La fille de sa mère
C'est fou comme je ressemble à ma mère.
C'en est au point que parfois je me demande si je suis vraiment sa fille et pas plutôt un Gremlin's. Si ça s'trouve, un soir d'avril, mon père lui a donné à manger après minuit et hop ! une grosse boule de poils qui jaillit de son dos : j'étais née (le poil est tombé au fil des ans, rassurez-vous)
C'est terrifiant de ressembler à ce point à une personne. On a l'impression qu'on a rien à nous.
Puis surtout, le hic, c'est que j'ai pas pris que le bon. Bah non, c'eût été trop beau. La beauté, l'altruisme, la générosité, j'en ai reçu deux-trois éclaboussures, mais alors les trucs bof-bof, on m'a trempé dedans jusqu'au cou.
Mais le pire dans tout ça, c'est que ces choses-là, c'est ce que je préfère chez moi... enfin chez ma maman... non... bon... a y est, j'me suis perdue... chez nous, quoi ! Et pour rien au monde je ne donnerais à qui que ce soit...
- notre maniaquerie : osez-vous plaindre bande d'ingrats ! On fait le ménage avec application et entrain, et même pas on se fait payer pour ça, alors hein ?!
- nos "j'lui dis" : ça, c'est un tic de langage que nous nous ignorions jusqu'à ce que je rencontre une certaine jeune fille fine et perspicace, accessoirement très douée pour l'imitation. A elle, il fallut peu de temps pour choper le truc et me le faire remarquer. Car ma mère et moi, quand on raconte une histoire, on la rend vivante à coup de "j'lui dis", "et il m'dit" et "alors moi j'lui dis". Vous conviendrez qu'au moins, ça rend la reconstitution du dialogue intelligible.
- notre parler avec les mains : tout le temps, excessivement, et surtout au téléphone (!). Un vrai spectacle vivant, son et lumière, c'est quelque chose... ah ça ! On vous anime une maison !
- nos gros mots en italien : parce qu'en italien ça passe bien mieux qu'en français (du moins en France). Oui, en italien, même les jurons, ils chantent, putana !
- notre style vestimentaire arc-en-ciel flashy tout en superposition et/ou accessoires improbables : eh ouais, mais si on a rendez-vous avec un ami devant la fontaine à Saint-Michel comme à peu près 286 autres personnes, il nous retrouve tout de suite (ou il nous évite à jamais)
- notre débit de parole : hormis mon père (qui ne nous écoute plus qu'à moitié) et mon frère (qui nous raccroche au nez), je suis sûre que les gens apprécient notre application à n'oublier aucun détail... et notre effet soporifique.
- notre sens de la communication : laissez-nous seules à la table d'un resto le temps d'aller aux toilettes, vous nous retrouverez à recueillir les confidences du client d'à côté et de la serveuse. Hop, des ragots de plus à vous raconter pendant le dîner !
Et il y en aurait tellement d'autres ! Mais le point sur lequel je ressemble le plus à ma maman, et qui me plaît encore plus que tous les autres, c'est la simplicité.
Simplicité dans notre façon d'être nous-même tout le temps avec tout le monde, simplicité dans notre façon de nous contenter de peu parce que pour nous c'est déjà beaucoup. Et en toute logique, simplicité dans notre façon de cuisiner : jamais d'esbrouffe, des produits du tous les jours, pour au final un plat modeste et convivial.
Merci ma p'tite maman de m'avoir transmis tes valeurs qui sont mes trésors et bon anniversaire aux couleurs de ton pays. Forza Italia et forza Brigida !
Tomate, courgette et mozzarella di buffala en éventail pour maman simplement parfaite
Pour 4 personnes
- 4 belles tomates bien fermes
- 1 petite courgette
- 150 g de mozzarella di Buffala (ou pas di Buffala, ça le fera aussi z'inquiétez pas)
- 1 à 2 gousses d'ail
- basilic frais
- huile d'olive
- sel, poivre
Laver et sécher les légumes. Couper les tomates en tranches pas trop fines sans aller jusqu'au pédoncule (j'adore ce mot, pardon !) afin qu'elle restent entières. Couper la courgette en tranches bien fines. Peler l'ail et le couper en tranches toutes fines.
Déposer les tomates dans un plat à four, insérer les tranches de courgette entre chaque tranche de tomate. verser un filet d'huile sur les éventails, saler, poivrer et parsemer de tranches d'ail. Enfourner à 180-200°C pour 20-30 minutes (selon la grosseur des tomates, l'épaisseur des tranches et selon le résultat recherché (al dente ou bien cuit) le temps de cuisson varie).
Pendant ce temps, égoutter la mozza et la couper en tranches assez fines. Sortir le plat du four, intercaler les tranches de mozza façon drapeau italiano, arroser du jus de cuisson aillé, parsemer de basilic ciselé et remettre au four 10 minutes, le temps que la mozza fonde. Servir sans attendre.
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(ça commence à bien faire tous ces anniversaires en mai et juin ! z'avez cru que mon blog c'était un lieu de dédicaces ou quoi ?! ouais ben zou, basta et pastaciutta, c'est finito ces connerito, demain on remet tout ça dans l'ordre !)
(Presque) Tout un poème
Axel, l'année dernière pour ton premier anniversaire, on t'a sorti le grand jeu et tu as eu droit au gâteau Doubitchou-y-a-une-deuxième-couche-à-l'intérieur.
Pour ton deuxième anniversaire, cette année, j'avais décidé de t'écrire un poème. Si ! Un beau poème qui va bien avec de la rime riche, un sonnet bien structuré, un vrai avec du quatrain et du tercet, la totale, quoi !
Un poème, non seulement pour te faire plaisir (bien sûr que les poèmes ça fait plaisir ! Ou alors osez donc accuser ma mère de mensonges aggravés sur mineure de moins de 12 ans particulièrement en verve (car à toutes les occasions - et même à toutes les non-occasions - maman avait droit à mes déclamations alexandrines (je me souviens notamment de cette oeuvre magnifique qui, en des termes dithyrambiques, rendait grâce à ses genoux (on m'a bercé trop près du mur, nul doute sur ce point)) qu'elle accueillait au petit matin avec le sourire le plus radieux) mais aussi pour la satisfaction de me dire : oui, ce que j'ai passé des heures à étudier en cours de français au secondaire, finalement, tu vois, ça me sert dans la vie de tous les jours.
Le seul problème Axel, c'est ton prénom. Non, ne va pas croire que ta douce, tendre et belle Tata Lili n'aime pas ton prénom, bien au contraire. Mais sincèrement, tu pouvais pas faire un effort et t'appeler Aurélie comme tout le monde, non ? Bon, Aurélie c'est p'têt un peu féminin je te l'accorde. Disons Louis alors.
Parce que les rimes en -ie et même en -is, sans modestie aucune, je maîtrise. En revanche, depuis ce matin, je cherche des rimes en -el voire en -elle, et j'en arrive à ce constat, terriblement sévère force est de l'admettre : ben c'est franchement pas les meilleures. Truelle, mortadelle, Gargamel... tu vois ? J'ai beau me creuser la cervelle, le peu que j'ai pu trouver n'est tout juste bon qu'à partir la poubelle (t'es convaincu là, non ?!)
Tu m'diras, t'aurais pu t'appeler Jules et là, Tata Lili - Esprit le plus mal placé d'le de France 2007 - aurait été vraiment très très embêtée...
Donc Axel, point de poème en ce jour exceptionnel.
Ton ingrate mais quand même sublime Tata Lili se confond en excuses et, plutôt que de s'immoler par le feu pour te prouver son désarroi, elle t'offre de délicieuses bébés tartelettes, parce qu'elle est un peu plus à l'aise avec le sucre qu'avec l'ïambe.
Et figure toi que ces tartelettes, elles sont comme toi : toute mignonnes, douces et acidulées... on n'a qu'une seule envie quand on les voit, les croquer !
Bébés tartelettes au citron et gingembre qui passent encore mieux qu'un poème
Pour une vingtaine de bébés tartelettes
1 pâte sablée
2 gros citrons jaunes non traités (ou 3 petits)
1 "pouce" de gingembre frais
100 g de sucre
3 petits oeufs
1 cuillère à soupe de fécule
1 noisette de beurre demi-sel
2 blancs d'oeufs et 100 g de sucre pour la meringue (facultatif)
A l'aide d'un emporte-pièce ou d'un petit verre, découper des cercles dans la pâte sablée étalée finement, en foncer des moules à mini-tartelettes, lester avec des haricots secs et faire cuire au four à 200°C pendant 7 minutes. Enlever le lest et prolonger la cuisson, 5 à 8 minutes (vérifier la coloration, dorée mais pas trop). Laisser refroidir.
Préparer la crème citron/gingembre
Brosser les citrons, récupérer le zeste d'1 ou 2 d'entre eux selon la puissance citronnesque recherchée puis les presser tous. Peler le gingembre, le râper et presser ce râpé entre ses mains pour récupérer le jus.
Dans un saladier, mélanger les jus de citron et de gingembre et les zestes avec le sucre. Ajouter ensuite les oeufs battus, la fécule en pluie, mélanger au fouet et poser ce saladier sur un bain-marie.
Avec une spatule en bois, faire des huit pour que ça n'accroche pas, jusqu'à ce que la crème épaississe. Il faut compter environ 15 minutes. La crème est prête quand elle a atteint la texture d'une crème pâtissière (lorsqu'on la tourne avec la spatule, on voit le fond du saladier). Ajouter le beurre et laisser refroidir avant d'en garnir (à l'aide d'une poche à douille si possible) les fonds de tartelettes préalablement cuits.
Pour la meringue, j'ai fait ma feignasse et j'ai simplement battu les blancs en neige avec le sucre pour serrer à la fin (une meringue française, quoi !). Très bon mais si les tartelettes doivent patienter quelques heures jusqu'au repas - ce qui est souvent le cas - la meringue va "juter". Pas très esthétique ce jus de blancs d'oeufs, faut l'dire. Avec une meringue italienne vous serez tranquille.
Répartir la meringue sur les tartelettes et passer sous le gril du four jusqu'à coloration.
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Tonton Paulo et tes tatas toujours plus belles
te souhaitent un très bon anniversaire Axel !
(on n'aura pas mieux)
Petit télégramme mais énorme recette
Tête dans l'mousson d'canard. Stop. Arrive pas à émerger depuis ce matin. Stop.
Comme un tam-tam dans mon crâne. Stop. Joue trop fort ce con. Stop.
Ai vraiment mal aux cheveux. Stop. Peux pas raconter histoire avec vraies phrases, articles définis, pronoms personnels, compléments circonstanciels. Stop.
(Déjà mis trois plombes à écrire 3 lignes du dessus... fais que mettre lettres en désordre, dois effacer, ré-écrire, re-effacer, re-ré-écrire... Stop.)
Pourtant, plein de trucs à dire. Stop. Mais aujourd'hui pas équipée pour. Stop. Prochaine fois. Stop. Promis. Stop. Mais s'ra pas demain. Stop. Encore grosse fête ce soir. Stop.
Pourquoi gens font grosses fêtes même semaine ? Stop. Vie cruelle. Stop. Besoin électrochoc. Stop. Ai trouvé ! Stop.
Mieux que café. Stop. Wasabi ! Stop.
Tarte électrochoc fraises-wasabi pour lendemains imbibés
Pour une vingtaine de mini-mini tartelettes
- 1 pâte sablée (faite comme ça ou du commerce, ça ira bien)
- 3 jaunes d'oeufs
- 30 cl de lait
- 60 g de sucre
- 30 g de maïzéna
- 1 cuillère à soupe de wasabi (plus ou moins selon la force du wasabi, vous qui voyez)
- 1 noisette de beurre demi-sel
- une vingtaine de fraises
Préparer la crème au wasabi
Porter à ébullition le lait. Pendant ce temps, dans un saladier, blanchir les jaunes d'oeufs avec le sucre (ça veut dire fouetter en fait). Ajouter la maïzéna, fouetter à nouveau et incorporer le wasabi.
Verser le lait bouillant dans le saladier en fouettant, puis remettre la préparation dans la casserole, sur feu très doux. Mélanger sans cesse à la spatule en bois et stopper la cuisson lorsque la crème a épaissi (on peut voir le fond de la casserole lorsqu'on mélange).
Transvaser la crème dans un saladier, beurrer la surface et laisser refroidir.
A l'aide d'un emporte-pièce ou d'un petit verre, découper des cercles dans la pâte sablée étalée finement, en foncer des moules à mini-tartelettes, lester avec des haricots secs et faire cuire au four à 200°C pendant 7 minutes. Enlever le lest et prolonger la cuisson, 5 à 8 minutes (vérifier la coloration, dorée mais pas trop). Laisser refroidir.
Monter les tartelettes
Verser la crème pâtissière dans une poche à douille et garnir chacun des fonds de tartelettes préalablement cuits.
Couper les fraises en tranches fines (sans aller jusqu'à la base de la fraise pour faire un éventail comme moi) et déposer l'équivalent d'une fraise sur chaque tartelette. Garder au frais jusqu'au moment de servir.
Lorsque vous goûtez la crème pâtissière, dites-vous qu'elle doit bien piquer. Vraiment, faut qu'elle ait ce côté moutardée. Sinon, une fois qu'on le met entre la pâte sablée et la fraise, on ne sent rien et la recette n'a plus trop d'intérêt (ce qui est dommage car elle m'a permis de réconcilier pas mal de gens avec la crème pâtissière, justement).
Donc n'ayez pas peur, allez-y sur le wasabi (surtout si vous avez vraiment la gueule de bois et que vous avez besoin d'un bon anti-brouillard).
La drague du pigeon et l'atelier Guy Martin
(Par avance, mes excuses pour la longueur inconsidérée de ce billet. De toute évidence, mon silence forcé m'a rendu encore plus bavarde... était-ce bien nécessaire ?!)
J'ai rencontré un soir un grand bavard très avenant. J'ai voulu savoir ce que pouvait bien faire cet intarissable gesticuleur dans la vie. Sa réponse : coach séduction.(Alors bon, j'ai d'abord eu envie de lui répondre "et moi, je suis la cadette de Catherine Deneuve". Mais finalement, ce tchatcheur était vraiment coach séduction)
Deux points m'ont interpellé.
Les coach séduction ça existe vraiment et y a vraiment des gens qui ont recours à leur service. Merde alors ! Faut être sacrément désespéré pour en arriver là, non ? Le jour où se paie des cours de drague, c'est qu'on s'est pris un bon paquet de rebonds dans la tête et qu'on en vient au terrible constat auto-flagellateur : ok d'accord, je suis un boulet de la branchouille, un naze de la drague, un blaireau de l'accostage. Dur, dur.
Mais c'est le second point qui m'a bien plus choqué, interloqué et autres mots en -oqué (non, bilboquet ça marche pas... j'ai pas dit en -oquet, bon sang et l'orthographe alors !) : on peut donc apprendre à draguer ? Ce qui laisserait entendre qu'il y aurait des techniques imparables ? Et que certains hommes les maîtriseraient au point de les enseigner ?
Après avoir agressé demandé à mon interlocuteur s'il ne fallait pas une sacrée dose de prétention pour devenir coach séduction, j'assistai à une démonstration de haut vol sans filet ni mousqueton au bout de l'élastique (je mélange plusieurs disciplines là, non ?) dudit jeune homme jamais à court d'arguments - never at short of arguments devrais-je plutôt dire, puisqu'il m'a montré que le franglish était toujours en vigueur dans les soirées mondaines - pour me prouver son humilité et défendre la thèse du "il y a des techniques de drague, bien sûr petite naïve, et elles s'apprennent".
Ne vous inquiétez pas mesdames, je nous ai défendues bec et ongles face à cet érudit de l'accroche, à coup de "chaque femme est différente" et autre "mais les mecs timides, ça plaît davantage, tu sais ?".
Chacun est ainsi resté campé sur ses positions et en rentrant chez moi ronde comme une queue de pelle, je continuais de penser que c'était quand même un métier complètement saugrenu. Qu'il aide les hommes désespérés à reprendre confiance en eux, c'est un fait, mais qu'il prétende leur donner les clés de la drague qui marche à tous les coups, c'en est un autre.
Et pourtant, aujourd'hui, j'y repense et je me dis pourquoi pas. A cause du pigeon. Comment ça vous ne voyez pas le rapport ? Mais si, voyons !
Le pigeon, l'oiseau - l'un des seuls - qui n'arrive à séduire personne, qui s'enchaîne vent sur vent, rateau sur rateau, et pourtant c'est pas faute d'essayer d'attirer votre attention en plaçant votre tête au centre de sa trajectoire de vol.
Trouvez-moi une seule personne désireuse d'adopter le pigeon qui tente de faire connaissance, de lier contact en se posant sur son balcon. Vous voyez, c'est bien ce que je disais ! Le pigeon, à cause de son approche pour le moins maladroite, ne nous laisse entrevoir que ses défauts : beurk, il ne se lave jamais, il pue, il est adepte de la malbouffe, et encore je ne parle pas du pigeon parisien (... par peur des représailles : un groupe de pigeons parisiens a vandalisé la voiture des voisins pour moins que ça y a 3 jours)
Allez, au mieux, le pigeon saura attendrir la petite mamie qui s'ennuie au parc et lui offre sa semaine de croûtons de pain du bout des doigts. Mais le pigeon, au fond, il préfèrerait que ce soit la jolie minette du banc d'à côté avec sa jupe ras-le-bonbon et sa frange-casque, celle-là même qui le snobe derrière ses vitres teintées/lunettes Police, qui vienne lui gratter la tête.
Tout comme l'homme qui ne sait pas draguer. Y aura toujours une gentille vieille pour lui taper la discut' à l'arrêt de bus tandis qu'il regardera passer devant lui, dépité, la gazelle hautaine perchée sur talons de 11 cm qui roule de l'arrière, celle-là même qui ne le verrait toujours pas s'il se lançait dans un show de claquettes improvisé sur le trottoir en chantant sous la pluie.
Seulement voilà. Figurez-vous que le pigeon, pourtant looser-né, peut trouver une technique imparable pour séduire n'importe laquelle d'entre nous : s'il enchaîne le fameux coup de la cuisson parfaite avec le tout aussi connu mais tellement apprécié coup du sucré-salé, il devient tout simplement irrésistible.
Pigeon séducteur sur son coussin acidulé de chutney à la pomme
Pour 2 personnes
- 1 pigeon préparé, i.e. vidé et "épatté" (je suis une princesse que voulez-vous, je n'ai donc pas procédé à cette étape)
- 2 tomates
- 2 pommes Golden
- 1 gros oignon
- 1 à 2 cuillères de miel liquide
- sel
- huile d'olive
Le chutney :
Monder, épépiner et concasser les tomates. Peler et ciseler l'oignon, peler les pommes, les épépiner, en couper 1 et 1/2 en dés et la dernière moitié en 6 tranches pas trop fines.
Chauffer le miel dans une casserole. Y déposer l'oignon et le laisser revenir quelques minutes. Ajouter ensuite les dés de pommes, faire revenir toujours sur feu moyen. Terminer par la tomate, saler, baisser un peu le feu et laisser cuire quelques minutes, de façon à obtenir une "compote".
Le pigeon :
Préchauffer le four à 210°C.
Saler le pigeon sur les deux faces. Le faire revenir dans une poêle (qui passe au four sinon vous allez avoir des problèmes - cf un peu plus bas) avec un filet d'huile d'olive, en commençant par le côté peau. Au bout de quelques minutes, retourner la bête pour faire dorer l'autre côté. Déposer les quartiers de pomme dans la poêle et enfourner l'animal pour environ 15 minutes (pour une cuisson rosée, ou plus longtemps si vous l'aimez bien cuit... bouuuuuh, c'est mal !).
L'assiette finale :
Déposer un coussin de chutney au centre de chaque assiette. Lever les filets du pigeon (plus facile à dire qu'à faire, d'autant que c'est chaud, oui, oui, je sais), poser un filet sur chaque coussin, répartir les quartiers de pomme caramélisés et la sauce de la poêle.
A noter que mon gentil chef prévenant avait fait longuement confire les "pattes" dans du beurre avant mon arrivée (miam !) et qu'on avait préparé des fagots de ce que j'ai appelé des micro-frites : pommes de terre coupées à la mandoline puis chaque tranche détaillée en... micro-frites justement, réunies en fagots ficelés fermement avec mes petits doigts musclés puis cuits dans du beurre clarifié (re miam !).
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Faut dire que sans son coach séduction - S.* - le pigeon serait resté un boulet repoussant. Bah oui, d'autant que c'était vraiment mal barré pour lui (le pigeon, pas S.) : il me suffisait d'entendre son nom pour que mon corps tout entier soit secoué par un rire sarcastique. Pigeon ! (ça marche encore, tiens !, je ricane)
* à l'atelier Guy Martin une nouvelle école de cuisine, très belle, rue de Miromesnil dans le 8ème. Trois cuisines sur 3 étages où l'on apprend à préparer les recettes de, ou adapted from, Guy Martin, dans la bonne humeur et la simplicité.
Voici ce que lui (S., pas le pigeon) et moi y avons préparé un midi à 4 mains :
Saint-Jacques lutée aux légumes croquants, citron vert-gingembre, pigeon sucré-salé, et pour finir, le dessert d'Olivier Paris, pâtissier hors pair : crème brulée wasabi, tartare de fraises, pain perdu, sorbet fraise (tout simplement !).
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Mais je m'égare. La morale de cette histoire (parce qu'il y a une morale, si, si), c'est que, d'une part, il vous faut absolument tester cette nouvelle école.
Et que, d'autre part, on a beau dire qu'on n'est pas des filles comme ça, qu'on renifle les plans drague à 3 kilomètres et que ça nous colle de l'urticaire, ce n'est pas tout à fait vrai.
Gageons que lorsque c'est bien fait, selon quelques techniques universelles MAIS pleines de finesse, on tombe sciemment dans le panneau.
Parce que ça peut être délicieux.
Le grand retour (enfin j'espère !)
C'est sûr, on finit toujours par payer ses mauvaises actions.
Au lycée, j'avais séché le cours sur l'Iliade. Quelques années plus tard, je m'étais endormie pendant la projection de Troie au ciné malgré la présence de Brad et d'Orlando (comme quoi, je ne suis pas une fille attachée au physique des gens, un bon point pour moi).
Pour me punir de tant de mépris vis à vis de cet épisode mythologique du plus haut intérêt (des gonz' qui font la guerre à cause d'une cruche - certes très belle, la miss Monde de l'époque (mais élue par un jury non corrompu, elle !) - pas capable de résister à un beau mâle qui vient l'enlever alors qu'elle est tout de même mariée, bah moi ça m'laisse perplexe) Trojan-je-sais-plus-son-nom-complet, cheval de Troie coriace et sans pitié de son état, a été missionné pour pénétrer les entrailles de mon ordinateur, détruire peu à peu ses précieux fichiers, et réduire à néant ses fonctions vitales.
Des semaines de lutte acharnée et... on a fini par changer d'ordi, c'était plus simple. Trojan est donc désormais enfermé dans notre ancienne unité centrale, héhé, tel est pris qui croyait prendre !
N'empêche, je vais éviter de me réjouir trop vite parce que j'ai rêvé cette nuit que ce satané virus à crinière s'était frayé un chemin à travers les circuits imprimés, qu'il s'était faufilé dans le lecteur E: et qu'il avait rampé sournoisement sur le parquet du salon - parquet pour le moins glissant, telle une piste de bobsleigh, car ciré à la perfection (oui, oh, c'était un rêve et dans mes rêves, je suis riche, désirée par les hommes les plus séduisants de la planète, et surtout, mon parquet n'est pas auréolé de taches de vin) - pour atteindre la nouvelle unité centrale, pourtant véritable forteresse croyez-moi, immense donjon aux parois glissantes, pas une seule prise pour se hisser, roc infranchissable, tour impénétrable (comme Véro-Pas-avant-le-mariage, une camarade de fac).
Je n'en dirais donc pas davantage sur Trojan-le-barbare de peur de réveiller la bête, si jamais les virus informatiques avaient des oreilles.
En revanche, je vais profiter du répit qu'il me laisse pour vous raconter ce que j'ai fait dans ma vraie vie pendant cette coupure informatico-virtuello-blogosphérienne.
Parce que oui, j'ai fait pleiiiiin de trucs ! Allez pas croire que je suis en mode feignasse sous prétexte que le soleil inonde (a inondé ? ah, c'est déjà fini ?) la capitale et que tous les parcs de Paris et sa proche banlieue se sont donné le mot pour m'appeler à venir poser mon fastueux postérieur sur leur verte pelouse (et comme je suis une fille facile...).
Bref, un avant-goût des billets à venir très très prochainement :
Du pigeon doublement étoilé...
Des bébés tartelettes au citron explosives...
Du veau qui nage dans le lait de coco...
Des tartelettes aux fraises qui envoient du lourd...
Et encore beaucoup d'autres choses bien sympatoches parce que vraiment, je suis bien décidée à rattraper le temps perdu (si Trojan n'envoie pas ses cousins baraqués le venger).
Ah oui, et promis, la prochaine fois, je mets moins de parenthèses dans mes textes (enfin j'essaie, quoi !) !
Champions du monde !
Pfff, je suis fourbue, flappie, fiou, naze, claquette, bref, je suis fatiguée.
La faute à mon nouveau travail qui m'impose des horaires stricts, le salopiaud. Vous vous en prendrez à lui, moi j'y suis pour rien. Juste que pour le coup, je suis tellement fourbue, flappie, naze, claquette, bref fatiguée que je suis bien incapable de réfléchir outre mesure.
Dans un pareil cas, que faire ? Ben, pourquoi pas un top 10 des meilleures requêtes Google qui ont mené à ce blog ? (comme l'a si bien fait mon copain Ju - dit Ju la muse - récemment)
Bon, en réalité, ce n'est pas le top 10 mais plutôt le savoureux cru du jour. Vous constaterez qu'en ce mercredi de Nouvelle-Star-décidément-insupportable-
tellement-ils-en-font-des-caisses-les-candidats-sauf-Benjamin-ok-d'accord, j'ai réussi l'exploit de rassembler les champions du monde du mot-clé... oh, je n'en suis pas peu fière !
- "J'ai un gros cul"
Oui, mais l'avantage que tu as par rapport à d'autres, c'est que tu en as conscience. Donc, tu pourras sûrement t'en sortir.
- "Femme de 16 ans célibataire"
Ah ça, je ne crois pas que ça existe encore mon p'tit gars ! Tu sais, c'est l'âge où ça commence à devenir difficile de trouver de la célib', elles sont toutes maquées... à moins que tu n'aies rien contre les divorcées, tu devrais plutôt cibler la femme de onze ans et demi, t'auras plus de chances.
- "Est-il bon pour une personne de 80 ans de faire des mots croisés toute la journée ?"
Certainement pas malheureux ! Vous ne vous rendez pas compte du danger ou quoi ?
- "J'aime pas ta soupe"
Merci de me faire découvrir les nouvelles insultes tendances. Non parce que j'en étais restée à "ta mère en short" (ouais, je sais, c'est ultra vieux, ça craint) et j'avais besoin de me renouveler. Maintenant, quand quelqu'un me poussera à bout, je lui enverrai un bon "t'façon j'aime ta soupe, sale face de gougère !". Avec ça, je serai tranquille.
- "J'émets des ondes magnétiques"
... je suis rectangulaire et souvent assez fin pour être glissé dans une poche de jean... je permets de communiquer avec des personnes physiquement loin de moi... je me fais remplacer tous les 3 mois pour un modèle plus récent par les hommes atteints de gadgétovirus... je suis ???
- "Contraire de chaud"
Euh... ch'ais pas... "petit" ? Oh pis j'en sais rien ! J't'en pose des questions moi ? Ouais ben j'aime pas ta soupe tiens !
- "Il sait à qui tu penses"
Sérieux ? Merde ! Mais comment il l'a su ? Il dira rien à personne, hein, hein ?
- "Que manger pour être malade ?"
Tout dépend de la maladie que tu veux avoir. Si c'est pour louper les cours jusqu'à vendredi, tu peux aller manger à la pizzeria en bas de chez moi et commander la margherita de base à 8€50. Normalement tu passeras 3 jours avec de la fièvre à rendre à César ce qui est à César. Très bon rapport qualité/prix.
- "Que faire quand les ongles des chats saignent"
Oui alors, après les ongles du perroquet, je crois qu'il est utile de faire une petite précision : je ne suis pas vétérinaire, je ne suis pas davantage manucure et encore moins manucure pour animaux. Mais c'est vrai que maintenant, je le regrette... ça a l'air d'être un métier d'avenir.
- "Faire chauffer du chou et le mettre sur les fesses brûle la cellulite"
Attends ! Avant, il faut que tu masses tes cuisses avec de la couenne de porc. Ensuite,
tu fais chauffer les feuilles de chou et tu les colles sur ton fessier
avec du papier film pour que ça tienne bien. Puis, t'enfiles un collant
en boyau de dindon et tu peux t'habiller par dessus sans que personne
ne voit rien. Tu gardes ça toute la journée pour que ça agisse bien, tu
fais ça tous les jours pendant 3 semaines et, preuve à l'appui, tu
perds 4 cm de tour de cuisses, de taille et de hanche.
Sinon, pour perdre du centimètre, tu peux aussi te mettre à la salade, d'autant qu'il commence enfin à faire beau. L'avantage c'est que même si tu es fourbue, flappie, fiou, naze, claquette, bref, fatiguée, c'est si simple à préparer que tu trouveras toujours le soupçon d'énergie nécessaire. Vois par exemple ce petit taboulé bien équilibré et bien protéiné que j'ai improvisé au sortir du bagne boulot.
Protéiné le taboulé ? Oui parce que j'y ai mis la championne du monde des céréales : le quinoa.
Taboulé champion catégories Rapidité et Equilibre au quinoa
- 2 verres de quinoa
- 3 petites tomates bien fermes
- 4 petits oignons nouveaux
- 1 petite courgette ferme
- 1 poivron rouge
- 1 citron
- 1 cuillère à soupe de mélasse de grenade (ou de vinaigre balsamique)
- 1 grosse poignée de raisins secs
- 1/2 bouquet de menthe
- 1/2 bouquet de coriandre
- cumin (en graines, c'est encore mieux)
- 4 à 6 cuillères à soupe d'huile d'olive
- sel, poivre
Faire cuire le quinoa selon les indications du paquet.
Pendant de temps, épépiner les tomates et les couper en petits dés. Peler et hacher les oignons. Laver la courgette et la détailler en petits dés (ôter les graines si nécessaire) et faire de même avec le poivron.
Lorsque le quinoa est cuit, l'égoutter et le rincer à l'eau fraîche avant de l'égoutter à nouveau. Lui ajouter les légumes coupés, les raisins secs, le jus du citron, la mélasse, l'huile d'olive, le sel, le poivre et le cumin. Ciseler la menthe et la coriandre, ajouter au saladier, mélanger et laisser au frais si possible 30 minutes, le temps de prendre un petit verre de vin jus de tomate par exemple.
Faire-part de naissance
Dites, ça existe des parents qui disent que leur nouveau-né est moche ?
Bon, j'ai bien connu un papa qui, découvrant sa fille à la maternité, ne pu cacher sa déception. Il trouvait qu'elle avait une tête de citron et que sur une petite fille, c'était pas vraiment joli. Mais hormis ce cas exceptionnel, je n'ai jamais vu des parents faire la tronche en voyant leur progéniture rougeaude et plissée pour la première fois, en 3D et en couleurs.
Pourtant, faut bien avouer que parfois, c'est à se demander s'ils n'ont pas des tranches de jambon devant les yeux. Non, parce qu'y a des bébés qui font franchement peur. Prenez le petit-fils de mes anciens voisins par exemple : pendant les 3 premiers mois de sa vie, il m'a foutu les jetons avec ses faux airs de Chucky.
Note aux parents : quand les personnes de votre entourage ne peuvent rien dire d'autre que Ooooh ! Mon Dieu qu'il est grand ! (ça marche aussi avec Ooooh ! Mon Dieu qu'il a de belles oreilles/mains/phalanges ! et autres grands pieds ou longs cils) c'est révélateur. Oui, votre enfant est moche, il faudra vous y résoudre et espérer que l'âge jouera en sa faveur.
J'adore les enfants, hein, c'est pas ça la question.
Alors bon, on peut trouver des circonstances atténuantes à la maman qui a durement poussé pendant des heures, et qui est sans aucun doute aveuglée par la douleur. Elle est tellement contente d'être enfin arrivée au bout de l'épreuve qu'elle s'extasierait pour un rien la pauvrette. Présentez-lui une tête de veau avec du persil dans les naseaux à la place de son enfant, elle trouverait sans nul doute qu'il est beau comme son père, si, si regarde il a tes yeux chéri.
Le papa, lui, c'est sans doute une grosse mauviette qui réalise que sa femme est sacrément forte, bien plus forte que ce qu'il a toujours pu imaginer. Et vu la violence avec laquelle elle lui arraché le bras puis une touffe de cheveux tout à l'heure en poussant, il se méfie. Vaudrait ptêt mieux pas la contrarier, elle pourrait lui mettre un pêchon. Oh oui ma choutte, il est beau notre fils ! Et toi tu es incroyablement merveilleuse. Et belle aussi. Mais si, même après 12 heures de travail. T'as jamais été aussi belle.
C'est un peu ce qui s'est passé chez nous hier. Des mois de patience, des heures et des heures d'efforts et de travail, et j'ai enfin reçu mon bébé. Aveuglée par un taux de glycémie dangereusement au-dessus des normales (cf plus bas pour comprendre), je n'ai pu que l'admirer. Sous tous les angles. Je le trouvais beau de face, beau de dos, beau de profil. Vu d'en dessous, vu du dessus, non vraiment rien à dire, il est ma-G-nifique ! Et Paulo - se remémorant sans doute les mois de terreur qu'il a traversé non sans mal pendant la conception - d'abonder dans mon sens Oh oui il est tellement beau ce bébé, bravo ma carotte râpée, tu es formidable.
Voici le faire-part de naissance :
Bonjour, je m'appelle Divin Caramel et j'ai pointé le bout de mon nez le 1er avril 2008. Je pèse quelques bons kilos de sucre et je me porte comme un charme de la 1ère à la 52ème recette. Mes parents Aurélie, Paulo (testeur officiel n°1) et les éditions Dormonval sont très heureux de ma venue au monde...
Divin Caramel - Edition Dormonval
Ah ça, je vous préviens, ce livre est 100% caramel, à ne mettre dans les mains que de gourmands avertis. Pas 1 gramme d'édulcorant ! Pas un trait de Splenda ! Que du bon sucre ! La preuve en recette (allez, au hasard, plouf plouf, page 68) :
La crème caramel à l'autocuiseur
pour 6 personnes
- 200 g de sucre
- 75 cl de lait
- 4 oeufs
- le zeste d'1 orange non traitée
Préparer le caramel : verser 100g de sucre dans une petite casserole et porter sur feu moyen. Quand il commence à colorer, remuer pour uniformiser la cuisson. Lorsqu'il est ambré, ajouter 2 cuillères à soupe d'eau et remuer sur feu vif jusqu'à dissolution. Répartir ce caramel au fond de 6 ramequins.
Brosser l'orange et prélever le zeste. Le mettre dans une casserole avec le lait et porter le tout à ébullition.
Pendant de temps, fouetter les oeufs avec le sucre restant jusqu'à ce que le mélange blanchisse. Lorsque le lait bout, le verser à travers une passoire fine sur le mélange oeufs-sucre et fouetter vivement.
Répartir la préparation dans les ramequins et les déposer dans un autocuiseur. Compter 20 minutes de cuisson à partir du sifflement de la soupape. Laisser refroidir avant de démouler ou d'attaquer à même le ramequin.
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Bref, 52 recettes, des grands classiques ou des plus originales, mais toujours "divinement caramel". Moi j'dis, ça vous fait une recette par semaine pendant un an...
Il est bôôô mon fiiiiils, hein ?!
Aïe, la faute de goût !
C'est pas que je suive la mode de près. En ce moment, c'est même tout le contraire, entre le jean cigarette taille haute qui fait des grosses hanches et la blouse qui laisse penser que 80% des minettes sont enceintes (au mieux) ou souffrent d'aérophagie, j'ai choisi : je remets mes fringues de l'année dernière. Ceci dit, j'essaie d'accessoiriser le tout façon tendance, histoire de faire illusion. Et le résultat est souvent probant.
Bref, je ne suis pas la mode de très près mais un petit peu quand même. C'est à dire qu'en fait, je n'aime pas trop passer pour une grosse beauf à la ramasse quand je vais quelque part, surtout quand je ne connais personne. Donc, je fais en sorte d'être un minimum dans l'coup.
Mais hier soir, échec cuisant. J'ai commis the faute de goût. Moi qui ne voulais pas me faire remarquer, moi qui essayais de me fondre dans la masse, laissez tomber, on n'a vu que moi. Attendez que je vous raconte, vous allez comprendre ma douleur.
J'ai décidé hier soir d'aller au ciné toute seule, me régaler avec mon petit Edouard Baer qui me fait tant rire. J'arrive la première dans la salle, jusque là tout va à peu près bien (je fais joujou avec mon téléphone histoire de trouver contenance tandis que les gens arrivent, mais sinon ça va). Et la salle s'est remplie, peu à peu, me mettant face à ma ringardise. M'envoyant en plein visage mon retard évident sur le temps présent. Me faisant me sentir comme un pauvre yaourt périmé oublié sur la clayette du frigo.
Oui mesdames, je vous l'annonce pour vous éviter l'affront, la tendance 2008 pour toute femme qui va au cinéma, le must-have, l'accessoire à porter absolument au bout de son bras, c'est l'homme. Pour être plus précise, c'est son homme. Son mec, son époux, son concubin, son roudoudou, son petit abricot doré, son Jules ou son Paulo (euh non, Paulo, il est juste à moi en fait) appelez-le comme vous voulez. Grand, maigre, petit, gros, chauve ou avec des dreadlocks, peu importe, il faut simplement que ce soit le sien et qu'on puisse poser sa tête sur son épaule ou le regarder amoureusement. Même s'il est dépareillé et ne va pas bien avec ses chaussures, ce n'est pas grave, ça passe. En revanche, ne pas en avoir, là, c'est le comble du mauvais goût, vous l'aurez compris.
C'est bien simple, j'ai fait le compte (oui, je vous rappelle que j'étais seule, je me faisais un peu chier avant que le film ne démarre), nous étions 21 : 10 couples et moi. Pas des couples de meilleures copines, non, non, non, que des vrais couples qui se tiennent par la main et se roulent des pelles bruyamment.
Je les ai vues toutes ces femmes qui me toisaient, méprisantes. J'ai bien tenté de m'enfoncer dans mon fauteuil jusqu'à disparaître mais non, on me voyait toujours, toute seule, sans l'homme. J'ai hésité à feindre de composer le numéro de Paulo pour faire mine de l'engueuler "M'enfin, tu devais me rejoindre ! Comment ça t'a oublié ? Goujat ! Mufle ! Sacripan !" et ainsi justifier ma solitude désespérante mais c'est à ce moment que le noir se fit enfin dans la salle, m'apportant un soulagement immédiat.
Le pire dans tout ça, c'est qu'avant hier soir, je n'arrivais pas à me résoudre à cette idée d'aller au ciné toute seule. Pour moi, le ciné ça se partage ou ça n'a pas lieu d'être. C'est comme le resto. Et puis, je me suis souvenue de toutes mes copines qui me traitaient d'andouille, qui elles allaient souvent se faire une toile toutes seules, parce qu'en plus c'était bien pratique, ça permettait de choisir son film, sa salle, son heure sans se prendre le chou avec les envies et disponibilités de chacun. Ah ça, je les ai maudites !
En même temps, avec du recul, je réalise qu'elles m'avaient dit ça en 2007... enfin quand même, elles auraient pu me prévenir que ça ne se faisait plus...
Aujourd'hui, plus qu'une seule chose à faire : sauver mon égo et rattraper le coup, vaille que vaille. Heureusement pour moi, en cuisine, on me la fait pas, je les connais les tendances 2008. Et parmi elles, on a le pas si facile que ça, un peu longuet mais très gratifiant "faire ses sushis soi-même".
Sushis, makis et california rolls top tendance 2008
Pour les recettes et les how-to (j'espère que c'est encore tendance le franglais ?), je vous renvoie directement sur le blog de Séverine, Sav'Hourra. J'ai tout suivi à la lettre, de liens en liens, et c'était parfait (difficile et longuet, je le répète mais parfait). Expliqué clairement, en images, vraiment rien à redire, c'est du bon boulot Séverine ! Merci beaucoup !
Je crois que je me suis bien rattrapée là, non ?
Wesh, elle est trop dans la place la gonz' !
La nuit des héros
Je me suis beaucoup documentée sur le sujet, sait-on jamais, pour savoir quoi faire dans ces moments-là. Adopter immédiatement la bonne attitude, les bons gestes, car chaque seconde est comptée. Lecture quotidienne des faits divers, briefing régulier de la part de
mes potes pompiers... non vraiment, je n'étais pas très inquiète : le jour où, je saurais quoi faire
et surtout je saurais rester calme. Attends, déjà que je suis une nana posée et réfléchie en temps normal, alors c'est pas dans ces moments-là que je vais commencer à paniquer ! Bah, je le sais, je l'ai lu, faut surtout pas paniquer, c'est la dernière chose à faire, malheureux !
Et puis, un beau jour ou plutôt une nuit près d'un lac je m'étais endormie, le fait divers est arrivé. Dans ma rue.
Mais là, allez savoir ce qui s'est passé dans mon petit cerveau, la case "choses à faire/à ne pas faire quand y a le feu dans ta rue, sur le trottoir d'en face tandis que tu ne cours aucun risque habitant au 4ème étage et le vent venant de la gauche jouant en ta faveur" a dû s'autodétruire au son de la première explosion de voiture.
Ainsi, j'ai légèrement - je dis bien légèrement - paniqué. Oh pas grand chose, je ne suis pas totalement hystérique non plus ! Mais il est possible que d'une voix proche de celle d'un castrat en pleine vocalise, j'ai lancé à Paulo un paisible "oh mon dieu, on va tous mourir aaaaaaaaaaah", le tout tremblant de la tête aux pieds et pas franchement loin de tourner de l'oeil.
Suivant le conseil du gentil pompier au bout du fil, j'ai fermé toutes les fenêtres pour ne pas laisser entrer la vilaine fumée dans notre appart. Bon, c'est pas que j'ai voulu mettre en doute ce professionnel avisé, mais j'ai décidé de mettre en plus un linge devant mes voies respiratoires et celles de Paulo, sait-on jamais. Comme, malgré tout, ça commençait à sentir la fumée chez nous, j'ai aussi ouvert la porte d'entrée afin de faire sortir l'air vicié, sait-on jamais, et mis mes chaussures au cas où il faille quitter les lieux précipitamment. Sait-on jamais, j'ai saisi mon sac à main, c'est déjà ça et tant pis pour le reste, on n'a pas le temps de tout sauver dans ces cas-là.
Lorsqu'au bout d'1 heure l'incendie fut enfin maîtrisé, les 7 voitures, les 2 scooters et mon resto-japonais-d'en-bas-que-j'aimais-tant bien éteints, j'aurais pu me coucher sereine. Cela dit, et toutes proportions gardées bien sûr, je trouvais que ça sentait beaucoup trop la fumée dans ce %$*f%g#@& d'appart que décidément le proprio pourrait nous mettre du double voire triple vitrage hein ce serait la moindre des choses dans un quartier à risques comme le nôtre dis donc et j'ai alors préféré ne jamais m'endormir. Oh, je le sais, je l'ai lu, c'est un coup à jamais se réveiller ça, "hein Paulo ? Tu crois pas ? Si on enferme toute cette fumée dans l'appart, l'air ne va jamais se renouveler et au milieu de la nuit, on va manquer d'oxygène ! Hein ? Pas vrai Paulo ? Pauloooo ?"
Endormi comme un bienheureux après toutes ces émotions, Paulo n'était visiblement pas convaincu par ma théorie de l'asphyxie. Le fou ! L'inconscient ! Je passai alors le reste de la nuit à surveiller la régularité de sa respiration, la tête sur son torse pour écouter les battements de son coeur, le téléphone bien serré dans la main, prête à appeler une ambulance. Sait-on jamais. Sensée, rationnelle, lucide, quoi !
Le lendemain matin, nous étions tous deux en vie, entiers et en bonne santé. Pour fêter ce miracle que Lourdes nous envie, j'ai rassemblé mes esprits, toutes mes forces et mes fonds de placard... il fallait bien ça !
Semoule héroïque au lait concentré et à la framboise
Pour 2 personnes
- 10 cl de lait concentré sucré
- 20 cl d'eau frémissante
- 50 g de semoule fine
- 10-12 framboises
Mélanger le lait concentré et l'eau frémissante de façon à obtenir du lait bien sucré. Verser ce lait "reconstitué" dans une petite casserole et porter à ébullition. Verser la semoule en pluie, baisser le feu au minimum et laisser cuire quelques minutes en remuant constamment pour ne pas que cela attache. Au bout de 4-5 minutes, normalement, la semoule a bien épaissi (on voit le fond de la casserole). Hors du feu, incorporer les framboises, mélanger et verser dans 2 coupelles.
Laisser refroidir, ou pas. Manger tel quel, ou parsemé de copeaux de chocolat noir. Ou blanc.
PS : Je voulais juste vous rassurer, René tout va bien. Abcès soigné, dents de sagesse arrachées, gencives cicatrisées, joue dégonflée, moral retrouvé (enfin, ça ira encore mieux quand on aura soigné les brûlures de mon resto japonais d'en bas que j'aimais tant).
Le pas de trop
Si ! Je suis sûre que vous l'avez tous connu, le pas de trop. Cette phrase qu'on ajoute, ce geste qu'on ne sait réfréner, et qui fait s'effondrer l'édifice. Ce moment où l'on a pris un peu trop confiance et dans notre lancée, comme on ne se sent plus pisser, on en fait des caisses pour que ce soit encore mieux que bien. Et au final c'est pire que tout.
Vous voyez toujours pas de quoi je parle ? ('tain, sont bouchés aujourd'hui !) Bon, j'exemplise pour ceux du fond qui ne suivent pas.
Le pas de trop, c'est lorsque vous êtes à un dîner avec des amis ; depuis 15 minutes, vous lancez quelques petites blagounettes qui font hurler de rire les uns et pouffer les autres. Bref, carton plein, votre humour fait mouche. Et là, vous voulez taper plus fort et sortez LA blague de mauvais goût, ou tout simplement nulle à chier et c'est le bide total. Les amis sont déçus, choqués. Flop. Vous n'avez plus qu'à disparaître sous la table pour vous faire oublier le reste du repas. Ou payer l'addition pour redorer votre blason.
Le pas de trop, c'est lorsque vous vous préparez pour la soirée du siècle et - vu que c'est quand même la soirée du siècle mince ! - vous décidez de forcer un peu plus sur le maquillage qu'à l'accoutumée. Anti-cerne, fond de teint, poudre libre, trait d'eye-liner, mascara. Coup d'oeil dans le miroir, un seul mot : Waouh. Et là, crayon contour des lèvres brun ou coup de blush fushia et vous ne ressemblez plus qu'à une vieille pouf salement ravalée. La lose. Vous effacez tout, vous recommencez et arrivez en retard. Ou vous assumez, au moins on se souviendra de votre arrivée.
(Là, j'ai conscience que je perds mon lectorat masculin... vite, je rattrape le coup !)
Le pas de trop, c'est quand vous êtes au pieu avec une petite nana bien sous tout rapport, petite nana que vous avez d'ailleurs travaillé au corps pendant des semaines avant de la voir là, sous vous, et faut bien avouer que ça se passe super. Elle a l'air d'aimer ce que vous faites la coquinette. Et là, vous vous dites qu'elle aimera sûrement davantage si en même temps, vous enfoncez votre langue dans le trou de son oreille... crispation soudaine, rhabillage en mode accéléré et "on s'appelle" qui sonne faux en claquant la porte. C'est mort. Vous pouvez vous la mettre derrière l'oreille pour la fumer plus tard. Ou... euh... ou rien.
Voilà, c'est ça le pas de trop.
Alors moi, je m'étais bien renseignée sur le sujet et je m'étais promis que jamais plus ça m'arriverait. J'ai appris à reconnaître les signaux qui disent "stooop ! T'es allée au bout ! Un pas de plus et tu te manges le mur en pleine face". Et pourtant, pas plus tard que tout à l'heure, j'ai flanché (eh oui, même aux meilleurs ça arrive).
Elle était pourtant si bien partie ma purée de carotte !
Des carottes cuites à l'eau et réduites en purée avec de la ricotta. Miam !
Puis j'ai voulu ajouter un truc. Tiens, pourquoi pas de la pomme ! Alors j'ai ajouté de la pomme. Hummm !
Et puis je me suis dit qu'un autre truc en plus, ça pourrait rendre la chose exceptionnelle. Alors, j'y ai mis du pavot. Slurp !
Et puis, je n'ai pas senti qu'il fallait en rester là. J'ai fait la nique à la barrière invisible qui s'érigeait entre moi et la bouteille d'huile de noisette. Et là, ma purée de carotte-pomme-pavot si délicieuse, presque divine, est devenue un truc qui s'laisse manger... mais c'est quoi ce petit arrière-goût... c'est bizarre, non ?
Purée carotte-pomme-pavot qui sait s'arrêter au bon moment
Pour 1 Hamster en souffrance
- 3 carottes
- 1 petite pomme (Granny, Golden)
- 2 cuillères à soupe de ricotta (ou de lait ou de crème liquide)
- 1 cuillère à soupe de pavot bleu
- quelques gouttes de jus de citron
- sel
Peler les carottes et les couper en rondelles. Les cuire environ 20 minutes dans une casserole d'eau bouillante.
Ne pas ajouter d'huile de noisette.
Pendant ce temps, peler et épépiner la pomme, la détailler en dés et la cuire dans une petite casserole avec quelques gouttes de jus de citron et 1 cuillère à soupe d'eau.
Ne pas ajouter d'huile de noisette.
Egoutter les carottes, ajouter les dés de pommes fondants et réduire le tout en purée avec la ricotta (ou la lait ou la crème).
Ne pas ajouter d'huile de noisette.
Saler, pavotiser et servir sans attendre. Ah, j'oubliais : ne pas ajouter d'huile de noisette.

























