Set de table

Petite cuisine du tous les jours

08 juin 2009

Revendiquer sa beaufitude

Bon, c'est assez, cela suffit ! On n'est pas ici pour fêter des anniversaires tous les jours ! C'est pas le Club Dorothée ni Vivement Dimanche. (Joyeux anniversaire Delpiiiiiiiiiiiiiine !!)  Non, ici on vient pour parler de vrais problèmes qui nous concernent tous, qui nous empêchent souvent de dormir, qui nous tordent parfois l'estomac.

Des vrais problèmes comme "est-ce que c'est la crise au point que l'agent immobilier en bas de ma rue a été obligé d'ajouter /CORDONNIER à son enseigne ou est-ce simplement pour assouvir sa passion de la semelle ?".

Des vrais problèmes comme "est-ce que si ma concierge me raconte les ébats des voisins du dessous, je dois en conclure 1/ qu'elle entend aussi les miens et 2/ qu'elle les raconte aux autres locataires de l'immeuble ?".

Des vrais problèmes comme "est-ce que le simple fait d'aller de son plein gré au concert - par exemple, au hasard - de Johnny Hallyday au Stade de France fait de nous des gros beaufs ?".

(Happy birthday Dédé !!!)

Tiens, arrêtons nous sur ce dernier problème fondamental.
J'avoue qu'au départ, ça ne me turlupinait pas des masses. Non puisque je m'étais auto-persuadée que c'était pour Paulo qu'on y allait, au concert de Johnny. Dans mon esprit donc, au pire, c'était Paulo le beauf et je l'aimais quand même (mais un peu moins, c'est sûr). Sauf que dimanche dernier, force était de constater que plus l'heure du concert approchait, plus j'étais excitée. J'allais voir Johnny, yeaaaah wock'n'wooooll, chanter avec lui "queeee jeeee t'aimeuuuuh !" ou encore "et j'ai refusé... mourir d'amour enchaînééééééé !". (Bon anniv Phina !) Arf... Moi une beauf ? Comme ça :

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Ou comme ça :

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Non, impossible de me résoudre à cette idée... Et pourtant. Si ça se trouvait, j'étais beauf depuis toujours, une beauf endurcie, et je ne m'en rendais pas compte. Et comme on n'ose pas toujours vous dire que vous avez une botte de persil coincée entre les incisives, on ne me l'avait jamais dit ? Horreur et damnation.

J'ai donc cherché la définition du mot "beauf" pour voir. Pas dans le Robert, parce qu'avec un prénom de beauf comme ça, à mon avis, il doit pas être très objectif sur le sujet, le mecton. J'ai cherché sur Wikipédia et j'ai trouvé ceci :

Beauf : mot d'argot français employé dans le langage courant [...] est une personne aux idées étroites, aux manières vulgaires, aux goûts douteux, nourrie de préjugés et peu tolérante.

Est-il vraiment utile de vous dire qu'à première lecture, je ne me suis pas du tout, mais alors pas du tout sentie concernée par cette définition du mec qu'on a tous dans nos connaissances mais qu'on veut pas l'admettre ?

(C'est ton anniversaireuuuuuh, c'est pas celui d'ta mère ! Delou, clap clap clap ! Delou, clap clap clap !)

Mais il m'a bien fallu être lucide, me regarder en face dans le miroir pour me l'enlever une bonne fois pour toutes des quenottes, ce bouquet de persil.
Et à commencer par l'intolérance - voyant tout le bien que je pensais des beaufs gras du bide, des bikers à bandanas tête de mort tatoués Maman je t'aime et autres ploucs avinés à nuque longue -, mon vocabulaire n'étant pas des plus châtiés bordel, et mes goûts pas toujours de très bon goût, je n'ai pu que finalement me reconnaître dans ce portrait des moins flatteurs.

(Del t'es la plus belle !)

Sur le moment, ça vous fiche un coup là juste sur la nuque longue, j'vous raconte pas. Et puis après, on se dit que finalement, ça enlève un poids du poitrail. Non mais si vraiment, regardez : en s'assumant en tant que beauf, on s'affranchit de toute contrainte sociale et de toute règle de bienséance. Ce qui veut donc dire que dans votre entourage, on vous passera le "putain" qui sort tous les 3 mots, on ne ricarnera pas de savoir que vous ne ratez jamais Pascal le grand frère et on ne vous tiendra pas rigueur du fait que vous commencez l'apéro à 17h 16h. Plus besoin de bégayer, mal assuré, des excuses bidons pour justifier ces comportements "vulgaires et douteux", on vous pardonne d'avance. Eh oui, car vous n'êtes qu'un beauf.

Vous savez quoi ? Y a des moments où ça fait du bien de vivre en harmonie avec le beauf qui ronfle en soi. Si. Ca repose l'esprit. En l'occurrence, le mien à moi, c'est un kéké au cheveu Pento-isé et à siège baquet, qui tire ou qui pointe mais qui, dans tous les cas, ne manque pas de se réhydrater le gosier - tout desséché par 300 jours de soleil annuels et par un coquin de mistral à décorner les cocus - d'un petit jaune qui va bien. Et je l'ai définitivement adopté...

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Cake beauf au Ricard, un peu comme une Mauresque, putain con !

  • 75 g de beurre demi-sel, mou

  • 100 g de sucre

  • 3 oeufs

  • 100 g de farine

  • 1/2 sachet de levure

  • 40 g de poudre d'amande

  • 2 à 3 c. à soupe de Ricard (ou de 51, même si bon, le Ricard c'est meilleur)

  • 1 citron jaune non traité

  • amandes effilées

  • grains d'anis vert (facultatif, uniquement pour les fous d'anis)

Battre le beurre mou avec le sucre jusqu'à l'obtention d'un mélange crémeux. Incorporer les oeufs un à un en fouettant vigoureusement. Ajouter la farine, la levure puis la poudre d'amande et bien mélanger.
Râper le zeste du citron, l'ajouter à la préparation ainsi que le jus du citron et le jaune (le Ricard, quoi !) et éventuellement les grains d'anis. Mélanger tout bien et verser la préparation dans un moule à caké beurré et fariné.
Parsemer d'amandes effilées et enfourner pour 30 minutes à 180°C.

*****

Ah et j'ai bien failli oublier dis donc ! Delphine, jamais 2 sans 3, tu seras la dernière de l'année à y avoir droit, parce que tu le vaux bien (même si t'es rien qu'une sale vieille lâcheuse qui va partir à l'autre bout de la terre Paris (c'est d'ailleurs pour te punir que la recette est au Pastis, hahaha, t'avais qu'à pas !)) :

Joyeux anniversaiiiiiiiiiiiire ma chérite !

Posté par AureliePasLignac à 08:28 - Sucré sucré - Commentaires [16] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


05 juin 2009

Secte de Table

Bon sang mais quel bazar ici ! Un an à l'abandon et c'est le foutoir, y a plus rien à sa place, une couche de poussière épaisse comme ça et des moutons tout partout. Des dizaines de brouillons de billets jamais finis et encore moins envoyés (pourtant y a des qui partaient drôlement bien), va vraiment falloir que je mette un grand coup de balai parce que là je me sens plus chez moi ici.

D'autant que je suis du genre à rapidement perdre mes marques. Et là, toutes les petites croix que j'avais dessiné sur le sol pour savoir où me placer ont disparu sous la poussière. Avant, j'arrivais tac tac badaboum tel le Bébel à son apogée, le verbe haut et le bras remuant, je vous racontais tout et rien, une révérence et à demain. Aujourd'hui, j'ai l'impression de m'être muée en Mustapha, le débit mal cadencé, le ton inadéquat, le geste maladroit, je n'ai en bouche que banalités et vannes pourries (Mustapha, si tu me lis !). Et ça, ça va pas du tout ! Faut que je me décrispe, que je pète un coup, non mais !

Dans pareils cas que faire ? Le ménage par le vide ! Hop, je jette tous ces brouillons (bon j'en garde juste 1 ou 2, parce que vraiment, ils partaient drôlement bien ceux-là) et je repars de zéro. Et comme je sens que je suis toute polluée du poumon et du cerveau par 5 ans de vie parisienne, je respire un grand bol d'air frais du côté de mes racines. J'invoque l'âme de mon gourou tout puissant, celui qui sait me faire revenir à mes valeurs, qui sait me faire renaître de mes cendres, qui m'apporte l'apaisement spirituel. Attention, je me connecte avec lui, silence s'il vous plait... ahmmmmm ahmmmmmm ahmmmm... allo ?! allo ?? ... Tut tut tut tut tut... Bon ben ça a coupé, la réception est mauvaise on dirait.

Tant pis, plan B. Je connais un autre moyen beaucoup plus efficace de me nourrir de l'esprit de mon grand gourou Skippy : préparer une de ses recettes traditionnelles.

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Gâteau à la ricotta pour purifier ses chakras et naître à nouveau (ou comment Set de Table se la joue secte)
Pour 4-6 personnes (un moule format moule à cake)

  • 250 g de ricotta
  • 125 g de fromage blanc
  • 75 g de sucre
  • 2 gros oeufs
  • 1 gros citron non traité
  • 1 pâte sablée

Battre la ricotta avec le fromage blanc et le sucre, ajouter les oeufs et battre à nouveau.
Râper le zeste entier du citron, l'ajouter à la préparation, ainsi que le jus dudit citron.
Bien mélanger et verser dans un moule (un petit moule pour que l'épaisseur avoisine celle du cheesecake ; si vous n'avez que du grand moule, doublez les proportions, de toutes façons ça se mange tout seul et au pire ça se congèle très bien), préalablement foncé avec la pâte sablée.
Faire cuire 25-30 minutes dans un four à 180°C.
Laisser refroidir avant de déguster, et conserver au frais (perso, je le trouve encore meilleur après 1 ou 2 jours au frigo).

*****

Ma version du classique et irremplaçable gâteau à la brousse de ma famille (de la brousse en lieu et place de ricotta, zeste et jus de citron ET d'orange).
Une bouchée et je me sens alors chez moi, dans les bras de mon maître spirituel, c'est magique.

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Maman, tu pensais vraiment que t'allais pas l'avoir ton billet d'anniversaire ? Franchement ?!

Bon anniversaire maman-gourou chérie !

Posté par AureliePasLignac à 13:05 - Sucré sucré - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

30 mai 2009

Back to PasLignac

Ahem... Mi mi mi mi mi mi mi mi miiiiiiiii (deux-trois vocalises pour chauffer ma voix quelque peu enrouée, vous m'excusez)

Hey ! Comment ça va les gens ? Bien ou bien ? Vache, ça fait un sacré bail dis donc ! Non mais sérieux, ça va pas bien ou quoi de disparaître comme ça ? Franchement je crie au scandale ("Au scandaaaaale !"), ça mériterait limite un lynchage en bonne et dûe forme à coup de tomates cerises et de radis roses (quoi que... les radis ça doit faire un peu trop mal, faut pas pousser oh !).

Oui alors bon, on ne va pas s'étendre sur une longue série d'excuses minables, hein, on les connaît toutes et j'en trouve pas de nouvelles, originales, qui claquent bien. Juste vous expliquer que, passé un moment, entre PasLignac et moi, y a eu un clash. Ouais carrément, elle m'a trop saoulé t'as vu c'est bon vas-y wesh.
Du coup, fallait qu'on fasse un break histoire de mieux se retrouver. Et vous savez ce que c'est les breaks, ça doit durer 1 mois et puis ça dure presque 1 an. Et puis elle m'a manqué cette pipelette. Et puis j'ai eu du mal à revenir vers elle (parce que j'avais oublié mes codes d'accès à Canalblog, oui entre autre). Bah c'est pas facile, vous en conviendrez, de ravaler sa fierté "Je me suis trompée, je t'ai fait du mal, aujourd'hui je le regrette, c'est toi que j'aime, ne me quitte pas il faut oublier tout peut s'oublier (hey ! J'tiens un truc là, ça ferait une super chanson, non ?)". On a peur qu'après tout ce temps, ce ne soit plus réciproque, que l'autre de son côté soit passé à autre chose, qu'on n'ait plus rien en commun, plus rien à se dire.

En tant que reine de l'excuse en carton, je ne me suis pas faite prier pour repousser toujours plus loin ce délicat moment des retrouvailles. J'peux pas j'ai poney, j'arrive pas à digérer ce cassoulet, je me suis foulé le petit doigt, j'ai la gueule de bois, j'ai ma déclaration d'impôts à remplir (oh ! J'ai vraiment ma déclaration à remplir, heureusement que vous m'y faites penser !), j'en passe et des plus nazes.

Mais là, il fallait vraiment que je m'y remette. Parce qu'aujourd'hui, c'est mon rendez-vous annuel et virtuel avec un p'tit bonhomme qui l'aime sa Lili PasLignac, et qui compte sur elle. Et que si elle lui poste pas un petit mot en ce jour important, sa maman va la taper très fort il va croire qu'elle l'a oublié, qu'elle l'aime plus (déjà qu'en plus, à Pâques, j'ai bien senti que je l'avais déçu en lui piquant un oeuf en chocolat). Voilà donc ce qui a fini de me motiver à prendre mon courage à deux mains, à me prouver que j'ai des coui... euh, bon vous voyez ce que j'veux dire quoi !

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Boules coco pour quand on n'en a pas trop dans le pantalon
Pour 10-12 grosses boules (ça fait beaucoup mais j'en manquais cruellement, fallait bien ça)

  • 60 g de farine de riz gluant

  • 20 g de farine de riz

  • 45 g de sucre

  • 40 g de noix de coco râpée + 2 c. à soupe pour l'enrobage

  • 8 à 10 cl de lait de coco

Mélanger tous les ingrédients dans un saladier. La pâte doit être souple et un peu collante, ajuster la farine ou le lait de coco si nécessaire pour qu'elle ne soit ni trop sèche ni trop molle.
Former 10 boules et les mettre à cuire à la vapeur (dans un panier bambou pour se la jouer couleur locale... penser à la feuille de papier sulfurisé qui va empêcher une fusion riz gluant-bambou). Compter 10-12 minutes de cuisson.
Récupérer les boules, qui ne sont plus trop des boules, et les re-rouler entre ses mains pour leur rendre leur forme de boule avant de les rouler, ces boules, dans la coco râpée.

*****

Alors, tu m'diras Axel "Beuh c'est quoi ça ? C'est pas un gâteau ! Et où j'les mets mes bougies moi ? Et puis c'est tout vert bizarre ! Etc etc".

Dis donc ? A 3 ans, t'es déjà si difficile ? - Y a plus d'jeunesse j'vous jure - Pourtant tu le sais bien petit coeur, que tatie Lili elle est bizarre. Et puis au moins, tu conviendras que c'est original pour un goûter d'anniversaire. Trouves-en une autre, toi, de tatie qui va te préparer des boules gluantes vertes, ressemblant à s'y méprendre à de la Pataprout (qui ne fait pas "prout" certes, mais tout de même) qui rendraient hystériques tous tes potes de crèche. Hein ! Hein ! Surtout qu'en plus de ça, elles sont pleines d'amour (qui ne fait pas "prout" non plus, désolée... j'y travaille pour l'an prochain, promis) et que ça, ça vaut tous les gâteaux au chocolat du monde, crois-moi.

Mon petit Axel, tatie Delphine, tonton Paulo, mes boules et moi te souhaitons un trèèèès joyeux anniversaire !

Quant à moi, je te remercie beaucoup de m'avoir permis de me réconcilier avec la PasLignac, parce qu'elle me manquait drôlement la bougresse. 

Posté par AureliePasLignac à 08:08 - Sucré sucré - Commentaires [23] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

30 mai 2008

(Presque) Tout un poème

Axel, l'année dernière pour ton premier anniversaire, on t'a sorti le grand jeu et tu as eu droit au gâteau Doubitchou-y-a-une-deuxième-couche-à-l'intérieur.

Pour ton deuxième anniversaire, cette année, j'avais décidé de t'écrire un poème. Si ! Un beau poème qui va bien avec de la rime riche, un sonnet bien structuré, un vrai avec du quatrain et du tercet, la totale, quoi !

Un poème, non seulement pour te faire plaisir (bien sûr que les poèmes ça fait plaisir ! Ou alors osez donc accuser ma mère de mensonges aggravés sur mineure de moins de 12 ans particulièrement en verve (car à toutes les occasions - et même à toutes les non-occasions - maman avait droit à mes déclamations alexandrines (je me souviens notamment de cette oeuvre magnifique qui, en des termes dithyrambiques, rendait grâce à ses genoux (on m'a bercé trop près du mur, nul doute sur ce point)) qu'elle accueillait au petit matin avec le sourire le plus radieux) mais aussi pour la satisfaction de me dire : oui, ce que j'ai passé des heures à étudier en cours de français au secondaire, finalement, tu vois, ça me sert dans la vie de tous les jours.

Le seul problème Axel, c'est ton prénom. Non, ne va pas croire que ta douce, tendre et belle Tata Lili n'aime pas ton prénom, bien au contraire. Mais sincèrement, tu pouvais pas faire un effort et t'appeler Aurélie comme tout le monde, non ? Bon, Aurélie c'est p'têt un peu féminin je te l'accorde. Disons Louis alors.

Parce que les rimes en -ie et même en -is, sans modestie aucune, je maîtrise. En revanche, depuis ce matin, je cherche des rimes en -el voire en -elle, et j'en arrive à ce constat, terriblement sévère force est de l'admettre : ben c'est franchement pas les meilleures. Truelle, mortadelle, Gargamel... tu vois ? J'ai beau me creuser la cervelle, le peu que j'ai pu trouver n'est tout juste bon qu'à partir la poubelle (t'es convaincu là, non ?!)

Tu m'diras, t'aurais pu t'appeler Jules et là, Tata Lili - Esprit le plus mal placé d'le de France 2007 - aurait été vraiment très très embêtée...

Donc Axel, point de poème en ce jour exceptionnel.
Ton ingrate mais quand même sublime Tata Lili se confond en excuses et, plutôt que de s'immoler par le feu pour te prouver son désarroi, elle t'offre de délicieuses bébés tartelettes, parce qu'elle est un peu plus à l'aise avec le sucre qu'avec l'ïambe.

Et figure toi que ces tartelettes, elles sont comme toi : toute mignonnes, douces et acidulées... on n'a qu'une seule envie quand on les voit, les croquer !

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Bébés tartelettes au citron et gingembre qui passent encore mieux qu'un poème
Pour une vingtaine de bébés tartelettes

  • 1 pâte sablée

  • 2 gros citrons jaunes non traités (ou 3 petits)

  • 1 "pouce" de gingembre frais

  • 100 g de sucre

  • 3 petits oeufs

  • 1 cuillère à soupe de fécule

  • 1 noisette de beurre demi-sel

  • 2 blancs d'oeufs et 100 g de sucre pour la meringue (facultatif)

A l'aide d'un emporte-pièce ou d'un petit verre, découper des cercles dans la pâte sablée étalée finement, en foncer des moules à mini-tartelettes, lester avec des haricots secs et faire cuire au four à 200°C pendant 7 minutes. Enlever le lest et prolonger la cuisson, 5 à 8 minutes (vérifier la coloration, dorée mais pas trop). Laisser refroidir.

Préparer la crème citron/gingembre
Brosser les citrons, récupérer le zeste d'1 ou 2 d'entre eux selon la puissance citronnesque recherchée puis les presser tous. Peler le gingembre, le râper et presser ce râpé entre ses mains pour récupérer le jus.

Dans un saladier, mélanger les jus de citron et de gingembre et les zestes avec le sucre. Ajouter ensuite les oeufs battus, la fécule en pluie, mélanger au fouet et poser ce saladier sur un bain-marie.
Avec une spatule en bois, faire des huit pour que ça n'accroche pas, jusqu'à ce que la crème épaississe. Il faut compter environ 15 minutes. La crème est prête quand elle a atteint la texture d'une crème pâtissière (lorsqu'on la tourne avec la spatule, on voit le fond du saladier). Ajouter le beurre et laisser refroidir avant d'en garnir (à l'aide d'une poche à douille si possible) les fonds de tartelettes préalablement cuits.

Pour la meringue, j'ai fait ma feignasse et j'ai simplement battu les blancs en neige avec le sucre pour serrer à la fin (une meringue française, quoi !). Très bon mais si les tartelettes doivent patienter quelques heures jusqu'au repas - ce qui est souvent le cas - la meringue va "juter". Pas très esthétique ce jus de blancs d'oeufs, faut l'dire. Avec une meringue italienne vous serez tranquille.

Répartir la meringue sur les tartelettes et passer sous le gril du four jusqu'à coloration.

*******

Tonton Paulo et tes tatas toujours plus belles
te souhaitent un très bon anniversaire Axel !
(on n'aura pas mieux)

Posté par AureliePasLignac à 19:45 - Sucré sucré - Commentaires [15] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

24 mai 2008

Petit télégramme mais énorme recette

Tête dans l'mousson d'canard. Stop. Arrive pas à émerger depuis ce matin. Stop.

Comme un tam-tam dans mon crâne. Stop. Joue trop fort ce con. Stop.

Ai vraiment mal aux cheveux. Stop. Peux pas raconter histoire avec vraies phrases, articles définis, pronoms personnels, compléments circonstanciels. Stop.
(Déjà mis trois plombes à écrire 3 lignes du dessus... fais que mettre lettres en désordre, dois effacer, ré-écrire, re-effacer, re-ré-écrire... Stop.)
Pourtant, plein de trucs à dire. Stop. Mais aujourd'hui pas équipée pour. Stop. Prochaine fois. Stop. Promis. Stop. Mais s'ra pas demain. Stop. Encore grosse fête ce soir. Stop.
Pourquoi gens font grosses fêtes même semaine ? Stop. Vie cruelle. Stop. Besoin électrochoc. Stop. Ai trouvé ! Stop.

Mieux que café. Stop. Wasabi ! Stop.

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Tarte électrochoc fraises-wasabi pour lendemains imbibés
Pour une vingtaine de mini-mini tartelettes

  • 1 pâte sablée (faite comme ça ou du commerce, ça ira bien)
  • 3 jaunes d'oeufs
  • 30 cl de lait
  • 60 g de sucre
  • 30 g de maïzéna
  • 1 cuillère à soupe de wasabi (plus ou moins selon la force du wasabi, vous qui voyez)
  • 1 noisette de beurre demi-sel
  • une vingtaine de fraises

Préparer la crème au wasabi
Porter à ébullition le lait. Pendant ce temps, dans un saladier, blanchir les jaunes d'oeufs avec le sucre (ça veut dire fouetter en fait). Ajouter la maïzéna, fouetter à nouveau et incorporer le wasabi.
Verser le lait bouillant dans le saladier en fouettant, puis remettre la préparation dans la casserole, sur feu très doux. Mélanger sans cesse à la spatule en bois et stopper la cuisson lorsque la crème a épaissi (on peut voir le fond de la casserole lorsqu'on mélange).
Transvaser la crème dans un saladier, beurrer la surface et laisser refroidir.

A l'aide d'un emporte-pièce ou d'un petit verre, découper des cercles dans la pâte sablée étalée finement, en foncer des moules à mini-tartelettes, lester avec des haricots secs et faire cuire au four à 200°C pendant 7 minutes. Enlever le lest et prolonger la cuisson, 5 à 8 minutes (vérifier la coloration, dorée mais pas trop). Laisser refroidir.

Monter les tartelettes
Verser la crème pâtissière dans une poche à douille et garnir chacun des fonds de tartelettes préalablement cuits.
Couper les fraises en tranches fines (sans aller jusqu'à la base de la fraise pour faire un éventail comme moi) et déposer l'équivalent d'une fraise sur chaque tartelette. Garder au frais jusqu'au moment de servir.

Lorsque vous goûtez la crème pâtissière, dites-vous qu'elle doit bien piquer. Vraiment, faut qu'elle ait ce côté moutardée. Sinon, une fois qu'on le met entre la pâte sablée et la fraise, on ne sent rien et la recette n'a plus trop d'intérêt (ce qui est dommage car elle m'a permis de réconcilier pas mal de gens avec la crème pâtissière, justement).

Donc n'ayez pas peur, allez-y sur le wasabi (surtout si vous avez vraiment la gueule de bois et que vous avez besoin d'un bon anti-brouillard).

Posté par AureliePasLignac à 16:05 - Sucré sucré - Commentaires [28] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

09 avril 2008

Faire-part de naissance

Dites, ça existe des parents qui disent que leur nouveau-né est moche ?

Bon, j'ai bien connu un papa qui, découvrant sa fille à la maternité, ne pu cacher sa déception. Il trouvait qu'elle avait une tête de citron et que sur une petite fille, c'était pas vraiment joli. Mais hormis ce cas exceptionnel, je n'ai jamais vu des parents faire la tronche en voyant leur progéniture rougeaude et plissée pour la première fois, en 3D et en couleurs.

Pourtant, faut bien avouer que parfois, c'est à se demander s'ils n'ont pas des tranches de jambon devant les yeux. Non, parce qu'y a des bébés qui font franchement peur. Prenez le petit-fils de mes anciens voisins par exemple : pendant les 3 premiers mois de sa vie, il m'a foutu les jetons avec ses faux airs de Chucky.

Note aux parents : quand les personnes de votre entourage ne peuvent rien dire d'autre que Ooooh ! Mon Dieu qu'il est grand ! (ça marche aussi avec Ooooh ! Mon Dieu qu'il a de belles oreilles/mains/phalanges ! et autres grands pieds ou longs cils) c'est révélateur. Oui, votre enfant est moche, il faudra vous y résoudre et espérer que l'âge jouera en sa faveur.

J'adore les enfants, hein, c'est pas ça la question.

Alors bon, on peut trouver des circonstances atténuantes à la maman qui a durement poussé pendant des heures, et qui est sans aucun doute aveuglée par la douleur. Elle est tellement contente d'être enfin arrivée au bout de l'épreuve qu'elle s'extasierait pour un rien la pauvrette. Présentez-lui une tête de veau avec du persil dans les naseaux à la place de son enfant, elle trouverait sans nul doute qu'il est beau comme son père, si, si regarde il a tes yeux chéri.

Le papa, lui, c'est sans doute une grosse mauviette qui réalise que sa femme est sacrément forte, bien plus forte que ce qu'il a toujours pu imaginer. Et vu la violence avec laquelle elle lui arraché le bras puis une touffe de cheveux tout à l'heure en poussant, il se méfie. Vaudrait ptêt mieux pas la contrarier, elle pourrait lui mettre un pêchon. Oh oui ma choutte, il est beau notre fils ! Et toi tu es incroyablement merveilleuse. Et belle aussi. Mais si, même après 12 heures de travail. T'as jamais été aussi belle.

C'est un peu ce qui s'est passé chez nous hier. Des mois de patience, des heures et des heures d'efforts et de travail, et j'ai enfin reçu mon bébé. Aveuglée par un taux de glycémie dangereusement au-dessus des normales (cf plus bas pour comprendre), je n'ai pu que l'admirer. Sous tous les angles. Je le trouvais beau de face, beau de dos, beau de profil. Vu d'en dessous, vu du dessus, non vraiment rien à dire, il est ma-G-nifique ! Et Paulo - se remémorant sans doute les mois de terreur qu'il a traversé non sans mal pendant la conception - d'abonder dans mon sens Oh oui il est tellement beau ce bébé, bravo ma carotte râpée, tu es formidable.

Voici le faire-part de naissance :

Bonjour, je m'appelle Divin Caramel et j'ai pointé le bout de mon nez le 1er avril 2008. Je pèse quelques bons kilos de sucre et je me porte comme un charme de la 1ère à la 52ème recette. Mes parents Aurélie, Paulo (testeur officiel n°1) et les éditions Dormonval sont très heureux de ma venue au monde...

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Divin Caramel - Edition Dormonval

Ah ça, je vous préviens, ce livre est 100% caramel, à ne mettre dans les mains que de gourmands avertis. Pas 1 gramme d'édulcorant ! Pas un trait de Splenda ! Que du bon sucre ! La preuve en recette (allez, au hasard, plouf plouf, page 68) :

La crème caramel à l'autocuiseur
pour 6 personnes

  • 200 g de sucre
  • 75 cl de lait
  • 4 oeufs
  • le zeste d'1 orange non traitée

Préparer le caramel : verser 100g de sucre dans une petite casserole et porter sur feu moyen. Quand il commence à colorer, remuer pour uniformiser la cuisson. Lorsqu'il est ambré, ajouter 2 cuillères à soupe d'eau et remuer sur feu vif jusqu'à dissolution. Répartir ce caramel au fond de 6 ramequins.

Brosser l'orange et prélever le zeste. Le mettre dans une casserole avec le lait et porter le tout à ébullition.
Pendant de temps, fouetter les oeufs avec le sucre restant jusqu'à ce que le mélange blanchisse. Lorsque le lait bout, le verser à travers une passoire fine sur le mélange oeufs-sucre et fouetter vivement.

Répartir la préparation dans les ramequins et les déposer dans un autocuiseur. Compter 20 minutes de cuisson à partir du sifflement de la soupape. Laisser refroidir avant de démouler ou d'attaquer à même le ramequin.

******

Bref, 52 recettes, des grands classiques ou des plus originales, mais toujours "divinement caramel". Moi j'dis, ça vous fait une recette par semaine pendant un an...

Il est bôôô mon fiiiiils, hein ?!

Posté par AureliePasLignac à 18:01 - Sucré sucré - Commentaires [66] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

31 mars 2008

La nuit des héros

Je me suis beaucoup documentée sur le sujet, sait-on jamais, pour savoir quoi faire dans ces moments-là. Adopter immédiatement la bonne attitude, les bons gestes, car chaque seconde est comptée. Lecture quotidienne des faits divers, briefing régulier de la part de mes potes pompiers... non vraiment, je n'étais pas très inquiète : le jour où, je saurais quoi faire et surtout je saurais rester calme. Attends, déjà que je suis une nana posée et réfléchie en temps normal, alors c'est pas dans ces moments-là que je vais commencer à paniquer ! Bah, je le sais, je l'ai lu, faut surtout pas paniquer, c'est la dernière chose à faire, malheureux !

Et puis, un beau jour ou plutôt une nuit près d'un lac je m'étais endormie, le fait divers est arrivé. Dans ma rue.

Mais là, allez savoir ce qui s'est passé dans mon petit cerveau, la case "choses à faire/à ne pas faire quand y a le feu dans ta rue, sur le trottoir d'en face tandis que tu ne cours aucun risque habitant au 4ème étage et le vent venant de la gauche jouant en ta faveur" a dû s'autodétruire au son de la première explosion de voiture.

Ainsi, j'ai légèrement - je dis bien légèrement - paniqué. Oh pas grand chose, je ne suis pas totalement hystérique non plus ! Mais il est possible que d'une voix proche de celle d'un castrat en pleine vocalise, j'ai lancé à Paulo un paisible "oh mon dieu, on va tous mourir aaaaaaaaaaah", le tout tremblant de la tête aux pieds et pas franchement loin de tourner de l'oeil.

Suivant le conseil du gentil pompier au bout du fil, j'ai fermé toutes les fenêtres pour ne pas laisser entrer la vilaine fumée dans notre appart. Bon, c'est pas que j'ai voulu mettre en doute ce professionnel avisé, mais j'ai décidé de mettre en plus un linge devant mes voies respiratoires et celles de Paulo, sait-on jamais. Comme, malgré tout, ça commençait à sentir la fumée chez nous, j'ai aussi ouvert la porte d'entrée afin de faire sortir l'air vicié, sait-on jamais, et mis mes chaussures au cas où il faille quitter les lieux précipitamment. Sait-on jamais, j'ai saisi mon sac à main, c'est déjà ça et tant pis pour le reste, on n'a pas le temps de tout sauver dans ces cas-là.

Lorsqu'au bout d'1 heure l'incendie fut enfin maîtrisé, les 7 voitures, les 2 scooters et mon resto-japonais-d'en-bas-que-j'aimais-tant bien éteints, j'aurais pu me coucher sereine. Cela dit, et toutes proportions gardées bien sûr, je trouvais que ça sentait beaucoup trop la fumée dans ce %$*f%g#@& d'appart que décidément le proprio pourrait nous mettre du double voire triple vitrage hein ce serait la moindre des choses dans un quartier à risques comme le nôtre dis donc et j'ai alors préféré ne jamais m'endormir. Oh, je le sais, je l'ai lu, c'est un coup à jamais se réveiller ça, "hein Paulo ? Tu crois pas ? Si on enferme toute cette fumée dans l'appart, l'air ne va jamais se renouveler et au milieu de la nuit, on va manquer d'oxygène ! Hein ? Pas vrai Paulo ? Pauloooo ?"

Endormi comme un bienheureux après toutes ces émotions, Paulo n'était visiblement pas convaincu par ma théorie de l'asphyxie. Le fou ! L'inconscient ! Je passai alors le reste de la nuit à surveiller la régularité de sa respiration, la tête sur son torse pour écouter les battements de son coeur, le téléphone bien serré dans la main, prête à appeler une ambulance. Sait-on jamais. Sensée, rationnelle, lucide, quoi !

Le lendemain matin, nous étions tous deux en vie, entiers et en bonne santé. Pour fêter ce miracle que Lourdes nous envie, j'ai rassemblé mes esprits, toutes mes forces et mes fonds de placard... il fallait bien ça !

semoule_framboise2

Semoule héroïque au lait concentré et à la framboise
Pour 2 personnes

  • 10 cl de lait concentré sucré
  • 20 cl d'eau frémissante
  • 50 g de semoule fine
  • 10-12 framboises

Mélanger le lait concentré et l'eau frémissante de façon à obtenir du lait bien sucré. Verser ce lait "reconstitué" dans une petite casserole et porter à ébullition. Verser la semoule en pluie, baisser le feu au minimum et laisser cuire quelques minutes en remuant constamment pour ne pas que cela attache. Au bout de 4-5 minutes, normalement, la semoule a bien épaissi (on voit le fond de la casserole). Hors du feu, incorporer les framboises, mélanger et verser dans 2 coupelles.

Laisser refroidir, ou pas. Manger tel quel, ou parsemé de copeaux de chocolat noir. Ou blanc.

semoule_framboise

PS : Je voulais juste vous rassurer, René tout va bien. Abcès soigné, dents de sagesse arrachées, gencives cicatrisées, joue dégonflée, moral retrouvé (enfin, ça ira encore mieux quand on aura soigné les brûlures de mon resto japonais d'en bas que j'aimais tant).

Posté par AureliePasLignac à 12:26 - Sucré sucré - Commentaires [14] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

08 mars 2008

Rien à dire ?

Bah oui, qui l'eût cru ? Qui aurait osé parier sur le fait qu'une telle chose puisse un jour m'arriver ? Et pourtant, aussi surprenant soit-il, le cruel constat m'apparaît ce jour telle une évidence : j'ai rien à dire.

J'en parlais récemment avec une blogueuse, durement touchée par la panne-sèchitude aigue et le tarissage inspirationnel soudain. J'avais beau compatir sincèrement à sa douleur, je ne pouvais m'empêcher de ricaner intérieurement "c'est pas près d'm'arriver, ah ça non, dis donc, pour sûr !".

Faut avouer, je parle beaucoup. Pas toujours pasque je sais me retenir, je suis polie et bien élevée merci maman. Mais je parle beaucoup. Même quand je suis seule. Preuve en est que le mur de la cuisine se laisse périr doucement en se fissurant chaque jour un peu plus. Et hier, le mur de la salle-de-bain m'a menacé d'en faire autant. M'en fout, z'avaient qu'à pas avoir d'oreilles ces cons-là.

Pour peu que je sois détendue et entourée de gens que j'aime bien, je peux bavasser non-stop des heures durant. Même pas besoin d'interlocuteurs actifs puisque je suis autonome et, sans modestie aucune, je dois bien admettre que j'excelle dans l'art du question-réponse. Paulo l'a bien compris et a opté pour la technique hochement de tête de base pour ainsi économiser sa salive en vue d'une meilleure digestion... considérant le fait qu'il est mon cobaye number 1 et goûte tous mes plats, gageons que son choix est judicieux.

Pour peu que je sois stressée, je me mets à parler encore davantage. Surtout ne pas laisser de blanc, cet horrible blanc qui me donnerait l'occasion de penser à l'angoisse qui m'étreint et à l'envie d'être ailleurs qui m'anime. Cet horrible blanc qui surtout m'offrirait le loisir de réfléchir à quelque chose d'intelligent à dire. ce serait dommage, on perdrait toute spontanéité, pas vrai ?

Typiquement, j'ai souvenir de l'épreuve du permis de conduire. Pendant les premières minutes, tandis que le premier candidat se débattait avec les pédales, pas un bruit dans la voiture. Seuls quelques prenez à droite et garez-vous en épi de l'inspectrice, et les hurlements le ronronnement du moteur et le craquage de la boîte de vitesse venaient interrompre le silence qui écrasait le véhicule. Il ne fallut pas long pour que j'ouvre la bouche. Blablabla bla blabla blabla bla (je vous retranscris le monologue de mémoire, excusez l'imprécision mais le temps a passé depuis lors). Alors oui, je le concède, j'ai gavé tout le monde, à commencer par l'inspectrice qui me faisait gentiment comprendre que ça ferait plaisir à tout le monde si je voulais bien consentir à fermer le temps de l'épreuve ma grande gueule. Mais moi, ça m'a détendu.
(Nota : pour ceux qui restent suspendus à mes lignes se demandant "alors ce permis ? l'a eu, l'a pas eu ?" je vous rassure "l'a eu". Comme quoi j'étais bien détendue... et l'inspectrice pas rancunière)

Alors autant vous dire que jamais ô grand jamais je n'ai un jour imaginé que je resterais là, face à ma page, sans rien avoir à écrire.
Oh, je ne suis pas en train d'avancer que les posts que je vous ponds régulièrement sont tous d'un intérêt notable, mais ils au moins le mérite de couler tout seul, d'une traite, un peu comme la vodka au fond de mon gosier en fin d'une soirée entre amis.

Bah, voyons le bon côté des choses, le verre à moitié plein : si je n'ai rien à dire, c'est que tout va bien.
Bon, j'ai bien ce fichu problème de chaussette droite qui glisse au fond de la chaussure quand je marche (ce qui m'inquiète d'autant plus que la chaussette gauche reste, elle, toujours bien en place) mais je ne voudrais pas vous embêter avec ça. Mais, une fois ce souci (de premier ordre et très handicapant au quotidien qui ralentit considérablement mon allure et provoque un chatouillis insupportable au niveau du dessous de mon pied (la plante ?)) mis à part, force est de constater qu'en ce moment, tout va bien.

Ainsi, comme mon père, grand sage parmi les grands sages, me l'a toujours si bien expliqué Tu sais, si t'as rien à dire, t'as le droit de la fermer, je saurais donc aujourd'hui me taire et je laisserais la parole à mes premières chouquettes.

chouquette

Chouquettes pipelettes pour prendre le relai quand on sait plus quoi dire
D'après la recette de Bulle, pro ès p'tits choux
Pour une vingtaine de choux

  • 12,5 cl d'eau
  • 50 g de beurre demi-sel
  • 1 bonne cuillère à soupe de sucre en poudre
  • 75 g de farine
  • 2 oeufs
  • sucre glace
  • sucre en grains

Chauffer l'eau, le sucre et le beurre en dés dans une petite casserole. Lorsque le sucre est dissous et le beurre fondu, porter à ébullition. Hors du feu, ajouter la farine d'un coup et remuer vigoureusement jusqu'à ce que toute la farine soit amalgamée et qu'une boule de pâte se forme. Remettre alors sur feu doux et dessécher la pâte pendant 2-3 minutes en remuant toujours.
Transférer la boule de pâte dans un saladier et incorporer un à un les oeufs entiers. Remuer très énergiquement entre chaque ajout pour rendre la pâte bien lisse. Verser la pâte dans une poche à douille et dresser des petites boules de pâte sur une plaque chemisée de papier sulfurisé. Bien espacer les tas car ils gonflent à la cuisson. Saupoudrer de sucre glace puis parsemer de grains de sucre.
Enfourner 15 minutes à 210°C puis baisser la température à 180°C et prolonger la cuisson de 10 à 15 minutes (selon les fours - se fier à la belle couleur dorée des choux). Eteindre le four, entr'ouvir la porte et y laisser les chouquettes sécher 10 minutes.

EDIT de 20h30 : Précision importante de Bulle-pro-du-chou herself : passer un coup de pinceau d'eau sur les chouquettes avant de les parsemer de sucre en grains. Sinon, ça tient pas (cf ma photo). Et c'est dommage (cf ma photo, bis).

******

Heureusement que j'avais rien à dire, hein ?

Posté par AureliePasLignac à 20:30 - Sucré sucré - Commentaires [17] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23 février 2008

Grande nouvelle !

Non, je ne vais pas me marier.
Non, je ne suis pas enceinte.
Non, je ne compte pas arrêter de boire (pourquoi faire si je ne suis pas enceinte ?).
Non, le yucca n'a pas ressuscité.
Non, le sale mioche blondinet du 2nd n'a pas appris à jouer d'autres morceaux de flûte que A vous dirais-je maman.
Non, je n'ai toujours pas décidé d'utiliser mon fer à repasser.
Non, Paulo n'a pas encore réussi à mettre à la poubelle l'immense carton qui contenait l'écran plat.

Non, non, non. Mieux que ça !

La grande nouvelle, c'est que j'ai enfin vaincu ma peur du grand méchant macaron.

On m'en avait raconté plein des histoires effrayantes où il était question de taux d'humidité, de superposition de plaques, de meringue italienne... Je savais bien que tout ça n'était que foutaise, qu'on racontait ça dans le seul but de filer les chocottes aux petites cuisinières mal équipées et maladroites, mais c'était plus fort que moi, j'avais les jetons.

Il aura donc fallu toute la douceur, la patience et la pédagogie d'une Mangue enrhumée pour me faire sauter le pas.
Un punsch, un esquimau aux haricots rouges (encore désolée Mingou...) et quelques heures plus tard, nous admirions émerveillées nos magnifiques macarons abricots-lavande, leurs belles collerettes, leur quasi perfection... et je réalisais que c'était pas si terrible en fait.

macaron_lavande2

Tu sais quoi p'tite Mangue ? Je vais en faire chez moi demain matin. Ouais, toute seule. Même pas peur !

Bon, en vrai, ça ne m'a pas pris une matinée mais presque une journée (le temps de rassembler toute mon artillerie de moules à cake, à manqué, plats à gratin & co pour pallier à mon cruel manque de plaques à pâtisserie), j'ai perdu pas mal de macarons dans la bataille (des brûlés, des craquelés, des indécollables), j'ai cru m'être défigurée à vie (mais finalement, en frottant fort, le colorant a quitté ma joue)... Oui mais j'ai vaincu, et pour une grande première, c'est loin d'être parfait mais c'est très prometteur. Tiens, je vais même m'auto-décerner le Macaron du meilleur espoir féminin.

macaron_mure4

Macarons à la mûre pour vaincre ses démons
(d'après la recette de Pure Gourmandise)

  • 125 g de poudre d'amande
  • 210 g de sucre glace
  • 3 blancs d'oeufs
  • 30 g de sucre en poudre
  • 1 pincée de sel
  • quelques gouttes de jus de citron
  • colorant en poudre violet
  • gelée ou confiture de mûre

Mixer la poudre d'amande et le sucre glace (perso, je ne l'ai pas fait, ceci expliquant les coques pas très lisses) puis tamiser l'ensemble au chinois.
Battre les blancs en neige. Lorsqu'ils commencent à prendre, ajouter le sucre en poudre et continuer de battre jusqu'à ce qu'ils soient bien fermes. Ajouter le colorant (une grosse pointe de couteau... peut-être trop grosse chez moi) et fouetter pour bien mélanger.
Ajouter peu à peu et délicatement les poudres tamisées aux blancs en neige à l'aide d'une maryse. On obtient une pâte lisse et brillante qui forme un ruban. Verser la pâte dans une poche à douille et dresser des petits tas de pâte (de la taille d'une noix) sur des plaques à pâtisserie recouvertes de papier sulfurisé.

macaron_mure6

Laisser croûter 1 heure. Préchauffer le four à 150°C. Faire cuire les macarons 12 à 15 minutes selon la taille. Au sortir du four, faire glisser le papier sulfurisé sur le plan de travail préalablement vaporisé à l'eau fraîche. Décoller délicatement les macarons et les laisser refroidir posés à l'envers avant de les fourrer de gelée de mûre.

macaron_mure5

Le plus délicat, me semble-t-il, c'est la cuisson.
Pour peu qu'on ne soit pas encore très intime avec son four, qu'on ne connaisse pas bien ses travers, on fait brûler la première fournée, on baisse le thermostat pour la seconde qui ne sera jamais assez cuite, on ne se décourage pas et on finit par trouver le temps de cuisson et la température idéals entre la 3ème et la 4ème fournées. Pour ma part, 25 minutes de cuisson : 15 minutes à 150°C, 10 minutes à 140°C.

Posté par AureliePasLignac à 20:08 - Sucré sucré - Commentaires [51] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 février 2008

Ces choses qui m'énervent

C'est pas parce qu'y a des jours où la vie m'est douce et agréable qu'y a pas des jours où je sors de mes gonds.

En cause, des évènements bien plus agaçants encore que lorsque le morveux du 2ème étage révise ses leçons de flûte en rentrant des cours. Bien plus agaçants encore que lorsque le bus bloqué dans ma rue par une voiture mal garée klaxonne pendant 5 minutes non-stop (et le klaxon du bus, c'est pas comme celui de la Twingo, ça ne fait pas penser à un Yorkshire qui tousse).
Non, ça ne sont que des petites broutilles à côté d'autres choses vraiment horripilantes.Typiquement, y a rien qui m'irrite plus que :

- les Prince qui ne s'ouvrent pas en deux pour que je puisse tranquillement manger d'abord le chocolat, puis les deux faces de biscuits. On le sent tout de suite s'ils vont s'ouvrir facilement ou se réduire en miettes sous la pression... et dans le second cas, je pète le câble et je fous tout à la poubelle.

- les nounours à la guimauve tout écrasés. Parce que là, même topo, je ne peux pas décoller le chocolat pour le manger avant la guimauve toute nue. Alors, c'est vrai, je ne le fais pas tout le temps, mais de savoir d'avance que je ne pourrais pas le faire, ça m'énerve profondément.

- les clémentines qui s'épluchent mal. L'écorce s'en va mais cette fichue peau blanche reste bien accrochée, elle. Et pour peu qu'on s'acharne avec son ongle, elle se décolle mais entraîne alors toute la membrane laissant notre clémentine à vif. Et comme on la tenait fermement pour décoller cette satanée peau blanche, qu'est-ce qu'il se passe ? Elle nous envoie une bonne grosse giclée acide dans l'oeil. Damned.

- les coins avec la flèche des paquets de jambon qui se décollent pas. C'est censé être là, dans ce coin avec la flèche, que se trouve l'ouverture facile. On soulève avec l'ongle, on tire d'un coup sec. Une fois sur deux, y a rien qui vient. On fait le tour du paquet, certainement qu'y a eu une erreur dans le collage et que le coin ouverture facile est l'un des 3 autres. Bah non. C'est aucun des 4. L'autre fois sur deux, ça se déchire n'importe comment et on passe trois plombes à retirer les 14 lambeaux de pellicule protectrice.

- les languettes des boîtes de conserve qui s'arrachent.
On se méfie pas, on la soulève, on commence à tirer et on se retrouve avec la languette au bout de l'index et la boîte de thon parfaitement fermée qui nous nargue insolemment. Alors oui, j'ai un ouvre-boîtes, mais je ne sais plus où. Et ça aussi, ça m'énerve.

Et quand dans une seule et même journée, ces évènements hautement agaçants se succèdent, une seule solution : manger le dernier cookie, si si, le dernier des meilleurs cookies du monde faits par la plus grande pipelette du monde. Des chewy cookies avec des noix de pécan et des grosses pépites de chocolat. Il en reste un, je l'avais précieusement gardé.

Ou plutôt, il en RESTAIT un. A sa place (bien caché, derrière le grille-pain), il n'y a plus que des miettes (que frénétiquement je lèche... même pas honte).

Calme Aurélie. Tout doux ! Inspire, expire, inspire, expire... réfléchis... Te reste deux options : 1/la dépression nerveuse 2/ la boulimie.
Je prends la deuxième, vous m'excusez ?

fondant_marron

Le fondant à la crème de marrons pour échapper in extremis à la dépression nerveuse
(recette empruntée à Elle A Table)

  • 500 g de crème de marrons
  • 125 g de beurre demi-sel
  • 4 oeufs
  • 2 cuillères à soupe de farine
  • 1 cuillère à soupe de rhum
  • quelques framboises

Fondre le beurre. Le mélanger dans un saladier à la crème de marrons (avant ça, s'abstenir de descendre la moitié du pot de crème à l'ouverture... sinon, ça va fausser toutes les proportions, méfiez-vous). Ajouter les jaunes d'oeufs, la farine et le rhum. Bien mélanger.
Monter les blancs en neige et les incorporer délicatement à la préparation. Verser dans moule de 20 cm de diamètre ou dans un grand moule à cake, beurré et fariné, enfoncer quelques framboises dans la pâte et enfourner pour 45 minutes à 180°C.

fondant_marron3

Crème de marrons et framboises, ça fonctionne très bien. La prochaine fois, j'essaie d'en mettre quelques-unes à l'intérieur. Si vous le faites avant moi, tenez-moi au courant, d'avance merci !

Posté par AureliePasLignac à 09:25 - Sucré sucré - Commentaires [28] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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