La Saint-Valentin, c'est une fête purement commerciale, la Saint-Valentin, c'est pour les blaireaux, la Saint-Valentin c'est naze etc etc. N'empêche que.

N'empêche que moi j'ai passé un certain (trop ?) grand nombres d'années de ma petite vie à attendre de juste pouvoir la fêter.

A l'approche du 14 février, je ne me sentais jamais très bien. Je savais que j'allais avoir droit à la question de la copine-qui-elle-a-un-petit-ami "Tu fais quelque chose le 14 ?". Bah non, à part regarder La Fureur, rien de spécial grosse couillonne. Comme si tu savais pas que j'étais seule. Mais je comprenais bien le but de sa question. Et comme je suis d'un naturel bon, je marchais dans sa combine, courbant l'échine "Moi ? Rien. Et toi ?"

Là, je l'écoutais longuement me narrer le super méga plan romantique-à-la-con que son Valentin acnéique lui concoctait. J'aurais bien voulu être contente pour elle mais pendant son blabla inintéressant j'étais trop occupée à me demander comment qu'on pouvait bien s'y prendre pour embrasser un garçon, parce que quand même avec la langue, déjà ça doit être un peu dégueu, mais en plus je vois pas bien ni l'intérêt ni le mode opératoire, surtout qu'on m'a dit une fois qu'il fallait tourner, quelle drôle d'idée.

Et je me sentais encore plus mal le 15 février au matin. J'aurais tout fait pour pas aller à l'école ce jour-là. Pourtant, dieu sait que j'adoooorais aller à l'école. Car je savais que j'allais avoir droit au récit des soirées, aux sourires benêts et au déballage de pendentifs en coeur ridicules et autres pseudos pierres précieuses roses fushias montées sur plaqué or bas de gamme. "T'as vu ? C'est la bague que je lui avais montré au Manège à bijoux, il s'en est rappelé, il est trop chou". Oui, il s'est pas foutu de toi ma grande, ça, y a pas à dire.

Ainsi, depuis ce moment béni où j'ai enfin pu moi aussi me rendre compte qu'effectivement, mettre la langue c'est un peu dégueu et que tourner c'est pas franchement obligatoire, depuis ce moment béni où moi aussi j'ai pu dire que j'avais un petit ami, ouais, même qu'il est grand, beau, musclé, en 2nde 6... j'te laisse j'le vois là-bas sur son booster, je fais en sorte de fêter la Saint-Valentin. Juste parce que je lui dois à elle, feue Aurélie Boudin (les enfants sont cruels... mais drôles) boulotte, appareil dentairisée et toute timide dans son coin. 

Cela dit, les nunucheries et autres coeurs en pendentif, toujours très peu pour moi, non merci, je suis allergique (il est possible que j'en ai égaré volontairement 2 ou 3 dans la poubelle... "beuh ? Tu portes plus le collier que je t'ai offert ?" "pfff, m'en parles pas, ch'uis blasée, je l'ai perdu...") chers ex petits-amis, je vous fais ici mes excuses.

J'essaye donc à cette occasion de faire un petit quelque chose, de préférence un truc un peu rigolo. Cette année, mission accomplie ! La Saint-Valentin, on l'a fêtée mercredi dernier, le 6 février. Tandis que Paulo était encore au travail, j'ai préparé le dîner, poussé les meubles, posé un plaid sur le parquet, allumé quelques bougies histoire de, me suis mise nue. Non, ça c'était pour voir si vous suiviez. J'avais une très jolie robe bustier dont je pourrais vous parler longuement mais là n'est pas le propos. Bref.

A son retour à la maison, il a pas tout compris l'Paulo. Je lui ai souhaité une bonne Saint-Valentin, il a flippé "c'est aujourd'hui ? (merde !)"...

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Sushis mangue-jambon de Parme, réduction de balsamique
Pour 12 "sushis" :

  • 1 mangue mûre à point
  • 2 belles tranches de jambon de Parme
  • 15 cl de vinaigre balsamique
  • 1 cuillère à café d'huile d'olive

Verser le vinaigre et l’huile d’olive dans une petite casserole. Porter à ébullition puis laisser réduire sur feu doux jusqu’à obtenir une consistance sirupeuse (10-15 minutes environ).

Peler la mangue. La trancher en suivant le noyau central à l’aide d’un grand couteau afin de la couper en 2 moitiés. Couper ensuite chacune de ces moitiés de mangue en 6 morceaux de taille égale. Couper les tranches de jambon en 6 rectangles, de la taille des morceaux de mangue et les assembler. Déguster les "sushis" trempés dans la sauce balsamique.

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Nous, on l'a bien aimé notre Saint-Valentin avec 1 bonne semaine d'avance, à manger par terre, à descendre notre litron de rouge et à pas s'offrir de cadeaux. Ah ça, c'est pas les greluches du collège qui auraient fait un truc pareil !

PS : la suite de notre repas ni gnan-gnan ni rose bonbon ni dans des assiettes-coeur mais Saint-Valentin quand même, vous la verrez par-là.