C'est bien ça le pire.

Oui, mais la femme est faible. Oh, elle, elle ne le sait pas. Ou du moins, elle ne veut pas se l'avouer. Elle est convaincue, la bêtassotte, qu'elle saura accompagner sa super copine une journée complète dans la jungle des soldes sans craquer. Non, elle ne craquera pas parce qu'elle n'a besoin de rien. Ce qui tombe plutôt bien puisque son compte en banque n'est pas au mieux de sa forme. Elle croit dur comme fer qu'elle saura être la shopping-mate de bons conseils, qui restera dans un coin du magasin à lever son pouce avec enthousiasme ou faire la moue devant le regard inquisiteur de sa copine au sortir de la cabine. Et qu'elle ne touchera pas un seul vêtement. De toute façon, dernièrement, elle avait fait les boutiques et avait été fort déçue de ne rien trouver à son goût (à sa taille ?). Donc elle y croit, elle part confiante. Même pas besoin d'oublier volontairement la carte bleue à la maison. Non, la volonté seule suffira, c'est une fille comme ça !

Et puis, quelques 8 heures plus tard (une journée de boulot en somme), elle rentre chez elle, épuisée, le dos en compote et les bras qui brûlent. Ils brûlent parce que tenir à bout de bras pendant 8 heures des sacs de fringues tellement gros et lourds qu'on pourrait croire qu'elle transporte un corps coupé en morceaux à la tronçonneuse (faut vraiment que j'arrête les films d'horreur moi !), c'est du sport. Mais surtout, là, avachie dans le canapé, elle ressent ce sentiment étrange que seule la femme faible connaît. Ce sentiment de satisfaction absolue (un jean qui fait un beau petit cul à 20 euros, franchement,fallait le trouver ! D'autant que la taille dudit jean, elle avait fait une croix dessus depuis 1 an... vous imaginez son bonheur !) mêlé d'un sentiment d'atroce culpabilité : elle n'avait besoin de rien bon sang de pipe en bois, elle n'avait pas budgeté ces dépenses inutiles.

Et comme la femme faible est aussi une femme masochiste, elle s'amuse à faire la somme totale de ses achats, tickets de caisse à l'appui, et puis elle se dit que "ah ouais quand même" en réalisant que le taux horaire de ses dépenses est (très) largement supérieur au taux horaire de ses gains.

Mais comme elle n'est pas du genre à se laisser abattre, elle enfile son nouveau jean, son nouveau petit marcel, puis par-dessus son nouveau petit pull. Elle met ses nouvelles chaussures, se pare de ses nouvelles boucles d'oreilles et puis elle se régale de son petit plat favori qui coûte pas cher. Sauf que cette fois, comme elle est maligne, elle l'a préparé en version mini mini parce que ça fait du volume et que ça donne l'impression qu'y a plein à manger. Alors que normalement, c'est juste une entrée légère.
Bah, tant pis, les courses, ce sera pour le mois prochain, quand la paie sera tombée.

Elle a encore faim, oui peut-être, mais qu'est-ce qu'elle se sent belle ce soir !

Mini barquettes tomate-tomate-mozzarella qui soulagent la carte bleue (mais pas la faim)
Pour 4 à 6 personnes en entrée

  • 1 pâte brisée maison ou du commerce
  • 250 g de tomates cerises
  • 15 à 20 tomates séchées
  • 2 boules de mozzarella
  • huile d'olive
  • basilic ou origan
  • sel, poivre

Découper des petits cercles dans la pâte brisée, d'un diamètre un peu supérieur à ceux des alvéoles d'un moule à petits-fours. Foncer les empreintes avec ces cercles, piquer la pâte à la fourchette, déposer des haricots secs dans chaque tartelette pour les empêcher de gonfler à la cuisson et enfourner à 180°C pour 8 minutes.

Pendant ce temps, égoutter les boules de mozza et les couper en petits dés. Couper les tomates cerises en deux et les tomates séchées en petits morceaux.
Sur les fonds de tarte précuits et débarrassés de leur lest, répartir les morceaux de tomates séchées, les moitiés de tomates cerises et les dés de mozza. Arroser d'huile d'olive, parsemer de basilic ciselé ou d'origan, saler, poivrer et enfourner pour 12 minutes supplémentaires.

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Demain, elle mettra sa nouvelle petite mini jupe et son nouveau petit tee-shirt qui va bien avec... ou alors sa nouvelle petite robe et puis aussi son nouveau collier et ses nouvelles chaussettes pour se délecter de carottes râpées... ou de pâtes au beurre, elle verra bien !