Axel, l'année dernière pour ton premier anniversaire, on t'a sorti le grand jeu et tu as eu droit au gâteau Doubitchou-y-a-une-deuxième-couche-à-l'intérieur.

Pour ton deuxième anniversaire, cette année, j'avais décidé de t'écrire un poème. Si ! Un beau poème qui va bien avec de la rime riche, un sonnet bien structuré, un vrai avec du quatrain et du tercet, la totale, quoi !

Un poème, non seulement pour te faire plaisir (bien sûr que les poèmes ça fait plaisir ! Ou alors osez donc accuser ma mère de mensonges aggravés sur mineure de moins de 12 ans particulièrement en verve (car à toutes les occasions - et même à toutes les non-occasions - maman avait droit à mes déclamations alexandrines (je me souviens notamment de cette oeuvre magnifique qui, en des termes dithyrambiques, rendait grâce à ses genoux (on m'a bercé trop près du mur, nul doute sur ce point)) qu'elle accueillait au petit matin avec le sourire le plus radieux) mais aussi pour la satisfaction de me dire : oui, ce que j'ai passé des heures à étudier en cours de français au secondaire, finalement, tu vois, ça me sert dans la vie de tous les jours.

Le seul problème Axel, c'est ton prénom. Non, ne va pas croire que ta douce, tendre et belle Tata Lili n'aime pas ton prénom, bien au contraire. Mais sincèrement, tu pouvais pas faire un effort et t'appeler Aurélie comme tout le monde, non ? Bon, Aurélie c'est p'têt un peu féminin je te l'accorde. Disons Louis alors.

Parce que les rimes en -ie et même en -is, sans modestie aucune, je maîtrise. En revanche, depuis ce matin, je cherche des rimes en -el voire en -elle, et j'en arrive à ce constat, terriblement sévère force est de l'admettre : ben c'est franchement pas les meilleures. Truelle, mortadelle, Gargamel... tu vois ? J'ai beau me creuser la cervelle, le peu que j'ai pu trouver n'est tout juste bon qu'à partir la poubelle (t'es convaincu là, non ?!)

Tu m'diras, t'aurais pu t'appeler Jules et là, Tata Lili - Esprit le plus mal placé d'le de France 2007 - aurait été vraiment très très embêtée...

Donc Axel, point de poème en ce jour exceptionnel.
Ton ingrate mais quand même sublime Tata Lili se confond en excuses et, plutôt que de s'immoler par le feu pour te prouver son désarroi, elle t'offre de délicieuses bébés tartelettes, parce qu'elle est un peu plus à l'aise avec le sucre qu'avec l'ïambe.

Et figure toi que ces tartelettes, elles sont comme toi : toute mignonnes, douces et acidulées... on n'a qu'une seule envie quand on les voit, les croquer !

tartecitron_meringuee

Bébés tartelettes au citron et gingembre qui passent encore mieux qu'un poème
Pour une vingtaine de bébés tartelettes

  • 1 pâte sablée

  • 2 gros citrons jaunes non traités (ou 3 petits)

  • 1 "pouce" de gingembre frais

  • 100 g de sucre

  • 3 petits oeufs

  • 1 cuillère à soupe de fécule

  • 1 noisette de beurre demi-sel

  • 2 blancs d'oeufs et 100 g de sucre pour la meringue (facultatif)

A l'aide d'un emporte-pièce ou d'un petit verre, découper des cercles dans la pâte sablée étalée finement, en foncer des moules à mini-tartelettes, lester avec des haricots secs et faire cuire au four à 200°C pendant 7 minutes. Enlever le lest et prolonger la cuisson, 5 à 8 minutes (vérifier la coloration, dorée mais pas trop). Laisser refroidir.

Préparer la crème citron/gingembre
Brosser les citrons, récupérer le zeste d'1 ou 2 d'entre eux selon la puissance citronnesque recherchée puis les presser tous. Peler le gingembre, le râper et presser ce râpé entre ses mains pour récupérer le jus.

Dans un saladier, mélanger les jus de citron et de gingembre et les zestes avec le sucre. Ajouter ensuite les oeufs battus, la fécule en pluie, mélanger au fouet et poser ce saladier sur un bain-marie.
Avec une spatule en bois, faire des huit pour que ça n'accroche pas, jusqu'à ce que la crème épaississe. Il faut compter environ 15 minutes. La crème est prête quand elle a atteint la texture d'une crème pâtissière (lorsqu'on la tourne avec la spatule, on voit le fond du saladier). Ajouter le beurre et laisser refroidir avant d'en garnir (à l'aide d'une poche à douille si possible) les fonds de tartelettes préalablement cuits.

Pour la meringue, j'ai fait ma feignasse et j'ai simplement battu les blancs en neige avec le sucre pour serrer à la fin (une meringue française, quoi !). Très bon mais si les tartelettes doivent patienter quelques heures jusqu'au repas - ce qui est souvent le cas - la meringue va "juter". Pas très esthétique ce jus de blancs d'oeufs, faut l'dire. Avec une meringue italienne vous serez tranquille.

Répartir la meringue sur les tartelettes et passer sous le gril du four jusqu'à coloration.

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Tonton Paulo et tes tatas toujours plus belles
te souhaitent un très bon anniversaire Axel !
(on n'aura pas mieux)