A l'évidence, y a un truc qui cloche à la maison. Vraiment, ça fait plusieurs semaines que ça dure et je suis incroyablement inquiète.

Avec Paulo, on l'a pas vu venir. On pensait que ça n'arrivait qu'aux vieux couples aux fesses engraissées d'habitude et de routine. On pensait que ça n'arrivait qu'aux vieux couples qui se connaissent tellement que l'un devient un ficus pour l'autre. Et un jour, on s'est réveillé et on a réalisé. Oh non, pas ça, pas à nous, pas déjà ! Mais qu'est-ce qu'on va devenir ? Tu crois que ça veut dire qu'il vaudrait mieux qu'on se sépare ? J'en sais rien... Et qu'est-ce que ce sera le jour où y aura des enfants au milieu de tout ça ? Ils vont en penser quoi nos mômes, hein ? C'est une vie pour eux ce genre de climat familial, franchement ?

Vous vous rendez compte un peu ? C'est si horrible que j'ose à peine l'écrire ! Paulo et moi, on... on... on ne se dispute plus ! Non, plus jamais ! Plus jamais jamais ! Jamais !
La première semaine, on fait pas gaffe, la deuxième semaine, on se dit que c'est drôlement calme à la maison sans savoir d'où ça vient, la troisième semaine, on comprend. Bam ! On se prend la vérité comme on recevrait un service de Federer à 184 km/h : en plein visage. Trois semaines sans ultrasons hystériques, trois semaines sans porte qui claque, trois semaines sans boudage dans un coin les bras croisés, trois semaines sans lui dire qu'il est vraiment comme Bernard, égoïste... Trois semaines de calvaire !

Et on a essayé d'arranger les choses. Allez pas croire qu'on a laissé notre couple se noyer, hein ! Non, on lui a enfilé des brassards tout de même, mais rien. J'vous jure, on s'est donné du mal pourtant.

Moi, j'ai pris soin de faire tomber la planche à pain pleine de miettes juste après qu'il ait passé l'aspiro.
J'ai piqué les uns après les autres tous ses tickets de métro, prétextant à chaque fois que là j'avais vraiment pas le temps d'acheter un carnet mais que je le ferais promis juré craché dès le lendemain.
Il a repassé l'aspiro dans la cuisine. Il a racheté un carnet de tickets pour lui. Et un pour moi. Sans broncher.

 J'ai transformé en chiffons, ciseaux sadiques entre les doigts gniark, un de ses tee-shirts préférés, par "mégarde".
Je me suis efforcée de trouver un max de critiques à cracher au sujet de ses meilleurs potes...
Il a trouvé tout cela super drôle, ahahah décidément je suis une sacrée couillonne, je m'arrête jamais, où vais-je donc chercher tout ça, ahahah (sic).

Pffff ! Alleeeez ! On y arrivait avant, ça va bien finir par revenir bon sang !

Paulo de son côté, il a mis plein de chaussettes sales par terre.
Il a "oublié" de faire la vaisselle deux-trois fois en passant, et il a même fait exprès de rentrer bien tard un soir où je lui avais fait promettre de rentrer tôt pour qu'on parle de l'avenir.
J'ai ramassé les chaussettes, fait la vaisselle et suis partie réchauffer les draps. Sans bougonner.

 Du coup, il a mis les bouchées doubles l'animal : il a suicidé la tondeuse à barbe que je lui avais offerte y a même pas un an. Une tondeuse qui saute par la fenêtre et tombe du 4ème, ça arrive tout le temps mon léopard tigré, t'en fais pas on va essayer de faire marcher la garantie.

Alors il a tapé plus fort, fallait qu'on s'engueule mince alors ! Courageux, plein de bonne volonté et nourri de bonnes intentions, il a fait au mieux pour handicaper sérieusement le caméscope que je lui avais offert à Noël. Mais là encore, l'échec. Impassible je suis restée. J'ai même plaisanté, sourire aux lèvres "ahahah si t'aimes pas les cadeaux que je te fais, dis-le moi franchement au lieu d'essayer de t'en débarrasser, ahahah".

Ahahah ? 'Tain, mais qu'on remonte deux ans en arrière, je lui rentrais les restes du caméscope dans l'arrière-train en lui promettant qu'à son prochain anniversaire il aurait en cadeau une paire de mains qui fonctionnent !

Vous comprenez mon désarroi maintenant ? Je ne sais pas ce qu'on va devenir mais une chose est sûre, on ne peut pas continuer à vivre plus longtemps au pays de Candy.
Ce la dit, j'ai quand même bon espoir. Car demain matin, on part une semaine en vacances. Rien que tous les deux pandant 7 jours, 24h/24. Lui, glandouille-man, moi, feu-au-derche-woman : ça devrait clasher, héhé (ce qui m'éviterait d'avoir à sortir la carte de la dernière chance "dire du mal de sa mère"... bah oui celle-là, faut que je la garde dans la poche pour dans 5 ans !). Et pour être sûre de mettre toutes les chances de notre côté, promis dès ce soir, je le mets dans l'ambiance : je lui fais un flan !

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Flan petits pois wasabi pour mettre du piquant dans le quotidien*
Pour 6 petits flans (ou 1 gros flan, dépend de votre humeur)

  • 400 g de petits pois surgelés
  • 180 g de mascarpone
  • 12 cl de lait
  • 3 oeufs
  • 1 c. à soupe de wasabi (plus ou moins selon la force du wasabi... faut que ça pique !)
  • sel

Cuire les petits pois 6-7 minutes à l'eau bouillante salée. Egoutter et mixer la moitié des petits pois avec le mascarpone et le lait. Incorporer les oeufs, le wasabi et le sel et mixer à nouveau.
Répartir les petits pois restants dans 6 ramequins et remplir de la préparation petits pois-wasabi.
Faire cuire à la vapeur (filmer les flans avec du film étirable au préalable) 15 à 20 minutes (plus longtemps si vous avez choisi l'option gros flan).
Laisser refroidir avant de servir.

* Recette extraite du dossier A toute vapeur sur Marmiton