-6-7-j'ai l'air bête-10".

Si j'avais les doigts en mousse, j'arrêterais enfin de me couper dès que je travaille avec un couteau (ou avec un tire-bouchon, ou avec une paire de ciseaux à bouts ronds (si, si)) et je n'aurais plus mal en me coinçant les doigts dans la porte, la fenêtre, la portière, le bitoniau-qui-se-relève-de-la-porte-du-métro. Sans compter l'économie de pansements.

Si j'avais un estomac mutant-destructeur de sucres et graisses superflues, je pourrais goûter à toutes les recettes que je prépare/teste quotidiennement sans avoir à changer de garde-robe chaque semaine.

Si j'avais un troisième sein, dans le meilleur des cas, je serais un personnage de Friends (private joke pour les Friends-O-philes) donc je serais riche et célèbre. Dans le pire des cas, je serais embauchée dans un cirque. Je serais un peu moins riche mais tout de même célèbre et respectée dans le milieu, et c'est déjà ça.

Si j'avais des dents autonettoyantes et naturellement mentholées, je pourrais rire à gorge déployée face à mes interlocuteurs quelque soit le moment de la journée, quel qu'ait été mon repas (aïoli compris) au lieu de tourner nerveusement la tête tout en mettant mes mains devant ma bouche dès qu'une blague est lancée.

Si j'avais un nez chauffant, je ne verrais plus les voitures s'arrêter à ma rencontre, persuadées d'être face à un feu rouge. Mon nez serait toujours à la bonne température et d'une couleur semblable au reste de mon visage (c'est à dire blanc lavabo).

Si j'avais des yeux derrière la tête, je pourrais éviter les frottis-frottas déplacés du métro et les mains aux fesses du bus, bien avant que le mal ne soit fait. Dans ce cas alors, si j'avais de la force dans les bras, je pourrais leur distribuer des droites et des uppercuts aussi puissants et redoutables que je le fais sur Wii.

Si j'avais les cheveux blonds, je pourrais dire des trucs stupides et complètement à l'ouest sans aucune réaction de surprise de la part de mes interlocuteurs. D'une brune, ça choque toujours, et du coup, ça met la pression. A l'inverse, quand une brune dit un truc très intelligent, elle a beau s'être mis le cerveau en branle pendant 27 minutes pour le sortir, personne ne l'en félicitera jamais. La blonde si (ne vous plaignez pas mesdames-mesdemoiselles blondinettes, vous l'avez belle en fait !).

Si j'avais une once de courage supplémentaire, j'oserais dire aux gens tout le "bien" que je pense d'eux, combien ils me les brisent menu, et je saurais ainsi me sortir des situations de galère dans lesquelles je me retrouve immanquablement depuis 25 ans.

Si j'avais la faculté d'arrêter le temps, ou plutôt de courber le continuum espace-temps comme un certain Hero, je pourrais vous présenter une recette hyper originale et recherchée au lieu de vous resservir honteusement, la tête enfoncée dans les épaules, une recette que je donne déjà ici.

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Les rouleaux de printemps d'une vie sans les Si
Pour 3 rouleaux de printemps

- 3 grandes galettes de riz
- 1 petite courgette
- 3 feuilles de laitue
- 1 blanc de poulet
- 50 g de ricotta
- 30 g de pignons grillés
- 2 cuil. à soupe de pesto (acheté ou fait maison)
- 1 cuil. à soupe d’huile d’olive

Tremper une galette de riz dans l’eau chaude jusqu’à ce qu’elle devienne molle. Disposer au centre une feuille de laitue. Étaler dessus une bonne cuillerée de ricotta, ajouter une poignée de courgette râpée, quelques morceaux de poulet et quelques pignons.
Rabattre les deux côtés de la galette sur la garniture. Rabattre ensuite la partie inférieure de la galette puis rouler bien serré. Faire de même avec les 2 autres galettes.

Mélanger le pesto et l’huile d’olive et servir en accompagnement.