Même pas le temps de perdre mon molletonnage ventral et cuissal post-accouchement de Divin Caramel que je me retrouve à enfanter de nouveau !

Ne croyez pas que je vous raconte ça afin de tenter de justifier lamentablement le troupeau de cellules adipeuses paissant paisiblement sur mes fesses que je vais promener en bord de mer la semaine prochaine. Non, franchement, c'est pas mon genre de mettre ça sur le dos de mes enfants, les pauvres, ils n'ont rien demandé à personne.

Puis de toute façon, je suis assez sereine vis-à-vis de tout ça puisque depuis 2 semaines et avec une assiduité obstinée, je me palpe-roule la cuisse - préalablement enduite d'une crème très intelligente qui arrive à faire comprendre à la graisse qu'elle doit quitter au plus vite ce corps de déesse, par ici la sortie (je ne sais pas où est la sortie sincèrement... mais la crème est plus intelligente que moi). Et le résultat est déjà là ! Croyez-moi, croyez-moi pas, mes doigts sont fuselés, fermes et élancés à en faire pâlir de jalousie Richard Clayderman (essayez de vous palper-rouler matin et soir, vous verrez comment ça vous muscle la phalange). On n'arrête plus le progrès !

Enfin bon, tout ça pour dire que deux grossesses aussi rapprochées, ça vous change la garde-robe le quotidien.

Et là, je m'adresse à vous autres blogueurs de cuisine et/ou journalistes gastronomiques et/ou auteurs culinaires.

Je sais que vous êtes dans le même cas que moi : vos amis ne vous invitent plus à dîner ou s'ils le font, se justifient de "pardon mais c'est de la salade en sachet" et autres "t'attends pas à de la grande cuisine hein" et vous regardent l'air anxieux pendant tout le repas.

Pourquoi ? Parce qu'ils se montent le bourichon en se disant qu'on est des pros. Mais pas des pros dans le sens sympa du terme, genre la nana qui peut donner des petits conseils ou dépanner avec une idée - hop hop hop ! - sortie de nulle part. Non, des pros dans le sens chieuse, genre la nana qui, petit doigt en l'air, fait la moue devant l'assiette et chipote d'un air pincé "mais... mais... ce n'est pas de la vraie purée que diable !"

Alors que, bon sang, si on était à L'Ecole des Fans, on leur brandirait bien haut notre 10sur10 (en calant judicieusement la main opposée sur le coude du bras levé pour pas trop se fatiguer), après avoir léché dans les moindres recoins l'assiette à dessert les yeux pleins de malice.

Parce que les passionnés de cuisine, ils aiment le chocolat Valrhona, les purées d'oléagineux meilleures pour le corps que pour le porte-monnaie, les présentations déstructurées, au cercle ou à la pipette du petit chimiste, c'est vrai.

Mais ils aiment aussi la bonne franquette pouet-pouet dans les assiettes en carton en gros tas informe (en ce qui me concerne, c'est vraiment ce que je préfère, la bonne franquette ; ça m'évite d'avoir à deviner avec quels couverts je mange l'entrée, à trouver où mettre mes coudes si "sur la table" n'est pas une option envisageable et à devoir avaler ma bouchée avant de raconter ma blague salace).

Pour confirmer tout ça d'ailleurs, je vous présente mon petit dernier.

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Pâtes Fraîches - Edition Dormonval

Je sais que c'est moche de faire des préférences entre ses enfants mais - chuuut, je leur bouche les oreilles - c'est lui mon chouchou. Bah oui, parce que les pâtes maison, c'est bien ce que je préfère le plus au monde. Et puis les pâtes fraîches ça fait pro et bonne franquette à la fois... alors c'est bien le fils de sa mère c'lui-là, hein ?!

Tagliatelles blanches et vertes, crème de mozzarella (Buffala)
Pour 4 qui parlent la bouche pleine

  • 300 g de farine
  • 3 oeufs
  • 2 petites courgettes longues
  • 1 boule de mozzarella de bufflonne
  • 8 cl de lait
  • 1/2 bouquet de basilic
  • parmesan râpé
  • sel, poivre

Préparer les tagliettes : verser la farine et une pincée de sel dans un saladier. Faire une fontaine, y casser les oeufs. Commencer à mélanger à la spatule en bois en ramenant au fur et à mesure la farine vers le centre jusqu'à ce qu'elle soit toute amalgamée. Déposer alors la pâte sur un plan de travail fariné et pétrir 5 à 10 minutes jusqu'à obtenir une boule de pâte bien lisse (non, on n'a pas le droit de s'arrêter avant, oui, ça fait un peu mal au bras mais ça permet de sécher le cours de sport). Sortir la machine à pâte du placard et faire les tagliatelles.

Pendant qu'elles sèchent, laver et sécher les courgettes. A l'aide d'un couteau économe, les couper en tagliatelles.

Egoutter la mozza et la couper en dés. Déposer les dés dans une petite casserole avec le lait, sel et poivre et laisser fondre sur feu tout doux. (On ajoutera un peu de lait si la crème est trop épaisse)

Faire bouillir une grande casserole d'eau salée. Y plonger les tagliatelles (blanches) et les laisser cuire 4 minutes en remuant de temps en temps. 1 minute avant la fin de la cuisson, ajouter les tagliatelles de courgettes (donc les vertes, voilà).
Egoutter les tagliatelles et les mélanger à la crème de mozza, ajouter le basilic ciselé et parsemer de parmesan fraîchement râpé.

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Une recette de famille - à peine revue - qui déchire.
Et des dizaines d'autres recettes de famille - à peine ou beaucoup revues - dans ce livre magnifiquement illustré par Claudia Albisser Hund (Divin Caramel, c'était déjà elle). Toujours aux éditions Dormonval et toujours à même pas 10€ !