Je sais, personne ne les tient jamais, moi la première, mais malgré tout, pour moi, c'est important : pas de nouvelle année qui commence sans que je bonne-résolutionne. Sinon, j'en suis convaincue, ça porte malheur.

Donc, pour éviter 7 ans de pénurie sexuelle, la chute anticipée de mes cheveux, un troisième sein qui me pousse au milieu du dos et des quadruplés dans 7 mois, vite, je fais ma liste de résolutions-que-si-ça-se-trouve-pour-une-fois-je-tiendrais :

- écrire au moins un post par semaine sur ce satané blog et ne plus oublier de prendre en photo la moitié des plats que je prépare, surtout quand je les prépare presque spécialement pour ce satané blog. J'ajouterais aussi : ne pas oublier de noter sur un morceau de papier attaché à des dizaines d'autres - en d'autres termes, un bloc-notes par opposition à la feuille volante qui, elle, par définition, vole et disparaît sans prévenir - la recette de ceux que je n'ai pas oublié de prendre en photo.

- arrêter de dire un gros mot par phrase. Non, parce que sérieusement, c'est pas beau de la bouche d'une jeune fille classe et discrète comme moi, bordel à cul. Bon je m'accorde quand même le "putain" parce que je suis une fille du Sud et celui-là, si on me l'enlève, je ne saurais plus parler (qui a dit "tant mieux ça nous ferait des vacances"?!)

- organiser mon travail et ne pas faire les choses à la dernière minute. Oui, c'est vrai, j'ai toujours mieux travaillé dans l'urgence mais tout de même, se laisser 2 jours pour écrire 5 articles, préparer 12 plats et couper ses ongles de pieds (rien à voir mais c'est toujours dans ces moments là qu'ils atteignent la mauvaise longueur, celle qui fait filer les collants) c'est plus vraiment de l'urgence c'est une course contre la montre perdue d'avance. Et Dieu sait que pourtant, la course, c'est mon truc ! (Ah non, c'est les courses en fait mon truc... si si vous savez, avec un panier au bout de son bras qu'on remplit de trucs à manger, ou de vêtements, ou de maquillage, et qu'on paie à la caisse)

- ne plus abandonner en cours de route mes activités sportives. Même si la prof est terriblement relou. Surtout quand on paie un oeil et un rein pour l'abonnement. Et arrêter de s'en justifier par d'horripilantes excuses en carton du style "ouh là, je me sens faible... si si regarde j'ai 36°8 de fièvre ! Je vais rester au chaud" ou encore "oui mais là je peux pas y aller, tu te rends compte, y a un super reportage sur la cuisine à la télé (une rediff que j'ai déjà vue mais je me garde bien de le dire)" . Et bla, et bla, et bla.

- ne plus passer d'une phase d'orgie gargantuesque et totalement déséquilibrée à une période de jeûne ascétique encore plus déséquilibrée sans transition aucune. Y en a des qui diraient que je suis une tout-ou-rien, une excessive, une passionnée. Moi je dis que c'est tout de même pénible de ne pas savoir vivre dans la modération, et que la démesure c'est épuisant. Surtout pour mon foie et mon estomac qui n'ont pourtant rien demandé à personne et qui à force ne comprennent plus quel est leur rôle et font complètement n'importe quoi (note à ma famille : s'il m'arrive quelque chose, donnez mes organes, j'y tiens... par contre, attendez-vous à ce qu'on vous les rende en vous remerciant !).

- ne plus boire d'alcool... nan j'déconne ! Z'êtes pas bien ou quoi ?!

- prendre enfin des cours de théâtre pour éviter enfin de devenir couleur aubergine dès que je m'adresse à plus d'une personne et demie (oui parce que si la 2ème ne m'écoute qu'à moitié, ça va encore, mais pour peu qu'elle aussi soit tout ouïe là c'est trop, je suis déstabilisée). On m'a souvent dit que c'était mignon le rose aux joues. Moi je trouve que ça fait petit cochon. Bah en même temps, c'est vrai que c'est mignon un petit cochon. Oui mais pour peu que ça vire au rouge aux joues, comme 99 fois sur 100, là, ça fait truie pompette. C'est tout de suite moins mignon.

- battre Paulo à tous les jeux de la Wii. Et surtout au tennis, parce que c'est son truc à lui le tennis, alors ce serait ma grande fierté (chacun ses ambitions ! T'inquiète ma Delou, j'raconterais pas ce qu'a été ta grande fierté en Bretagne cet été). Parce que c'est pas tout d'être une bête au Scrabble et au Boggle (frimeuse !), je veux être la meilleure partout !

- ne plus vouloir être la meilleure partout. Non mais c'est vrai quoi ! Déjà, c'est pas possible. Ensuite, si c'était possible, ce serait énervant, tout le monde me détesterait parce que je serais horriblement parfaite. Alors, franchement, à quoi bon se casser la tête à devenir quelqu'un qu'on a même pas envie d'être ? Finalement, je les aime bien mes faiblesses (bon, ça dépend lesquelles je vous l'accorde, par exemple ma nullitude jeuvidéo-esque que je ne peux pas saquer) alors je les garde et je les revendique. Parce que ça me rend humaine et sympathique et que de toutes façons, je vais me les coltiner encore une bonne paire d'années alors autant m'y faire.

- arrêter de toujours compter et apprendre à aimer les chiffres impairs. Donc, pour cela, commencer par acheter 5 pommes et pas 4 ou 6, continuer par me faire 1 ou 3 shampooings mais plus 2, et mettre dans la paume de ma main 5 pressions de sérum réparateur pour pointes sèches au lieu de 4. Aussi, ne plus compter les marches quand je monte mes 4 (encore pair !) étages d'autant que depuis 2 ans que je vis là, je sais pertinnement 1/combien y a de marches exactement et 2/que pour tomber au final sur un nombre pair, je dois les monter deux à deux (pair, toujours pair) ces foutues marches.
Par extension, arrêter de compter les marches quand je prends les escaliers chez les autres. La plupart du temps, j'arrive en haut avec un nombre impair, et ça me contrarie pour la journée ! Bref arrêter de jouer les Rain Man et apprendre à faire 9 ou 11 petits tirets quand je fais une énumération comme celle que vous lisez en ce moment, sans en être toute retournée.

- écrire un 11ème tiret pour montrer à la terre entière à ma poignée de lecteurs fidèles (je vous aime) que je suis bien décidée à les tenir ces putain de résolutions (ah non, le "putain" on a dit que j'y avais droit, j'ai pas fait d'entorse !). Et puis en profiter pour donner une petite recette simple mais efficace, parce que finalement, n'est-ce pas ça ma spécialité ?

 

tartelette_endive

Tartelettes à la compotée de fenouil et au Brie en nombre impair

  • 1 pâte feuilletée
  • 1 gros bulbe de fenouil
  • 1 morceau de Brie
  • 1 cuillère à café de miel
  • 1 cuillère à soupe d'huile d'olive
  • sel, poivre

Retirer la coque extérieure du bulbe de fenouil ainsi que les plumets. Couper le bulbe en 4 et l'émincer finement.
Le mettre dans une sauteuse avec l'huile d'olive, le miel, sel et poivre et laisser compoter à couvert pendant une bonne dizaine de minutes. Ajouter éventuellement une cuillère à soupe d'eau si ça accroche, remuer de temps en temps et prolonger le temps de cuisson si nécessaire de façon à ce que le fenouil soit tendre.
Découper des petits cercles dans la pâte feuilletée, d'un diamètre un peu supérieur à ceux des alvéoles d'un moule à micro-tartelettes. Foncer les empreintes avec ces cercles, piquer la pâte à la fourchette, déposer des haricots secs dans chaque tartelette pour les empêcher de gonfler à la cuisson et enfourner à 180°C pour 8 minutes.
Sur les fonds de tarte précuits et débarrassés de leur lest, répartir la compotée de fenouil. Déposer un petit carré de Brie sur chacune et enfourner pour 10 à 12 minutes.
Déguster tiède à l'apéro.

Une recette déclinable à l'envi, en variant le légume (endive), le fromage (roquefort), en ajoutant des herbes, des épices... en fonction de ce qui traîne dans le frigo (ma devise !).

PS : oui, c'était bel et bien à l'Arpège que nous avons fêté Noël et surtout les 30 ans de mon frangin. C'était pas trop mal en effet, Alain Passard n'est plutôt pas mauvais ;-). Pour dire vrai, c'était trop d'la boulette, ça déchirait tout et si j'étais riche j'aurais trouvé là ma cantine !