La théorie qui expliquait tout
"akjghoùt perkyùknjzù' tozo njq ghep"
J'en suis convaincue aujourd'hui : ce sont ce genre de sons qui s'échappent de ma bouche quand je crois parler.
Non parce qu'alors, si l'on considère cette théorie comme valable, cela explique tout et me rassure au plus haut point.
Car c'est vrai, jusque là, je me bornais à croire que les mots que j'entendais résonner dans ma tête étaient les mêmes que ceux que percevaient mon entourage proche et moins proche. Or, cela ne peut être que totalement, mais alors totalement faux.
Voilà pourquoi, lorsque face à l'incompréhension générale, je me mettais à parler plus fort - mais écoutez moi bon sang de **** en bois, vous ne m'entendez donc pas vous expliquer ce que je pense et ressens ? - voire même, non sans une certaine grâce - que je dois sans nul doute aux 75 % de sang italien qui coule dans mes veines - à agiter les bras dans une ultime tentative désespérée de recherche d'attention (ou de mime, dépend du contexte)... oui, on ne sait jamais, la personne à l'autre bout du fil me comprendra-t-elle mieux quand j'aurais levé la main au-dessus de ma tête et que je la secouerais furieusement dans un spasme de colère ? Non ? Ah... on me comprenais toujours aussi peu.
D'où ma théorie du "je parle un langage inintelligible pour le commun des mortels, un langage que seuls quelques initiés parviennent à décoder". Comme je suis dotée d'un esprit indéniablement scientifique (si, si, j'adorais les équations et les fonctions au lycée, et aussi la physique-chimie et puis les dissections de drosophiles, un peu moins celles de sardines mais bon... ah ? Tout le monde s'en fout ?! Et que j'étais une grande fan des Worlds Apart, tout le monde s'en fout aussi ? Ah ben décidément...), je vais vous faire une démonstration. Elle réside en trois points.
Point n°1
Quand je réponds à une question, mon interlocuteur répète celle-ci systématiquement, et ce à 3 ou 4 reprises, malgré la réponse donnée plus tôt.
Exemple
"Tu vas rentrer à quelle heure ce soir ?
- Beuh, j'en sais rien moi, m'man ! A 6 ou 7h du mat' ch'pense...
- Quoa ? Tu vas rentrer à quelle heure ce soir ?" X 3
Point n°2
Quand je donne des informations, le message ne passe jamais. Immanquablement, on se retrouve dans une situation de crise car figurez-vous que je n'avais rien dit, dites donc !
Exemple
"Demain soir, je vais manger avec les filles...
- Humpf"
Le lendemain soir : "Eh oh ?! Tu vas où là ?
- Ben, je vais manger avec les filles pardi !
- Ah ? Ben t'aurais pu prévenir quand même ! Moi qui avais annulé mes plans pour rester avec toi..."
Point n°3
Quand j'exprime un souhait (1) ou demande un service, une faveur (2), la suite des évènements n'en tient jamais compte, le résultat final est toujours à mille lieues de celui que j'osais espérer.
Exemple (1)
"[...] Et surtout pas de frange, ça ne me va pas du tout.
- Je vais vous faire une petite frange, c'est très à la mode et ça vous ira super !
- Euh... beuh... non... c'est que... ça ne me va p... bon ben, ou alors une longue mèche de côté puisque vous insistez. Mais suffisamment longue pour que je la glisse derrière l'oreille hein ?!"
Clac Clac Clac "Voilà ! Alors cette mèche, je l'ai faite bien courte pour qu'elle reste en place sur le front... non parce que la plupart du temps, si elle est un peu plus longue, elle finit toujours derrière l'oreille !"
Exemple bis (2)
"Oui, bonjour mesdames. J'attends depuis 15 minutes en face de vous. Je suis le numéro 354 et je viens pour un renouvellement de carte d'identité. Non pas que vos vies soient sans intérêt aucun pour nous autres administrés, bien au contraire - d'ailleurs, à votre place, je lui aurais tapé un scandale à l'instit'... dire que votre fils est lent, mais pour qui se prend-t-elle ?! - néanmoins, je pense que l'une de vous deux pourrait s'occuper de mon cas afin de désengorger quelque peu cette salle d'attente remplie au maximum, voire légèrement au-dessus de ses capacités."
Sourire indéterminé "Donc, je disais... tu te rends compte ? Me rater à ce point ? Les cheveux verts, je te jureuh ! Même que j'avais l'impression qu'un perroquet m'avait fait caca sur la têteuh !
- Rhalala, j'te comprends ma pauvre ! Tiens, ça m'rappelle la fois où ils avaient oublié Mme Courte 4 heures sous l'casque... Elle a dû attendre 8 mois avant que ses cheveux repoussent enfin... et encore faut voir, elle a gardé des séquelles la pauvrette !"
Vérification de la théorie
Reprenez les trois points ci-dessus et remplacez les phrases en vert par celle qui suit :
"akjghoùt perkyùknjzù' tozo njq ghep"
CQFD
Consciente désormais de mon handicap pour le moins handicapant en société, je tâche de me faire comprendre autrement. Pour exemple, si je veux dire "pff et re pff ! Je sais pas quoi faire à manger, il reste que des trucs que t'aime pas des masses dans le frigo (et j'ai même un doute sur l'état de santé de ces 3 pauvres tranches de bacon)", nul besoin de me fatiguer à formuler tout cela à l'oral. Il me suffit de mettre les mains à la pâte en silence !
La pizza de fond de frigo qui parlait pour moi
Pour la pâte
- 250 g de farine
- 1 sachet de levure de boulanger
- 1 cuillère à café rase de sel
- 3 cuillère à soupe de basilic ciselé
- 2 cuillères à soupe de parmesan râpé
- 3 cuillères à soupe d'huile d'olive
- 130 à 150 ml d'eau tiède
Pour la garniture
Ce qui traîne dans le frigo (ici, tomates fraîches ramollos, tranches de fromage à croque-monsieur, roquefort, bacon fatigué, parmesan râpé, huile d'olive et basilic ciselé)
Dans un grand saladier, verser la farine, le sel, le parmesan et le basilic. Mélanger à la cuillère en bois, ajouter le sachet de levure et verser peu à peu l'eau tiède. Mélanger quelques minutes, toujours avec la spatule puis verser l'huile et pétrir la pâte au moins 5 minutes. Elle doit se décoller des parois du saladier et former une belle boule bien lisse. Si ce n'est pas le cas, continuer de pétrir, éventuellement ajouter un chouia plus d'eau si elle est trop sèche ou un chouia plus de farine si, à l'inverse, elle colle aux doigts. Former une boule, recouvrir le saladier d'un torchon et laisser lever.
Au bout de 45 minutes à 1h, la pâte a doublé de volume. La retirer du saladier, la déposer sur le plan de travail fariné et la pétrir quelques minutes. Étaler la pâte finement ou pas (au goût. Chez moi la pâte, elle sera toujours épaisse parce que je la préfère ainsi... et que je n'ai toujours pas de rouleau à pâtisserie), la garnir et la mettre au four à 210°C pendant 15 minutes environ (la pâte doit être dorée et les fromages doivent buller).
Cheesecake salé pour plateau télé
Lorsque nous nous sommes installés ensemble, Paulo et moi, nous avions, au début, du mal à nous voir. Tous deux très indépendants avant cela (surtout moi !), nous avions une fâcheuse tendance à sortir l'un sans l'autre, à dîner chez des amis, à prendre un verre avec des collègues, etc, pour nous retrouver seulement très tard le soir... si tard que nous nous endormions presque aussitôt...
De toute évidence, la situation ne pouvait s'éterniser, il nous fallait nous ménager des moments pour nous, des moments de couple. Après analyse de nos emplois du temps respectifs, nous sommes tombés d'accord sur le mercredi soir (depuis, nous en avons trouvé d'autres, je vous rassure !). Et, à l'époque, le premier mercredi que nous passions en mode cocooning, c'était un soir de Nouvelle Star.
Oui, j'en entends déjà qui ricanent... même pas honte ! Paulo et moi, on aime bien. Pourquoi ? Parce qu'en tant que fille qui se respecte, j'ai la critique facile - un peu trop me disait ma mère quand, lorsque j'étais enfant, nous regardions en famille Miss France (n'empêche Maman, ça te faisait bien marrer que je leur taille un costume, hein ?!) - et parce que ça, Paulo, ça le fait bien rigoler. Il aime ce petit côté langue de p... euh, langue de pas gentille que je peux avoir dans ces moments là.
Du coup, la Nouvelle Star,
c'est notre rituel. On sait que le mercredi soir, on va rester tous les
deux à la maison. Donc, de mon côté, je prépare un grand apéro
dînatoire, tandis que lui ouvre la bouteille de rouge et checke rapido les résultats
du PSG sur L'Equipe.fr... euh ? je crois que je me fais avoir niveau
répartition des tâches, non ?!
Ce soir, c'était le grand retour de cette émission hautement intellectuelle. Je
vous épargnerais les compte-rendu d'émissions, on n'est pas là pour ça.
Par contre, je vous raconterais bien ce petit cheesecake salé autour
duquel s'est articulé notre repas. Un petit délice qui m'a en plus
permis de recycler une fournée de sablés au comté ratés (par ma faute,
c'est sûr) et une crème de chou-fleur qui sortait par les trous de nez de Paulo.
Cheesecake tout doux ricotta et chou-fleur, fleurs de pancetta
- une vingtaine de sablés salés au fromage (suivre la recette de Manue qu'elle a empruntée à Pascale... ou autres)
- 50 g de beurre
- 250 g de ricotta
- 2 oeufs
- 50 à 80 g de parmesan râpé (au goût)
- 200 g de purée de chou-fleur environ
- 4-5 tranches de pancetta
- basilic
- sel, poivre
Préparer la "croûte" du cheesecake :
Émietter les sablés. Faire
fondre le beurre dans une casserole et y mélanger les miettes de
sablés. Verser le tout au fond d'un moule à manqué, à charnières de
préférence, bien tasser et réserver au frais le temps de préparer la
garniture.
Préparer la garniture :
Écraser la ricotta à la fourchette.
Ajouter la purée de chou-fleur (chou-fleur cuit à l'eau et mixé avec du
lait ou de la crème jusqu'à l'obtention d'une purée veloutée). Ajouter
les oeufs, puis le parmesan et enfin le basilic.
Verser cette
préparation dans le moule. Déposer les tranches de pancetta
(harmonieusement s'il vous plaît) sur le dessus et mettre à cuire dans
un four préchauffé à 180°C pendant environ 30 minutes.
Laisser refroidir avant de démouler. Tout simplement accompagné d'une salade de roquette-vinaigre balsamique-huile d'olive-pignons grillés, ce cheesecake est si bon qu'il a disparu avant la première coupure pub...
"Hein ? Y avait ta fichue purée de chou-fleur dedans ? Tsss, espèce de fourbe..."
Je vous ai apporté des tartelettes parce que les fleurs c'est périssable
Parce que la tarte tomate-mozza est une recette que je dois faire à peu près 52 fois par an et que ça fait du bien de relooker un peu ses classiques,
Parce que les fleurs sont encore une fois au rendez-vous des collections Haute Couture printemps-été, notamment chez Christian Dior (John, excuse moi de ne pas être venue au défilé, je n'avais pas la tête à ça... c'est ce film, toute cette pression...),
Parce qu'il n'est pas indispensable de faire la queue chez le fleuriste ou de se fendre le porte-monnaie pour faire une jolie déclaration (tsss, quelle idiote, j'aurais dû les faire demain !)
Pour toutes ces raisons, j'ai préparé ceci :
Fleurs de mozzarella, cerises, pesto
Pour 4 tartelettes
- 1 rouleau de pâte feuilletée pure beurre
- 200 g de tomates cerises
- 1 boule de mozzarella (125 g)
- 2 cuillères à soupe de pesto
- huile d'olive
- basilic
- sel, poivre
Préparer les ingrédients de la garniture :
Couper les tomates cerises en deux. Râper la mozzarella.
Réaliser les fleurs :
J'avais
préparé des pochoirs dans du carton et qui m'ont permis de couper les
formes dans la pâte feuilletée. Préparer 4 fleurs. Dans les chutes de
pâte, couper, toujours à l'aide des pochoirs, des bordures. On obtient
en quelque sorte, une bande de pétales d'1 cm environ de large qui, une
fois superposée à la fleur, fait office de bordure. Je sens que je ne
suis pas claire, voyez plutôt :
Etaler 1/2 cuillère à soupe de pesto au centre de chaque fleur (sans dépasser sur la bordure) puis déposer une première couche de mozza râpée. Disposer les demi-tomates cerises harmonieusement puis finir en les recouvrant de mozza râpée (attention à ce qu'elle ne glisse pas sur les bords de la pâte, ce qui l'empêcherait de gonfler à la cuisson).
Verser un filet d'huile d'olive sur chaque fleur, saler, poivrer et parsemer de basilic ciselé. Mettre au four (180°C) pendant environ 20 minutes.
Accompagnement : ces tartelettes sont parfaites avec une petite salade de roquette (ou de riquette, encore plus poivrée) assaisonnée d'huile d'olive et vinaigre balsamique. Je les aurais bien parsemées de pignons grillés mais je n'en avais pas sous la main...















