07 novembre 2007
Bulletin d'alerte
D'après une récente étude, l'homme entre 15 et 35 ans serait en proie à une dangereuse épidémie : le gadgetovirus infectieux.
Cette maladie fulgurante attaque l'homme (uniquement), quelle que soit son origine sociale, quel que soit son mode de vie. Dans 80% des cas, le virus pénètre directement le cerveau par le biais d'un contact trop rapproché avec un prospectus Fnac. Il existe également des cas de contamination directe par un autre sujet atteint, le plus souvent une personne de l'entourage proche en phase terminale.
Une fois le cerveau de l'homme contaminé par ce terrible virus, celui-ci est peu à peu rongé de l'intérieur. Au fil des jours, le virus commet d'irrémédiables lésions notamment au niveau du centre cérébral de la raison et de la lucidité. Le sujet, rapidement dépourvu de toute faculté de réflexion censée, ne peut plus orienter son discours sur d'autres sujets que les gadgets high-tech.
La maladie se déclare la plupart du temps par une "fixette" du sujet. Ecran plat, appareil photo, téléphone portable, lecteur MP3, ou plus récemment décelé, la fixette sur le PDA (Paulo Durablement Autiste ?!), le sujet porte toute son attention sur l'un de ces gadgets et ses moindres pensées, jour et nuit, lui sont dédiées. Chaque jour, la fixette devient grandissante, le sujet se munit de prospectus Fnac, fébrilement, tourne les pages jusqu'à l'objet de la fixette (exemple le PDA) et Ah ! Ouiiii, c'est celui-là que je veux ! Il a été noté chez les sujets des symptômes récurrents de la fixette : yeux globuleux, veine frontale turgescente, pouls accéléré, respiration saccadée, clignements spasmodiques des paupières dans 95% des cas étudiés.
Pour le moment, aucun traitement efficace n'a fait ses preuves. Rien n'a pu jusqu'alors empêcher le sujet de passer dans la phase terminale de la maladie. Subitement plongé dans un état second, atteint d'un accès de folie passagère, les yeux dans le vague, le malade va se procurer par tous les moyens l'objet de la fixette. Et le ramener jusqu'à chez lui. La fin est alors proche. Il se recroqueville sur son canapé, l'objet en main, et rien ni personne ne pourra plus jamais l'en détacher. Plus aucun moyen d'attirer son attention. Le cerveau est alors totalement rongé par le gadgetovirus infectieux, le malade se renferme sur lui-même, perd toute notion de langage et, partant de là, tout contact avec le monde extérieur.
Un espoir toutefois pour les chercheurs. Des expériences menées sur un malade gravement atteint, appelons-le P., auraient démontré qu'une très forte odeur de fromage chaud pouvait le sortir de sa torpeur. Un vaccin pour bientôt ?
Le cake de la guérison aux échalotes caramélisées et au Brie
- 3 oeufs
- 125 g de farine
- 1/2 sachet de levure
- 18 cl de crème liquide
- 2 cuil. à soupe d'huile de tournesol
- 60 g de parmesan râpé
- 120 g de Brie
- 5 échalotes
- 2 cuil. à soupe de miel
- 1 cuil. à soupe de beurre
- sel, poivre
Peler les échalotes, les émincer ou les hacher. Chauffer le beurre dans une poêle. Lorsqu'il mousse, y mettre les échalotes et les arroser du miel. Laisser fondre et caraméliser pendant une dizaine de minutes. Réserver.
Couper le Brie en petits dés.
Dans un saladier, battre les oeufs, saler et poivrer, ajouter la farine et la levure. Bien lisser le mélange. Incorporer la crème et l'huile et enfin le parmesan. Terminer par les dés de brie et les échalotes caramélisées. Bien mélanger et verser dans un moule à cake. Cuire à 200°C pendant 20 à 30 minutes (la lame du couteau plantée au coeur doit ressortir sèche). Laisser tiédir quelques minutes avant de démouler.
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PS : Petit Baptiste qui a vu le jour dimanche à 23h25, sache que ta (jolie !) grande cousine travaille activement sur un moyen efficace de t'immuniser contre cette terrible maladie. Non, tu ne l'attraperas pas, je m'y engage !
PS2 (complètement HS) : Delphine, j'ai relevé le défi, fingers in ze noze !
PS3 (complètement HS) : Pour certaines personnes, apprenties poètes, je donne quelques autres pistes pour de prochaines oeuvres... Aurélie ça rime aussi avec Moldavie, avec buanderie, avec torticolis, avec lapis-lazuli et avec fromagerie. A bon entendeur !
31 octobre 2007
Quand une révision complète s'impose
Cher Papa, chère Maman,
N'y voyez pas là un quelconque reproche, mais tout de même, j'aurais aimé que vous prêtiez plus attention à ce que vous faisiez lors de ma conception afin de ne me pas me retrouver aujourd'hui face à de telles incohérences.
Non, mais j'imagine très bien, c'est tout mon père ça, très bricoleur mais toujours pressé de passer à un autre chantier... Hop hop, je visse ça là haut... ah mince, le cerveau ! pfff, j'ai refermé la tête maintenant... bah tant pis, personne s'en rendra compte !... et c'est finiiiii ! Bri, viens voir, je l'ai finie la gamine ! Et ma mère, avec son objectivité légendaire Ooooooh, mon dieu qu'elle est belle notre fille !
Du coup, tu crois qu'ils auraient pris la peine de vérifier les branchements ? Non, ça avait l'air de bien fonctionner sur le moment, ils se sont dit qu'ils verraient bien à l'usage, quitte à remettre un petit coup de clé de 10 sur le boulon là-haut qu'a pas l'air bien fixé... bah ça tient là, ça durera ce que ça durera.
Et aujourd'hui, qu'est-ce qu'on constate ? Des dysfonctionnements quotidiens... et j'peux vous dire que ça va pas en s'arrangeant ! J'crois que je vais aller faire une révision, parce que c'est quand même pas très rassurant...
> Je comprends les jeux de mots plus vite que mon ombre (tu penses bien que le décodeur à jeu de mots c'est la première pièce qu'il m'a mis mon père, alias Raymond Devos). Quelle vivacité d'esprit auriez-vous tendance à penser.
Oui, sauf que je comprends toujours trop tard qu'il vaut mieux éviter de faire coïncider les rares jours où je mets mon col roulé blanc avec les rares jours où je mets du fond de teint. Oui, sauf que je comprends toujours trop tard que je dois étaler ma crème hydrante autobronzante jusqu'au coup de pied si je ne veux pas avoir comme une marque de chaussette blanche sur la cheville. Etc etc.
> J'ai eu mon permis du premier coup ce qui pourrait laisser croire que je conduis bien pas trop mal.
Et pourtant, j'ai toutes mes chances au concours du plus grand nombre d'accrochages (et la plupart toute seule en plus). Par exemple, en bonne conductrice, lorsque je fais une marche arrière, je tourne la tête et regarde derrière. Et en bonne conductrice... m**** ! mais je suis très en retard pour la fac ! vite vite, je passe ce que je crois être la marche arrière... sauf que sur ma voiture, elle n'est pas en haut à gauche... Heureusement que le mur de la maison était là pour amortir le choc de la Twingo des parents dans laquelle ma Rover s'est enfoncée...
> Je suis un peu maniaque (bon ok, j'avoue, on m'appelle Monica). Je peux faire mon ménage dès le lever. J'adore quand mes mains sentent la Javel (c'est d'ailleurs pour ça que je ne mets jamais de gants et que mes mains ont l'air d'avoir 30 ans de plus que moi). Je reçois souvent des gens à la maison, et je ne crise pas s'ils renversent des trucs par terre, au contraire... j'adore faire ce bon gros ménage à fond post soirée arrosée. Maniaque. Partout. Pour tout. Sauf pour les fringues.
J'en ai tellement (certaines au fond du placard ont encore les étiquettes) que ça me fatigue à l'avance de devoir trier, ranger, plier, suspendre. Et comme je balance les fringues sales à un bout de la pièce, mais que j'y balance aussi les fringues que j'essaie avant d'aller en soirée "oh non pas ça, on dirait un vieux cageot", "ouhlà, plus courte la jupe et j'attrape une angine", "bon ben le leggings fuschia en lycra, étonnament ça passait mieux avec 5 ans et 5 kilos de moins", au final, on se retrouve avec un gros tas de fringues mi-puantes mi-propres en boule à côté du lit qui traîne des jours des jours et encore des jours (maman, je te rassure, je finis par tout laver dans le doute... la maniaquerie reprend le dessus !).
> Je suis la diplomatie faite femme, et ça parce que je n'aime pas faire de la peine aux gens gratuitement. Je cherche alors toujours la façon la plus douce et la plus courtoise de dire les choses.
Cependant, dès qu'il s'agit de dire pile le truc qu'il fallait pas, je suis la reine. Boulette Queen. Typiquement, je suis celle qui va dire "beurk, c'est quoi ce plat ? J'en donnerais même pas à mon chien si j'en avais un !" et voir la copine à côté se mettre à sangloter "ouiiin ! mon chien s'est fait renverser par une voiture hier soir... ouiiiiiiin". Typiquement bis, parce qu'on ne s'en lasse pas, je suis celle qui va dire à un pote qui nous apprend qu'il gagne plein d'argent "hey ! mais t'es un homme à marier toi !"... ouais, sauf que ce pote-là est en pleine dépression suite à son récent divorce (des comme ça, j'en ai des dizaines et des dizaines, je songe à en faire un livre)
> Je suis une copine formidable, disponible et dévouée (c'est mon blog, je dis ce que je veux !). Ma meilleure amie me demande de jouer au traiteur pour sa crémaillère. Je suis grave dans le jus, j'ai du boulot par dessus la tête, et pourtant, c'est sincèrement avec plaisir que je lui dis oui. Parce que c'est ma meilleure amie, parce qu'elle le vaut bien, parce que je veux lui faire plaisir.
Oui mais, si je veux lui faire plaisir, pourquoi je trouve le moyen de préparer entre autres choses un gâteau (sucré) à base de légume... alors qu'elle n'aime pas les légumes, et que je le sais pertinemment ? Et, comme si ce n'était pas assez petit, et cruel, en grosse sadique que je suis, je choisis de travailler celui qu'elle a vraiment en horreur : le fenouil !
Fenouil'cake incohérent qui sentait même pas le fenouil finalement
- 180 g de fenouil
- 140 g de sucre
- 2 oeufs
- 110 g de farine
- 1/2 sachet de levure
- 35 g de poudre d'amande
- 6 cl d'huile (moitié tournesol-moitié olive en ce qui me concerne)
- 200 g de mascarpone
- 1 jus de citron vert
Râper le fenouil et réserver.
Dans un saladier, battre les oeufs entiers avec 100 g de sucre jusqu'à ce que le mélange blanchisse. Ajouter alors la farine, la levure et la poudre d'amande. Terminer par l'huile et le fenouil râpé. Verser dans un moule à cake beurré et fariné et cuire à 180 °C pendant environ 20-30 minutes (piquer une lame de couteau, elle doit ressortir sèche).
Préparer le glaçage acidulé
Râper le zeste du citron. L'ajouter au mascarpone. Détendre le fromage avec le jus du citron, ajouter le sucre restant, bien mélanger et garder au frais.
Démouler le gâteau tiédi. Laisser complètement refroidir avant de couper en carrés et de napper chaque carré de glaçage acidulé bien frais.
Au final, il faut savoir que ce gâteau super super moelleux ne sent en aucun cas le fenouil (pour les amateurs comme moi, il faudra ajouter des graines de fenouil ou d'anis dans la pâte) et tout le monde l'adooooorera, à commencer par votre meilleure amie elle-même...
26 octobre 2007
J'aurais voulu être une artiste
Je m'y suis préparée à ce moment. Depuis l'âge de 8 ans je m'entraîne régulièrement devant le miroir, ma brosse à cheveux en guise de micro dans une main et mon Popples en guise de trophée dans l'autre. "Je remercie mes parents, qui ont toujours cru en moi et sans qui je ne serais pas là aujourd'hui" avec une fausse larme au coin de l'oeil qui n'a décidément jamais voulu couler (pas faute d'essayer de me tirer un poil de la cuisse en même temps).
Je m'y suis préparée et pourtant, aujourd'hui, l'heure de la remise des prix a sonné et je reste coite (sans le tréma sinon, ça n'a rien à voir et c'est dégoûtant, pas de ça chez moi, merci bien). Pfff, si la mini Aurélie voyait ça, elle serait bien déçue... des heures de boulot foutues en l'air !
Parce que là j'ai reçu - attention tenez-vous bien - pas un, pas deux, pas trois mais QUATRE Thinking Blogger Award* (oui, tout ça... ouais ouais moi aussi j'ai eu du mal à y croire). Et j'arrive rien à sortir. Quelle nouille !
On m'avait bien dit (un certain Steven S. si mes souvenirs sont exacts, rencontré lors de mon tout premier casting) "Ouais, t'as une gueule, t'as quelque chose c'est sûr, mais n'est pas star qui veut... ça ne s'improvise pas tu sais petite" (le tout en anglais bien entendu, mais à 9 ans 1/2 j'étais déjà parfaitement fluent). Mais je ne voulais pas y croire : faut dire que ça a pas l'air si compliqué de monter des marches tout en souriant aux photographes. Ah oui, c'est vrai, il faut éviter de se prendre les pieds dans le tapis rouge. Même avec des talons de 12 cm, et pleine de champagne Mumm. Rhoo, ch'uis sûre que c'est pas si compliqué...
Cela dit, aujourd'hui, je suis forcée de constater que Steven avait raison, notamment en ce qui concerne les cérémonies de remise de récompense : on sait faire de naissance ou on ne sait pas. La preuve : est-ce que, même à ses débuts, Catherine Deneuve est déjà restée face au public avec un sourire benêt en faisant des "euh... beuh... merci... je m'y attendais pas... merc... merci". Bah non.
Bref, même si j'ai pas ça dans la peau, je voudrais au moins dire : merci Elsa, merci Noémie, merci Kmille et merci Annellénor de m'avoir nominée, c'est trop d'honneur, je suis confusément confuse, émotivement émue, touchément touchée (là tout le monde aura compris que je n'ai pas réussi à remettre la main sur ces p***** de discours écrits par anticipation, 17 ans plus tôt)
La règle veut qu'à mon tour, je décerne ce prix à 5 blogs. Soit. Pour me simplifier la tâche, j'ai décidé que je remettrais le prix à ceux, ou plutôt celles, qui me font grassement rigoler, celles grâce à qui je me bidonne chaque jour. En vrac, ça nous donne... oh ben non, pas tout de suite, la recette d'abord !
Donc revenons-en à nos moutons. Je ne suis pas star dans l'âme, ça ok. Mais il n'empêche que je suis désormais récompensée, médaillée, honorifiée, etc. Et je vous avoue qu'à la maison, depuis, on sent bien la différence. J'ai tenu à récompenser tous ces acteurs du quotidien qui ont, de près ou de loin, contribué à cette glorification, à commencer par le set de table himself.
Exemple concret du changement : avant, mon poulet, il était normal, basique, un vulgaire poulet de quidam, quoi ! Mais maintenant, mon poulet, il est médaille-d'or... et j'peux vous dire que c'est aut'chose !
Bouchées de poulet médaillé et caramélisé sur sa compotée de fenouil au citron confit
Pour environ 16 bouchées
Couper
chaque blanc en 8 cubes. Les déposer dans un plat creux, ajouter la
sauce soja, le sirop d’érable, le vinaigre et le gingembre. Laisser
mariner au frais pendant 1 à 2 heures.
Egoutter les morceaux de poulet et les faire revenir rapidement dans
une poêle chaude avec l’huile. Lorsqu’ils ont pris couleur, ajouter la
marinade et éventuellement un petit peu d’eau et laisser mijoter 6 à 8
minutes selon la taille des morceaux. Si, à ce moment de la partie, la
sauce n’est pas assez sirupeuse, retirer les morceaux de poulet, les
réserver au chaud et faire réduire la sauce. Une fois qu’elle a bonne
consistance, y remettre le poulet et bien enrober chaque bouchée de
caramel.
Pour la compotée de fenouil :
Retirer la coque extérieure du fenouil ainsi que les plumets. Emincer finement le fenouil, le faire revenir dans l'huile d'olive. Ajouter ensuite le jus de citron, le citron confit détaillé en petits morceaux et un petit peu d'eau. Laisser compoter une dizaine de minutes (voire quelques minutes de plus pour un fenouil encore plus fondant).
Une recette que vous pouvez retrouver dans le dossier ici (bah voui, je m'étais habituée à écrire là-bas, alors ça commençait à me manquer !)
Et enfin, les lauréates sont... tadadadam :
- Kmille et son Café de Filles ; oui, je vous en parle de façon trèèèèès régulière de ma copine Kmille et alors ? C'est pas ma faute à moi si elle est super marrante (et super jolie pour ne rien gâcher, tous ses nouveaux fans ne s'y sont d'ailleurs pas trompé on dirait)
- LeCookieMasqué et sa Tronche de Cake ; découverte il y a peu mais adoptée sur le champ. Parce qu'on a le même sens de la parenthèse ? Parce qu'on emploie toutes les deux le mot "foultitude" ? Oui, et parce qu'elle est très drôle tout simplement.
- Noémie et son Magimix et moi...
enfin elle... enfin bref ; vous en connaissez vous des filles qui
cumulent sens de la répartie, aisance dans le jeu de mot et inventivité
à toute épreuve ? Ben avant Noémie, moi non plus !
- La Morue et sa Vie de Morue ; ou la vie d'une prof de lycée bidonnante, qu'elle parle de ses "BEP secréteuses qui écoutent du arénebi de merde" ou de ses talons aiguilles, impossible de ne pas se tordre de rire.
- Lili Violette et ses Copains du Kibou ; ah, Lili Violette, c'est celle qui me déculpabilise de lever si facilement le coude, parce qu'au Kibou, faut dire, ça picole. Mais surtout, au Kibou, faut dire, ça rigole.
Voilà, ça c'est fait. Alors bien sûr, j'aurais pu en citer plein d'autres, dans d'autres catégories, des que j'aime tout autant, mais j'en aurais pour des heures et puis, faut bien qu'elle serve à quelque chose ma colonne de gauche, mince alors !
* Si tu fais partie d'une des personnes
récompensées, et seulement dans ce cas, publie un article dans lequel
tu feras apparaître à ton tour 5 blogs que tu apprécies beaucoup, avec
les liens vers ces derniers pour que l'on puisse les visiter. Fais un
lien vers ILKER pour que l'on puisse savoir d'où vient ce prix.
23 octobre 2007
Dure école que celle de la sagesse
Grâce à la danse orientale que je pratique depuis maintenant... oh, au moins 1 mois déjà !, j'ai enfin compris la signification de certains proverbes à la con :
- la nature est bien faite, et si on a les bras le long du corps, c'est parce que les garder en permanence en croix, c'est non seulement pas pratique (obligée de se mettre de profil pour passer une porte par exemple) mais surtout très douloureux.
- le ridicule ne tue pas sinon, j'aurais été foudroyée par une attaque cardiaque fatale en plein milieu de ma première diagonale*, celle où j'ai progressivement transformé le gracieux mouvement de hanche de base en vulgaire roulage de cul de pouffe
*pour les non initié(e)s, la diagonale est l'épreuve la plus plaisante d'un cours de danse, lors de laquelle chaque élève doit traverser la pièce en sa diagonale, seul devant les yeux inquiets et rieurs de ses camarades, en réalisant un mouvement en général pas maîtrisé puisque le but de l'épreuve, c'est de s'améliorer
- chasse le naturel il revient au galop, ainsi, quand je tâche d'exprimer ma sensualité, de "faire ma coquine" comme le conseille notre cher professeur (attention "faire sa coquine" sans être vulgaire... tout un art !), j'ai toujours les mêmes faux airs de saucisse knacki
- les absents ont toujours tort et comme j'ai honteusement séché le cours de la semaine dernière, j'ai eu hier l'honneur et le privilège d'être le centre du monde pendant 10 minutes pour un cours particulier (en public) de rattrapage "Non Aurélie, pour l'ondulation, il faut contracter le ventre comme si tu prenais un coup de poing puis relâcher complètement en cambrant bien sans bouger la poitrine ni les épaules tout en respirant bien et avec le sourire (ben tiens !)... Rhôôô mais on n'est pas sur la plage là (ah bon ? merci j'avais pas remarqué), personne te regarde (meuh non, bien sûr !), relâche ce ventre !(oui, ben moi j'ai les abdos contractés de naissance, alors j'y arrive pas con***se)"
- les yeux sont le miroir de l'âme...et le miroir de la salle de danse fait mal aux yeux. Notamment pendant les tremblements, ce mouvement si sensuel qui consiste à secouer son corps de façon à faire trembler juste son ventre. Très joli sur une pro, tellement douloureux pour une novice toute raide qui voit son cuissot flasque et gélatineux balloter ingratement tandis que son ventrounet, lui, semble irrémédiablement immobile
- bien mal acquis ne profite jamais, et quand je guette sournoisement un moment d'inattention de la part de la dame au fond à gauche pour lui piquer sa place et ainsi ne pas me retrouver tout devant, au premier rang, juste à côté de la prof, je me récupère en fait la place en plein dans la ligne de mire de cette dernière qui commente toute l'heure mes moindres faits et gestes "plus haut les bras Aurélie", "attention à tes chevilles Aurélie, elles doivent rester immobiles", "Aurélie, paume des mains vers le bas", "Aurélie..." Mais lâche-la bon sang la Aurélie ou elle va t'emplâtrer !
Enfin bon, d'ici le spectacle de fin d'année, je serais au point qu'elle m'a dit la prof, parce que "c'est en forgeant bla blabla bla"... Oui, mais considérant que "tant va la cruche à l'eau qu'à la fin elle me les brise", je risque de mettre un terme à la torture bien avant l'humiliation publique.
En tout cas, comme "on ne change pas une équipe qui gagne", ça reste en cuisine que je réalise les meilleures performances. Et finalement, la cuisine aussi permet de mettre en situation de sages proverbes. Confucius ne disait-il d'ailleurs pas "quand l'olive est dans la madeleine, tous les convives se retrouvent la bouche pleine" ?
Madeleines pleines de sagesse et d'olives noires
Pour environ 20 madeleines
- 2 oeufs
- 20 cl de crème liquide
- 160 g de farine
- 2 cuillères à café de levure
- 30 g de parmesan fraîchement râpé
- 1 gousse d'ail
- 4 cuillères à soupe d'huile d'olive
- 70 g d'olives noires dénoyautées
- sel, poivre
Battre les oeufs avec la crème jusqu'à ce que le mélange devienne aérien. Ajouter la farine et la levure, bien mélanger. Incorporer alors le parmesan et la gousse d'ail écrasée puis l'huile d'olive.
Couper les olives en petits morceaux et les ajouter à la pâte.
Si les moules ne sont pas en silicone, les huiler et les fariner. Répartir la pâte dans les alvéoles et cuire 15 à 20 minutes à 180°C.
Cette recette (que j'ai un tout petit peu modifié) inratable et vraiment très très bonne est issue de l'ouvrage Les madeleines, dans la collection "Charlotte est une gourmande" aux éditions SAEP.
Au passage, je ne vous conseillerais que trop de guetter la sortie imminente du prochain livre de cette collection, un livre sur les gaufres, parce que son auteur est une fille 'achement sympa paraît-il... mais je vous reparlerai de tout ça en temps et en heure.
15 octobre 2007
Le thon, c'est (pas toujours) bon !
Tout a commencé par un innocent aveu sur une Marmite. Cathy avait craqué et acheté une foultitude de livres de cuisine, elle nous présentait ses délits. Entre autres merveilles, elle s'était procuré le dernier opus de Philippe Conticini-le-Grand, Le thon, c'est bon !
La suite est bête comme chou.
J'aime le thon sous toutes ses formes, au point de le manger à même la boîte dans mes périodes de vache maigre, ça on le sait.
J'aime Philippe Conticini sous toutes ses formes (mouais, elle est pas très fine celle-là, pardon), au point de tester n'importe laquelle de ses recettes les yeux fermés dans un élan de confiance aveuglée, ça on ne le savait peut-être pas.
Partant de là, j'ai donc laissé un commentaire à Cathy, lui faisant part de mon impatience certaine de découvrir ces recettes au thon sur son blog. Et là, tout s'est enchaîné sans que j'ai le temps de réaliser vraiment. Comment ai-je pu en arriver là ? Comment ai-je pu être si inconsciente ? La raison m'échappe encore.
Dans sa réponse, Cathy évoquait une recette du livre complètement farfelue. J'étais très intriguée. Elle m'a mise au défi. J'ai topé. Même pas peur !
Alors voilà Cathy, chose promise chose dûe. Je l'ai fait ce fameux coulant au thon et aux noisettes. Je pense même l'avoir plutôt bien réussi. Mais ce que je pense surtout, c'est que j'ai sauvé ta réputation de cordon-bleu auprès de ton entourage.
Vu que moi de toute façon, je me traîne depuis des années la réputation de manger des trucs franchement bizarroïdes, je n'avais pas grand-chose à perdre. Et faut dire que c'est assez vrai finalement, j'ai peur de rien en cuisine. Même quand il s'agit de mélanger du chocolat, du parmesan, de la poudre de noisettes et du thon en boîte...*
*Note pour les Friends-O-philes : Comme dirait Joey face au trifle raté de Rachel "Banana ? Good ! Cream ? Good ! Peas ? Good ! Beef ? Good !"
Philippe, parce que je t'admire et que je suis une de tes fans de la première heure, je me permets de te le dire très franchement : Mais t'as complètement craqué sur ce coup-là ma parole !
C'était un pari avec un pote genre "t'es pas cap' de faire une recette avec du thon et du chocolat héhé" ?
C'était pour voir à quel point tes fans te suivaient bêtement aveuglément ?
C'était pour punir tes neveux qui ont essayé de faire un smoothie avec le hamster en le mettant dans le blender ?
C'était pour ta belle-mère (je ne la connais pas mais certainement une femme très charmante) ou pour ton voisin, celui qui ne t'a jamais rendu ton fer à souder ?
Sérieusement, je ne peux pas dire que ce n'était pas bon... parce que je suis polie et que ça ne se dit pas. Mais, vraiment, non, c'est terriblement dérangeant. Cru encore - parce que je goûte toujours la pâte crue - ça passait plus ou moins (plutôt "moins" que "plus" tout de même). Mais une fois cuit, on n'a pas pu aller au bout. A la cuisson, le goût de la noisette est décuplé, non sans rappeler, de par la présence du chocolat, une certaine pâte à tartiner. Autrement dit, quelque chose de pas désagréable en soi et surtout, de sucré. Mais très rapidement arrive ce goût violent de thon. Si, si, Philippe, il est violent le goût du thon. En tout cas, nous, on a trouvé.
Je sais désormais que mon palais - que je pensais pourtant téméraire et audacieux - n'est pas encore prêt pour tel chamboulement de ses convictions les plus ancrées. Un jour peut-être. Et le vôtre amis et amies bloggeurs ? Lequel d'entre vous osera tester son seuil de tolérance aux sensations extrêmes ?

(Tellement tentant de prime abord ce coulant !)
Le coulant au thon et aux noisettes ou l'expérience de l'extrême
Pour 6 petits coulants
- 60 g de thon au naturel égoutté
- 65 g de beurre
- 2 oeufs entiers
- 20 g de chocolat noir
- 20 g de chocolat blanc
- 10 g de sucre
- 40 g de farine
- 50 g de poudre de noisettes
- 1 pincée de fleur de sel
- 1 cuillerée à soupe de parmesan râpé
Fondre les chocolats et le beurre au bain-marie.
Dans un saladier, battre les oeufs avec le sucre et la farine. Ajouter les chocolats fondus, le thon émietté, la poudre de noisettes, le parmesan et le sel.
Beurrer et fariner 6 moules, ramequins ou cercles de 5 cm de diamètre sur 5 cm de hauteur et faire cuire 4 minutes à 210°C (moi perso, je les ai laissés 2 minutes de plus mais je pense que mes moules étaient un peu plus gros que prévu).
Démouler précautionneusement une fois tiède et servir à quelqu'un qui vous aime de tout son coeur ou à quelqu'un dont vous voulez vous venger.
(On le fend avec gourmandise...)
Notez que j'ai préparé la version 1 de ces coulants, celle que l'auteur préfère car plus gourmande. N'hésitez pas à tester la version 2 si vous préférez, sûrement moins trash car moins sucrée : remplacez les 20 g de chocolat blanc par 20 g de chocolat noir (ce qui fait 40 g de chocolat noir au total) et supprimez les 10 g de sucre.
(Le coeur coule et... on hésite un peu avant de se lancer)
Prochaine soirée arrosée entre potes, faites ces coulants et lancez un "celui qui devine tous les ingrédients qui composent ces gâteaux gagne une bouteille de champ'"... ainsi, ils en mangeront tous forcément plusieurs bouchées, et vous devriez bien vous marrer.
Merci Cathy et merci Philippe de m'avoir permis de vivre cette expérience au-delà du réel !
PS : Cher visiteur de Set de Table d'hier à 11h32, je sais bien que Google t'a envoyé chez moi mais sincèrement, je ne sais "que faire si un perroquet qui s'est arraché un ongle saigne", désolée...
12 octobre 2007
Relativisons !
Depuis le décès prématuré de mon four (6 ans c'est pas très vieux pour un four, même si on compte en années chien, ça fait quoi ? 6 x 7 = 42, c'est ça ? Mouais c'est pas bien vieux), et la crise de nerfs qui s'en est suivi (qui aurait pu me valoir un Oscar... à tous les apprentis comédiens, je dispense des cours du soir - tarif dégressif fonction du nombre de participants - inscription par mail), j'ai pris la sage décision de jeter la brioche bien gonflée mais irrémédiablement crue qui attendait sur le plan de travail (snif) mais surtout, oui surtout, la sage décision d'apprendre à relativiser.
Et c'est ainsi que, grâce à la théorie du "est-ce vraiment si grave ?", j'ai commandé un nouveau four malgré la triste mine de mon compte en banque. Car "est-ce vraiment si grave si je ne peux pas m'acheter ce superbe jean taille haute patte d'eph Kookaï avant le mois de novembre, voire avant Noël ?" Non, j'ai encore deux jeans à peine troués dans lesquels j'arrive à respirer presque normalement.
Par ailleurs, j'ai choisi un four qui, tout en rentrant pile poil sur la seule étagère qui puisse l'accueillir, est bien plus grand que le four précédent (pas bien difficile en même temps). Il était plus cher que les autres modèles mais "est-ce vraiment si grave si je ne peux plus aller chez le coiffeur avant l'année prochaine ?" Non, il me rate tout le temps de toute façon et puis ma frange a enfin la bonne longueur.
Et puis, comme j'avais drôlement hâte de l'avoir ce nouveau jouet outil de travail indispensable, j'ai cliqué sur l'option Colissimo livraison 48h supplément 5,40 euros. Parce que "est-ce vraiment si grave si mes bottes en caoutchouc, i.e. mes seules chaussures demi-saison en dehors de mes baskets, ont un trou sur le dessus du pied qui s'agrandit dangereusement chaque jour ?" Non. J'ai l'air d'une clodo mais vu que la doublure en-dessous est intacte, elles restent étanches et c'est tout ce qu'on leur demande.
Hier soir, soit 48h d'attente plus tard, j'ai sorti le four de son carton (après l'avoir monté, 4 étages sans ascenceur, parce que le livreur a eu la flemme dixit la concierge) et je l'ai posé sur l'étagère prévue à cet effet.
Selon mes calculs, il devait rester 1,5 cm de marge en largeur et en profondeur. Sauf que sur les sites de vente d'électroménager, quand ils vous donnent les cotes, ils ne comptent pas cette con***se de prise qui se fiche à l'arrière du four et dépasse de 2,5 cm, vous empêchant de coller l'appareil au mur. Non, non, ils ne la comptent pas, c'est du bonus, la petite surprise de dernière minute.
Face à cet imprévu, l'ancienne Aurélie se serait énervée et aurait certainement poussé des cris (l'avantage de la Aurélie qui s'énerve c'est qu'elle ne s'exprime plus que par ultra-sons, donc finalement, à part les dauphins - et dans le 15ème arrondissement de Paris, faut avouer que ça court pas les rues - personne n'entend rien).
Heureusement, cette Aurélie n'est plus.
La nouvelle Aurélie, celle qui relativise, elle est restée très zen, limite souriante. Un pied du four qui dépasse de l'étagère ? "Est-ce vraiment si grave ?" Non. Y a qu'à dévisser l'étagère et lui faire d'autres trous pour l'avancer d'1 cm. Fastoche. Ouais, sauf que le Paulo, il a prêté notre boîte à outil (l'année dernière) et il a comme qui dirait oublié de la récupérer (ben ouais, pas évident de trouver le temps en 365 jours dis donc). Ok, trop c'est trop. Elle veut bien relativiser, elle veut bien rester zen, mais là, la nouvelle Aurélie, elle a besoin d'un remontant...
Panna cotta zen au chocolat blanc et ses framboises au jus de basilic
Pour 2 petits pots
- 50 g de chocolat blanc
- 60 ml de crème liquide
- 70 ml de lait
- 1 feuille de gélatine
- 1/2 barquette de framboises
- 1/2 bouquet de basilic
- 35 g de sucre
- 35 g d'eau
Tremper la feuille de gélatine dans l'eau froide.
Casser le chocolat blanc dans une casserole, ajouter le lait et la crème et porter à ébullition. Retirer du feu, et dissoudre la gélatine ramollie bien essorée. Verser dans 2 verrines et laisser refroidir. Entreposer au moins 1 heure au réfrigérateur.
Préparer les framboises au jus de basilic
Dans une casserole, verser l'eau et le sucre. Porter à ébullition et retirer du feu. Laisser refroidir et laisser au frigo au moins 1 heure également.
Environ 15 minutes avant de servir, laver, essorer et effeuiller le basilic. Le mixer brièvement avec le sirop de sucre bien frais (ne pas insister sur le mixer, le mélange ne doit pas chauffer, on ne eut pas cuire le basilic). Déposer les framboises dans ce jus d'herbe et laisser macérer un peu avant de les répartir sur les panna cotta et de déguster.
C'était tellement bon que je me suis demandé si je n'allais pas remettre le four dans le carton, récupérer mon argent et continuer à me nourrir de panna cotta le restant de mes jours...
Puis, finalement, ce matin, munie d'un couteau à bout rond pour tout tournevis et d'une boîte de maïs pour tout marteau, j'ai défié l'étagère du regard. Et après 45 minutes de lutte acharnée, je suis sortie de la cuisine les cheveux en bataille, le bout des doigts à vif, haletante, suante, mais un énorme sourire triomphant collé sur le visage. Papa, sois fier de moi ! (tu vois que je parle de toi) . Rowenta Gourmet, bienvenu à la maison !
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PS : Toi qui as cherché sur Google "photo de l'homme au bistouri qui s'enlève un oeil" et qui as atterri sur mon blog, je te conseille d'aller rapidement te faire soigner.
11 octobre 2007
L'amie des stars
Y en a qui se vantent d'être copines-à-la-vie-à-la-mort-croix-de-bois-croix-de-fer avec Lorie ou Jenifer.
Y en a qui friment d'être invités à des soirées people où ils improvisent des chorés collées-serrées et dégoulinantes de sueur avec Magloire.
Y en a qui font genre, parce qu'en bossant chez Lenôtre ils servent régulièrement de la purée à l'huile d'olive et du boudin antillais à José Garcia et Johnny Depp.
Pfff ! Me font bien marrer !
Mes amis à moi, ils passent ce jour dans 20 minutes (avis à la population, toute personne qui sera en mesure de me procurer le 20 minutes d'aujourd'hui aura droit à ma profonde gratitude (et croyez-moi c'est énorme))
Mes amis à moi, ils présentent des émissions de cinéma "pratiques et sympas", j'ajouterais même marrantes (d'ailleurs gratifiées d'un joli 16/20 sur le blog/revue de presse de Patrick Dussert-Gerbert)
Alors bon, j'ai quand même des bonnes raisons de me la péter moi, non ?!
PS : Si toi aussi tu es mon ami, si toi aussi tu es une star mais que je n'ai pas parlé de toi aujourd'hui, ne m'en veux pas, c'est juste que ça aurait fait too much et il faut savoir rester humble. Mais bientôt, ton tour viendra... !


10 octobre 2007
Le sucre ? Non, j'en veux pas !
Qu'on se le dise, je suis un bec sucré. On me demandait récemment s'il m'était déjà arrivé de faire un repas total sucre. Non seulement, ça m'est déjà arrivé, mais même bien plus souvent que ça, sans parler des journées total sucre. Du matin au soir, inécoeurable la Aurélie !
Sauf que là, pour des raisons professionnelles dirons-nous, je suis contrainte et forcée depuis des semaines de tester et encore tester et toujours tester des recettes à haute teneur sucrifère. Je ne pensais pas dire ça un jour, mais STOP ! Plus de sucre je vous en supplie à genoux !
Plus de sucre du tout du tout ? Oui et non. Par exemple, je voudrais bien prendre un petit-déjeuner salé, mais je n'y arrive pas. Non. Suis pas équipée pour ! Le matin chez moi, ça ne pourra jamais être autre chose que pain tartiné de confiture, fromage blanc nappé de confiture, cuillère de confiture comme ça, en bonus parce que j'ai une rude journée qui m'attend, doigt dans la confiture juste avant de refermer le pot entamé le matin même et déjà descendu des 3/4 de son contenu. Bref, vous l'aurez compris, pour moi un matin sans confiture c'est pas un matin.
Je me souviens, il y a quelques années, Mme P., médecin de son état, m'avait vivement recommandé de réduire ma consommation de produits sucrés. Vu qu'elle m'avait presque mis le couteau sous la gorge, j'avais accepté de suivre le régime drastique qu'elle préconisait, histoire de redonner à mon palais de bonnes habitudes.
Ce furent les (deux) jours les plus durs de ma vie. Rendez-vous compte : j'avais retiré de mon alimentation la confiture, les yaourts aux fruits, le muesli, les fruits, tous les fruits, les fruits séchés, les biscuits, les glaces, les Kinder Schokobons, etc. En gros, 75 % de mon alimentation quotidienne exemplaire.
Premier jour, très difficile, j'ai cru mourir.
Deuxième jour, trèèèèèès difficile. J'avais le teint blafard, le coeur gros, les yeux pleins de larmes et les bras pendouillant jusqu'au sol. On m'a proposé de sortir un peu, me changer les idées. Une soirée filles. Malibu-ananas, vodka-pomme, Jurançon doux, Coca pas light, bonbons et brownies. Hem.
Vingt minutes de résistance "non merci pas d'alcool pour moi... non c'est pas une blague ! (drôle de réputation... je tiens à préciser qu'elle est totalement infondée Papa-Maman), je vais prendre du Coca Light... ah ? 'L'est pas light ? Tu me sers un verre d'eau steuplé ?", "Des bonbons ? Euh, non non, j'aime pas trop ça tu sais", puis, devant le dernier crocodile vert du paquet, le craquage lamentable. J'ai englouti tout ce qui passait. Et la diète sans sucre ne fut plus qu'un mauvais souvenir.
Seulement, aujourd'hui, j'ai vieilli, j'ai mûri, et j'ai compris : Mme P. - même si je la déteste toujours profondément - disait ça pour mon bien "A ce rythme, le diabète vous guette mademoiselle... surtout vu vos antécédents familiaux... il ne tient qu'à vous de réagir tant qu'il est encore temps". La phrase de cette Mère Vertu culpabilisatrice résonne encore, 5 ans après, dans ma tête.
Et c'est ainsi que j'en suis venue à la confiture agar-agarisé. A savoir que depuis mon agglo à l'agar, j'ai appris à dompter la bête et qu'on est devenue plus ou moins copine toutes les deux. J'en suis pas accro non plus, faudrait pas pousser, mais j'avoue qu'elle a des bons côtés que ma fidèle et dévouée feuille de gélatine ne possède pas. Comme notamment cette faculté de transformer quelques poires et un tout petit peu de sucre en confiture. Enfin, disons plutôt en "confiture". Mais, d'avis d'experte (vous permettez ? oui ça fait un peu prétentieuse mais j'assume !), cette version vaut le détour. Pour vous dire, j'ai mangé tout le pot en un seul matin ! (Et en vous disant ça je me rends soudain compte qu'en fait mes bonnes intentions n'auront pas servi à grand-chose... la cure de désintox, j'vois plus que cette solution !)
Confiture de poire pleine de bonnes intentions
Pour 1 gros pot
- 2 poires bien mûres
- 3 cuillerées à soupe de sucre
- un petit morceau de gingembre frais
- 2 étoiles de badiane
- 1 pointe de couteau d'agar-agar
- 1/2 jus de citron
Peler les poires et les couper en dés. Hacher finement le gingembre. Déposer les dés de poire, le gingembre haché, les étoiles de badiane, le sucre dans un saladier, arroser du jus de citron et laisser macérer au moins 1 heure (mais plus, c'est mieux).
Transvaser le contenu du saladier dans une casserole et faire cuire à feu moyen pendant environ 10 minutes. Ajouter alors l'agar-agar, donner un bouillon et prolonger la cuisson de 2 minutes. Mettre en pot, fermer et retourner jusqu'à refroidissement.
Conserver au frigo et éventuellement secouer avant de consommer si la confiture a l'air trop figée.
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Je profite de cette séquence poire pour faire une habile transition, hop, hop, hop. J'ai beau disparaître fréquemment de la blogosphère, parfois, j'arrive à attraper un jeu au vol. Cette fois, ça tombe sur le concours des plus belles photos culinaires proposé par Edith. Non pas que je trouve mes photos particulièrement réussies, non loin de là, mais j'avoue avoir une photo fétiche. Parce qu'elle allait parfaitement bien avec l'histoire qui l'accompagnait (une histoire qui m'a d'ailleurs valu l'estime d'une de mes bloggeuses préférées), parce qu'elle est toute mignonne et parce qu'en plus, ces bouchons poire-chocolat, ils sont super bons.
(Scrogneugneu, c'est maintenant que je me rends compte qu'avec ces fleurs et ce fond rose, j'aurais pu (et du) la proposer à Lauriana... quelle nouille je fais !)
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Enfin, sans transition cette fois, je termine sur un petit mot destiné à un cher disparu :
Toi qui m'as accompagné pendant 6 ans, toi qui chaque jour faisais mon bonheur et celui de mon entourage, toi qui as su t'adapter à chacun de mes déménagements et trouver ta place, toi qui n'as jamais rechigné à travailler du matin au soir sans relâche, toi qui as subi mille et un dégoulinage de pizza, éruption de gâteaux, écrasage de biscuits, toi qui la semaine dernière as décidé de ne plus jamais t'allumer, alors que j'avais patiemment pétri et laissé levé une belle brioche, toi mon Maxi-four Seb 18 litres, tu me manques atrocement et tu me mets bien dans la m... !
29 septembre 2007
Scary Kitchen Movie*
*Spécial cace-dédi à Natalia... Savoir que ce genre de mésaventures t'arrive aussi parfois est la seule chose qui m'empêche de me petit-suissider ce jour.
Vous allez me dire que je cherche la m**** aussi, à faire 14725 choses en même temps, moi qui ne sais pas taper un texto en marchant ni même en parlant (qui a dit que le cerveau féminin était multi-tâches ?).
Alors, forcément, avec deux casseroles sur le feu (peux pas en avoir plus avec mon pauv'domino... dis Papa Noël, tu m'apportes une grande cuisine avec entre autres 4 feux et un vrai four, après être passé au Cabanon y déposer un sac Hermès steuplé), un gâteau dans le four, le téléphone coincé entre l'épaule et l'oreille, le genou qui soutient le tiroir en passe de s'étaler sur le sol et d'y déverser son contenu d'épices et un doigt sous le robinet pour "réparer" une brûlure toute fraîche, je ne suis pas dans les conditions idéales pour faire les choses bien. Le pire c'est que je le sais pertinemment, mais non, j'ai toujours cette lueur d'espoir qui me fait dire que cette fois, je sortirais victorieuse de ce combat entre moi et le temps.
Bah non.
Au final, mon caramel brûle, ma crème déborde, mon tiroir à épices s'explose lamentablement sur le sol (que tout le monde se rassure, René le carrelage va bien !), mon doigt est brûlé au 14ème degré car j'ai allumé l'eau chaude au lieu de l'eau froide, l'ami à l'autre bout du fil ne veut plus jamais me parler de sa vie parce qu'il trouve que je suis vraiment une grosse folle complètement hystérique qui lui a fait perdre 34% de ses capacités auditives à force de cris stridents.
Tiens ?! Et le gâteau ? Héhé, il n'est pas brûlé ! Je n'aurais donc pas tout raté ?!
Dans mon enthousiasme débordant, je néglige l'étape "je-piquouille-pour-savoir-si-c'est-cuit" mais quand même, pas folle, j'attends quelques minutes avant de le démouler sur grille. Hmmm, un bon morceau de brownie pour me remettre de tout ça... vite !
Ou pas.
Il faut savoir qu'à 5 minutes près, je mettais au point le Brownie avec un grand B, celui de la victoire. Au lieu de ça, je me retrouve avec une pâte noire gluante et luisante de gras qui dégouline à travers la grille et se splashe sur mon plan de travail. Les bras m'en tombent.
Tant bien que mal, j'essaie de sauver la situation (et sans les bras, c'est vraiment pas facile).
Mon frigo est, ces derniers jours, désespérement vide, mes placards en suivent le chemin (au passage, je tenais à remercier Mr du Trésor de m'avoir permis de redécouvrir à quel point il peut être ludique et original de manger du thon à même la boîte pour avoir sa ration quotidienne de protéines, avec une pointe de ketchup tout de même pour que la fantaisie soit à son comble).
Dans un dernier espoir, je trouve une boîte de mangue au sirop. Je goûte, pouah, c'est sacrément dégueu ! Bah oui, mais va falloir faire avec, c'est ça ou rien ma fille...
Brownie raté comme une tatin de mangue (oui, encore !!), nappage acidulé
Pour 2 mini brownie-tatin
- 1/2 brownie pas assez cuit récupéré entre la grille et le plan de travail (fait avec 160 g de chocolat noir fondu avec 100 g de beurre demi-sel, 100 g de sucre, 2 oeufs et 1 cuillerée à soupe bombée de farine)
- 1 boîte de mangue au sirop
- sucre roux
- beurre
- 1/2 jus de citron
- 1 cuillerée à café de vinaigre de framboise
Tasser le brownie au fond de 2 cercles à pâtisserie, en couche plus ou moins épaisse selon ce qu'il aura été possible de sauver. Selon le degré de cuisson du gâteau, le replacer éventuellement au four 5 minutes sinon le laisser attendre sagement au frigo.
Fondre du beurre dans une poêle. Lorsqu'il mousse, y déposer les tranches de mangue mollassonnes (sans faire la grimace) et saupoudrer de sucre roux. Laisser caraméliser environ 5-7 minutes en tournant doucement les tranches de mangue mollassonnes de temps en temps.
Réserver ces mangues-au-sirop-mollassonnes-au goût-très-nettement-amélioré hors du feu.
A ce stade, allez savoir pourquoi, transportée par une inspiration (?!) subite, j'ai déglacé la poêle avec le vinaigre de framboise puis j'ai versé le jus de la boîte (j'aime pô jeter, j'y peux rien) et puis j'ai laissé réduire jusqu'à obtenir une consistance bien sirupeuse. Comme décidément je suis un boulet, j'ai un peu trop laissé réduire et mon sirop arrivait tranquillement au stade de gelée, d'où l'ajout du jus de citron qui finalement était le bienvenu.
Déposer les mangues tiédies ou refroidies sur le lit de brownie, napper de sirop-gelée de mangue à la framboise. Retirer délicatement les cercles (ce n'est pas le moment de tout exploser) et servir avec conviction.
***
Enfin, cacher sa surprise lorsqu'un Paulo passant par là s'exclame la bouche pleine "humm, c'est bon ton truc ! Le fruit donne un petit goût sympa... ah ouais, c'est bon !" (alors qu'un Paulo ça n'utilise jamais, en temps normal, l'adjectif "bon" mais plutôt des "pas mauvais" ou des "plutôt pas trop mal").
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Heureusement, tout le monde n'a pas des mains de pati comme moi. Je pense notamment à toi mon Sushi-mate (et surtout marmiton en herbe rappelez-vous), car force est de constater que tu as parfaitement bien réussi ce tajine de poulet que je t'avais expliqué. Je suis si fière de toi que je ne peux m'empêcher de publier la photo que tu m'as envoyée (en taille inférieure à mes photos, parce que eh oh, c'est moi la vedette de ce blog, ok ?! Non mais, ces jeunes, s'croient tout permis !)
La prochaine fois, je serais peut-être invitée à la dégustation, hein ?! ;-)
21 septembre 2007
Quand je ne comprends plus les gens...
Pourquoi les gens qui traversent la route alors que le petit bonhomme est rouge, pour ne pas se faire écraser par les voitures qui arrivent à toute allure, courent-ils en diagonale au lieu d'emprunter le chemin le plus court, à savoir la ligne droite ?
Pourquoi les gens qui reçoivent un appel sur leur portable qui affiche "SEB MAISON" demandent-ils à leur interlocuteur "ça va ? Mais au fait t'es où là ?" ?
Pourquoi les gens qui se garent dans le parking souterrain d'Auchan, indiqué en moult endroits "PARKING GRATUIT", s'inquiètent-ils en arrivant à la caisse, et demandent-ils pleins d'espoir "Je vous présente mon ticket de parking pour que vous me déduisiez 1 heure ?" ?
Pourquoi les gens qui mangent du pop-corn ou des bonbons au cinéma, pour éviter de faire trop de bruit et de gêner leurs voisins, enfoncent-ils leur main très lentement dans le paquet et déballent-ils avec une lenteur improbable leur Michoko, au lieu de le faire d'un coup sec ?
Pourquoi les gens qui se décident à payer leurs trois dernières contraventions préparent-ils et affranchissent-ils trois enveloppes différentes à adresser au seul et même destinataire, à la seule et même adresse ?
Pourquoi les gens qui se ruinent dans des masques capillaires restructurant-nourrissant-gainant, agissant en 30 minutes (voire en une nuit, les cheveux bien serrés dans une serviette comme l'a conseillé la coiffeuse)
s'indignent-ils, qu'à ce prix-là tout de même, leurs cheveux sont dans
un état toujours aussi désastreux, alors qu'ils ont rincé le produit au bout de 3 minutes de pose ?
Pourquoi les gens qui viennent retirer leur permis de conduire à la mairie foncent-ils (gais comme des pinsons d'avoir attendu seulement 12 minutes) tout droit sur le guichet de gauche, pourtant paré d'une énorme pancarte où est écrit en rouge et en lettres capitales "CARTES D'IDENTITE UNIQUEMENT" ?
Pourquoi les gens qui font les boutiques le dernier jours des soldes, qui parcourent les portants de vêtements démarqués à - 70% aux 3/4 vides, qui y arrachent la dernière robe qu'il reste (en l'occurrence noire en taille 36), interpellent-ils la vendeuse (à l'autre bout du magasin) d'un optimiste "Vous auriez ce modèle en bleu anthracite et en 42 ?" ?
Pourquoi les gens qui ont peur de faire leurs achats sur Internet parce que c'est vraiment trop risqué, pestent-ils tout rouges pendant 20 minutes face à la caissière et à son supérieur hiérarchique (s'étant déplacé à leur demande), parce qu'ils trouvent inadmissible qu'on refuse leur chèque faute de pièce d'identité ?
Pourquoi les gens qui choisissent sur l'un de leurs blogs chouchous une recette sans beurre et sans sucre, volontairement, pour faire un peu attention à leur ligne, ajoutent-ils finalement en cours de route de belles cuillerées de Golden Syrup et puis, juste avant la cuisson, presque frénétiquement, une bonne dose de chocolat blanc et de chocolat noir hachés ?
Les gens sont un peu cons quand même, vous ne trouvez pas ?
Muffins sans beurre et (presque) sans sucre, au lait ribot et pépites de chocolat
Pour 6 gros muffins
- 250 ml de lait ribot
- 80 g de flocons d'avoine
- 1 oeuf
- 60 g de Golden Syrup
- 75 g de farine de châtaigne
- 50 g de farine de blé
- 1/2 sachet de levure chimique
- 1/2 cuillerée à café de sel
- 60 g de chocolat haché ou en pépites (ici, blanc et noir)
Faire gonfler les flocons dans le lait pendant 15 minutes.
Battre l'oeuf avec le Golden Syrup puis ajouter aux flocons d'avoine. Tamiser la farine avec la levure et le sel puis ajouter aux ingrédient humides. Finir par les pépites de chocolat. Verser dans les moules à muffins jusqu'aux au 2/3 puis enfourner à 180°C pour 20-25 minutes.


























