Non, je ne vais pas me marier.
Non, je ne suis pas enceinte.
Non, je ne compte pas arrêter de boire (pourquoi faire si je ne suis pas enceinte ?).
Non, le yucca n'a pas ressuscité.
Non, le sale mioche blondinet du 2nd n'a pas appris à jouer d'autres morceaux de flûte que A vous dirais-je maman.
Non, je n'ai toujours pas décidé d'utiliser mon fer à repasser.
Non, Paulo n'a pas encore réussi à mettre à la poubelle l'immense carton qui contenait l'écran plat.

Non, non, non. Mieux que ça !

La grande nouvelle, c'est que j'ai enfin vaincu ma peur du grand méchant macaron.

On m'en avait raconté plein des histoires effrayantes où il était question de taux d'humidité, de superposition de plaques, de meringue italienne... Je savais bien que tout ça n'était que foutaise, qu'on racontait ça dans le seul but de filer les chocottes aux petites cuisinières mal équipées et maladroites, mais c'était plus fort que moi, j'avais les jetons.

Il aura donc fallu toute la douceur, la patience et la pédagogie d'une Mangue enrhumée pour me faire sauter le pas.
Un punsch, un esquimau aux haricots rouges (encore désolée Mingou...) et quelques heures plus tard, nous admirions émerveillées nos magnifiques macarons abricots-lavande, leurs belles collerettes, leur quasi perfection... et je réalisais que c'était pas si terrible en fait.

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Tu sais quoi p'tite Mangue ? Je vais en faire chez moi demain matin. Ouais, toute seule. Même pas peur !

Bon, en vrai, ça ne m'a pas pris une matinée mais presque une journée (le temps de rassembler toute mon artillerie de moules à cake, à manqué, plats à gratin & co pour pallier à mon cruel manque de plaques à pâtisserie), j'ai perdu pas mal de macarons dans la bataille (des brûlés, des craquelés, des indécollables), j'ai cru m'être défigurée à vie (mais finalement, en frottant fort, le colorant a quitté ma joue)... Oui mais j'ai vaincu, et pour une grande première, c'est loin d'être parfait mais c'est très prometteur. Tiens, je vais même m'auto-décerner le Macaron du meilleur espoir féminin.

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Macarons à la mûre pour vaincre ses démons
(d'après la recette de Pure Gourmandise)

  • 125 g de poudre d'amande
  • 210 g de sucre glace
  • 3 blancs d'oeufs
  • 30 g de sucre en poudre
  • 1 pincée de sel
  • quelques gouttes de jus de citron
  • colorant en poudre violet
  • gelée ou confiture de mûre

Mixer la poudre d'amande et le sucre glace (perso, je ne l'ai pas fait, ceci expliquant les coques pas très lisses) puis tamiser l'ensemble au chinois.
Battre les blancs en neige. Lorsqu'ils commencent à prendre, ajouter le sucre en poudre et continuer de battre jusqu'à ce qu'ils soient bien fermes. Ajouter le colorant (une grosse pointe de couteau... peut-être trop grosse chez moi) et fouetter pour bien mélanger.
Ajouter peu à peu et délicatement les poudres tamisées aux blancs en neige à l'aide d'une maryse. On obtient une pâte lisse et brillante qui forme un ruban. Verser la pâte dans une poche à douille et dresser des petits tas de pâte (de la taille d'une noix) sur des plaques à pâtisserie recouvertes de papier sulfurisé.

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Laisser croûter 1 heure. Préchauffer le four à 150°C. Faire cuire les macarons 12 à 15 minutes selon la taille. Au sortir du four, faire glisser le papier sulfurisé sur le plan de travail préalablement vaporisé à l'eau fraîche. Décoller délicatement les macarons et les laisser refroidir posés à l'envers avant de les fourrer de gelée de mûre.

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Le plus délicat, me semble-t-il, c'est la cuisson.
Pour peu qu'on ne soit pas encore très intime avec son four, qu'on ne connaisse pas bien ses travers, on fait brûler la première fournée, on baisse le thermostat pour la seconde qui ne sera jamais assez cuite, on ne se décourage pas et on finit par trouver le temps de cuisson et la température idéals entre la 3ème et la 4ème fournées. Pour ma part, 25 minutes de cuisson : 15 minutes à 150°C, 10 minutes à 140°C.