Bon, c'est assez, cela suffit ! On n'est pas ici pour fêter des anniversaires tous les jours ! C'est pas le Club Dorothée ni Vivement Dimanche. (Joyeux anniversaire Delpiiiiiiiiiiiiiine !!)  Non, ici on vient pour parler de vrais problèmes qui nous concernent tous, qui nous empêchent souvent de dormir, qui nous tordent parfois l'estomac.

Des vrais problèmes comme "est-ce que c'est la crise au point que l'agent immobilier en bas de ma rue a été obligé d'ajouter /CORDONNIER à son enseigne ou est-ce simplement pour assouvir sa passion de la semelle ?".

Des vrais problèmes comme "est-ce que si ma concierge me raconte les ébats des voisins du dessous, je dois en conclure 1/ qu'elle entend aussi les miens et 2/ qu'elle les raconte aux autres locataires de l'immeuble ?".

Des vrais problèmes comme "est-ce que le simple fait d'aller de son plein gré au concert - par exemple, au hasard - de Johnny Hallyday au Stade de France fait de nous des gros beaufs ?".

(Happy birthday Dédé !!!)

Tiens, arrêtons nous sur ce dernier problème fondamental.
J'avoue qu'au départ, ça ne me turlupinait pas des masses. Non puisque je m'étais auto-persuadée que c'était pour Paulo qu'on y allait, au concert de Johnny. Dans mon esprit donc, au pire, c'était Paulo le beauf et je l'aimais quand même (mais un peu moins, c'est sûr). Sauf que dimanche dernier, force était de constater que plus l'heure du concert approchait, plus j'étais excitée. J'allais voir Johnny, yeaaaah wock'n'wooooll, chanter avec lui "queeee jeeee t'aimeuuuuh !" ou encore "et j'ai refusé... mourir d'amour enchaînééééééé !". (Bon anniv Phina !) Arf... Moi une beauf ? Comme ça :

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Ou comme ça :

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Non, impossible de me résoudre à cette idée... Et pourtant. Si ça se trouvait, j'étais beauf depuis toujours, une beauf endurcie, et je ne m'en rendais pas compte. Et comme on n'ose pas toujours vous dire que vous avez une botte de persil coincée entre les incisives, on ne me l'avait jamais dit ? Horreur et damnation.

J'ai donc cherché la définition du mot "beauf" pour voir. Pas dans le Robert, parce qu'avec un prénom de beauf comme ça, à mon avis, il doit pas être très objectif sur le sujet, le mecton. J'ai cherché sur Wikipédia et j'ai trouvé ceci :

Beauf : mot d'argot français employé dans le langage courant [...] est une personne aux idées étroites, aux manières vulgaires, aux goûts douteux, nourrie de préjugés et peu tolérante.

Est-il vraiment utile de vous dire qu'à première lecture, je ne me suis pas du tout, mais alors pas du tout sentie concernée par cette définition du mec qu'on a tous dans nos connaissances mais qu'on veut pas l'admettre ?

(C'est ton anniversaireuuuuuh, c'est pas celui d'ta mère ! Delou, clap clap clap ! Delou, clap clap clap !)

Mais il m'a bien fallu être lucide, me regarder en face dans le miroir pour me l'enlever une bonne fois pour toutes des quenottes, ce bouquet de persil.
Et à commencer par l'intolérance - voyant tout le bien que je pensais des beaufs gras du bide, des bikers à bandanas tête de mort tatoués Maman je t'aime et autres ploucs avinés à nuque longue -, mon vocabulaire n'étant pas des plus châtiés bordel, et mes goûts pas toujours de très bon goût, je n'ai pu que finalement me reconnaître dans ce portrait des moins flatteurs.

(Del t'es la plus belle !)

Sur le moment, ça vous fiche un coup là juste sur la nuque longue, j'vous raconte pas. Et puis après, on se dit que finalement, ça enlève un poids du poitrail. Non mais si vraiment, regardez : en s'assumant en tant que beauf, on s'affranchit de toute contrainte sociale et de toute règle de bienséance. Ce qui veut donc dire que dans votre entourage, on vous passera le "putain" qui sort tous les 3 mots, on ne ricarnera pas de savoir que vous ne ratez jamais Pascal le grand frère et on ne vous tiendra pas rigueur du fait que vous commencez l'apéro à 17h 16h. Plus besoin de bégayer, mal assuré, des excuses bidons pour justifier ces comportements "vulgaires et douteux", on vous pardonne d'avance. Eh oui, car vous n'êtes qu'un beauf.

Vous savez quoi ? Y a des moments où ça fait du bien de vivre en harmonie avec le beauf qui ronfle en soi. Si. Ca repose l'esprit. En l'occurrence, le mien à moi, c'est un kéké au cheveu Pento-isé et à siège baquet, qui tire ou qui pointe mais qui, dans tous les cas, ne manque pas de se réhydrater le gosier - tout desséché par 300 jours de soleil annuels et par un coquin de mistral à décorner les cocus - d'un petit jaune qui va bien. Et je l'ai définitivement adopté...

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Cake beauf au Ricard, un peu comme une Mauresque, putain con !

  • 75 g de beurre demi-sel, mou

  • 100 g de sucre

  • 3 oeufs

  • 100 g de farine

  • 1/2 sachet de levure

  • 40 g de poudre d'amande

  • 2 à 3 c. à soupe de Ricard (ou de 51, même si bon, le Ricard c'est meilleur)

  • 1 citron jaune non traité

  • amandes effilées

  • grains d'anis vert (facultatif, uniquement pour les fous d'anis)

Battre le beurre mou avec le sucre jusqu'à l'obtention d'un mélange crémeux. Incorporer les oeufs un à un en fouettant vigoureusement. Ajouter la farine, la levure puis la poudre d'amande et bien mélanger.
Râper le zeste du citron, l'ajouter à la préparation ainsi que le jus du citron et le jaune (le Ricard, quoi !) et éventuellement les grains d'anis. Mélanger tout bien et verser la préparation dans un moule à caké beurré et fariné.
Parsemer d'amandes effilées et enfourner pour 30 minutes à 180°C.

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Ah et j'ai bien failli oublier dis donc ! Delphine, jamais 2 sans 3, tu seras la dernière de l'année à y avoir droit, parce que tu le vaux bien (même si t'es rien qu'une sale vieille lâcheuse qui va partir à l'autre bout de la terre Paris (c'est d'ailleurs pour te punir que la recette est au Pastis, hahaha, t'avais qu'à pas !)) :

Joyeux anniversaiiiiiiiiiiiire ma chérite !