Entre deux bouchées de tarte au citron sublimement préparée, enfoncée dans un canapé bien accueillant, une belle blonde m'expliquait récemment que derrière toute phobie, aussi handicapante soit elle, se cachent des bénéfices secondaires. En gros, des avantages considérables (!) à souffrir de cette peur déraisonnée. Concrètement, si vous avez peur de la neige (je ne vise personne), vous en retirez au fond l'avantage d'être une personne à part, une personne originale (et un peu débile quand même. Si si.). Vous voyez le principe ?

Je me suis demandée si je ne pouvais pas étendre cette théorie à d'autres domaines. Non, parce que, c'est pas que, mais je suis malade depuis 1 semaine maintenant, et ça commence à être un peu pénible. D'autant que je souffre d'un mal mystérieux que la science ne semble pas vouloir expliquer mais ça, c'est un autre débat.
Pour me rendre la vie plus belle donc, j'ai voulu croire que derrière toute maladie, aussi durable et énigmatique soit elle, se cachent des bénéfices secondaires. En gros, des avantages considérables à souffrir de ce mal venu de nul part et bien décidé à s'taper l'incrust' un bon moment.

Et en effet, ça se tient ! Si vous aussi, vous êtes malade, ce qui suit peut vous intéresser :

Lorsqu'on est malade, on a tout le loisir de constater à quel point l'onéreux canapé trônant dans le salon est utile et confortable. Pour peu qu'on ait un bon gros plaid à disposition, on s'y love, on ferme les yeux, et on peut y siester plusieurs heures, si, si ! C'est à se demander pourquoi un jour quelqu'un a inventé le lit.

Lorsqu'on est malade, si on est en couple, on a toutes les attentions de son Paulo. Bon, pas toutes toutes en fait, faut pas pousser non plus ! Mais il est bon de souligner que lorsqu'un Paulo voit sa douce et tendre, d'ordinaire boule d'énergie, agonisant sur le canap', il s'inquiète, il prend soin d'elle. Et c'est sincère.
A noter, par contre, qu'on a strictement aucun intérêt à faire sa fière et essayer de faire comme si tout allait bien car dans ce cas-là, ledit Paulo oublie illico le mal qui nous ronge (l'homme a la mémoire courte) et c'en est fini de la compassion.

Lorsqu'on est malade, on amortit la télévision. Faut dire qu'à force de rester à la maison, le cerveau en compote de pommes à cause des médicaments, on finit par l'allumer ce gros rectangle noir (et tout plat, si votre Paulo à vous est aussi atteint de gadgétovirus). Et ainsi, on retrouve avec une douce nostalgie les séries bidon de sa jeunesse, entre Hercule, Xéna, Buffy contre les vampires et autres Vacances de l'amour. Une bonne façon de se dire que cette foutue redevance, on ne l'a pas payé pour des prunes.

Lorsqu'on est malade, on se fait des nouveaux amis. Et pas des moindres ! Ces amis-là sont médecins, infirmiers, radiologues, pharmaciens... que du beau monde, quoi ! On les voit souvent, très souvent, et ils sont tellement sympas qu'on regrette même de ne pas les avoir connus avant. Seul hic : ces amis-là, on les paye. Cher.

Lorsqu'on est malade, on mincit. Parce qu'on n'a pas trop d'appétit. Parce que, même si on a un peu faim, on a trop pas le courage de ramper jusqu'à la cuisine pour se préparer la moindre assiette de coquillettes au beurre. On a tout juste le courage de rouler jusqu'au bord du canapé et de tendre le bras en couinant pour choper du bout des doigts la clémentine que Paulo a laissé traîner sur la table basse. Et puis, en suçotant les quartiers, on peut penser au bon gueuleton qu'on se fera quand ça ira mieux. Vu qu'on a maigri, on pourra sans scrupules mitonner un truc bien gras. Oh oui, un bon truc bien riche et plein de saveurs pour fêter le retour de la pleine forme.

Parce qu'on a beau trouver des bénéfices secondaires à la maladie, on est jamais aussi bien que quand on a la grosse patate.

brick_viande4

Les bricks à la viande de la convalescence
Pour 8 bon gros triangles

  • 4 feuilles de brick
  • 150 g de viande de boeuf hachée
  • 100 g de petits pois
  • 1 cuillère à café de cumin moulu
  • 1 cuillère à café de coriandre moulue
  • 1 petit oignon
  • 1 gousse d'ail
  • 1 petit oeuf
  • quelques brins de coriandre fraîche
  • 1 grosse cuillère à soupe d'huile d'olive
  • sel
  • huile de friture

Peler et émincer l'oignon. Peler et dégermer la gousse d'ail. Dans une poêle, chauffer l'huile d'olive et y faire revenir ail et oignon. Au bout de quelques minutes, ajouter les épices et faire revenir encore 1 à 2 minutes. Ajouter alors la viande hachée et la faire dorer.
Cuire les petits pois comme on veut comme on peut.
Dans un saladier, verser le contenu de la poêle et les petits pois. Ajouter l'oeuf et bien mélanger. Saler, ajouter la coriandre ciselée.
Couper les feuilles de brick en 2. Replier le bord arrondi sur la demi-feuille de façon à avoir devant soi une bande d'environ 8 cm de large. En bas de la bande, déposer une grosse cuillère de farce et plier, rabattre, rabattre et encore rabattre (comment ça c'est pas clair ? Bon allez voir ici alors ! C'est pas la même technique mais bon, c'est le résultat qui compte) pour former de jolis triangles dodus.
Faire chauffer l'huile de friture et y mettre les bricks à dorer quelques minutes sur chaque face. Egoutter sur du papier absorbant et déguster chaud, trempé allègrement dans une sauce harissa qui arrache bien comme il faut.

brick_viande

Ah, j'oubliais : pour les allergiques à la friture, la cuisson au four marche aussi. Mais ça risque d'être un peu sec et moins joli. On vous aura prévenu !