Set de table

05 septembre 2009

Cerveaux basse consommation

A l’occasion de la rentrée, il y a quelques jours, on s’est remis à en parler. Toujours au top de la tendance, telle une Kate Moss de la plume (sans la poudre), je vais être la première à oser l’arborer : l’orthographe simplifiée.

(Bernard P., j'ai tant oeuvré pour passer sous le seuil des 10 fautes à tes dictées que ça me ferait mal que tu lises ce qui suit... si d'aventure tu passais par là, pars sans te retourner, pars immédiatement, je t'en prie !)

L’ortografe simplifiée, quelle belle idée ! Fini les triturages de cerveau, "apelle" ça prend un "p" ou deux ? Come tu veux ! Tu mets un "p", tu mets deus "p", tu fais come ça t’arange et surtout, surtout, t’évites de réfléchir pour garder toutes tes capacités intelectuelles intactes .

Alors j’entends déjà les réacs s’insurger "Mais euh ! C’est n’importe quoi ! Ce n’est plus du français !". M’enfin rendez-vous compte vieus rétrogrades ! L’ortografe simplifiée c’est une question de survie de l’espèce ! Oui, car si à ce jour on a bien intégré le problème du réchaufement climatique, on dirait qu’en revanche on n’a toujours pas pris concience de la menace sévère qui plane juste au dessus de nos têtes : le réchaufement neuronal. Or, si on considère que les neurones de l’umain fondent à la même alure que la banquise en Antartique, inutile de vous dépindre le cao qui règnera sur la planète d’ici 2050. Les cientifiques tirent la sonette d'alarme !

Insi, pour luter contre ce fénomène autement inquiétant, pas 36 solutions : l’économie cérébrale. Qui passe avant tout par une refonte de notre langue, manifique certes, mais trop complexe.

Par conséquent, come on a un jour abandoné le vieus français, il va nous faloir aujourdui accepter de tirer un trait sur notre bone vieille ortografe. Il en va de la survie de l’umanité.

Ah et au fait les ceptiques - ou devrais-je plutôt dire les iresponsables égoïstes - ne me parlez pas d’étimologie ! Quoi l’étimologie ? Bon c’est sûr, nos decendants auront du mal à savoir qu’ipocampe, ça vient du grec hippo, et risquent de croire qu’un filosofe, c’est le tipe qui est chargé d’enrouler le fil à coudre sur les bobines… Mais sérieus les gas, mais on s’en bat les pieds ! L’umanité est en danger on vous dit ! Et puis de toute façon, ça fait belle lurette que persone ne s’intéresse plus à l’étimologie. Non mais vous avez déjà vu, vous, une pub qui dit "Pour conaître l’origine d’un mot, tape ETIMO au 8 16 16" ? Vraiment, on a d’autres chats à foueter ! Et d’ailleurs, y a pas d’aplication étimologie sur l’Iphone, si c’est pas révélateur, ça !

Donc, en ce qui me concerne, j’ai décidé de prendre part au combat et de réaliser à mon échelle des économies cérébrales. J’ai un tas d’idées pour aler encore plus loin car il serait domage de s’arêter en si bon chemin. Déjà, j’vois pas trop pourquoi on parle pas tous la même langue dans le monde. Regarde, la monnaie unique coment ça nous a facilité l’Europe. Alors on pourrait parler une seule et unique langue partout dans le monde (et tant qu’à faire le français), hein ? T’imagines l’énergie mentale économisée ne serait-ce que sur une semaine de cour d’un licéen-tipe : tu vires 3 eures de première langue et 2 eures de seconde langue, ça fait 5 précieuses eures par semaine pendant lesquelles les neurones de l'ado ne sont pas soumis à la surchaufe. Et si tu penses bien à étindre complètement le cerveau - car le cerveau en veille continue à chaufer - en le colant par exemple devant Secret Story, tu prolonges l'espérance de vie de ses celules grises de 3 jours. C’est prouvé.

Et puis on pense à l'économie cérébrale mais, y sont-y pas un peu érintés nos jeunes de porter leurs imenses cartables ? Anticipons un éventuel réchaufement musculo-articulaire et pensons d'ores et déjà économie fisique ! Moi j'vois bien des chaises de bureau à moteur (qui fonctionneraient à l'énergie renouvelable bien entendu, soyons coérents) pour se déplacer dans l'apart sans efort, et avec sistème de bascule progressive permetant de passer en station debout sans soliciter les articulations, notament les genous. Z'ont les genous fragiles nos ptiots. Et aussi des semelles de chaussures en tapis d'escalator.

'Fin bon, tout ça pour dire : protégeons nos futures générations, simplifions !

nem_coriandre

Nems surimi-coriandre simplifiés, sauce pimentée simplifiée pour cerveaus surchaufés
Pour 4 persones

  • 12 bâtons de surimi
  • 6 feuilles de brick
  • 1 bouquet de coriandre fraîche
  • ketchup
  • sauce soja
  • purée de piment

Couper les feuilles de brick en deus. Replier chaque moitié de feuille dans la largeur de façon à obtenir une longue bande. Poser quelques feuilles de coriandre en bas de la bande. Déposer un bâton de surimi sur la coriandre et rouler en nem.
Faire cuire 10-15 minutes au four à 200°C, le temps que les nems soient bien dorés.
Pendant ce temps, préparer la sauce. Mélanger dans un bol 3 mesures de ketchup pour 1 mesure de sauce soja, ajouter une petite ou une grosse pointe de purée de piment, selon les goûts.
Tremper les nems tiédis dans la sauce et déguster en feuilletant avec nostalgie votre vieus Robert.

********

JiBs, je n'avais plus d'excuses crédibles en stock alors voilà, fini la glandouille ;) Ah et au passage, bon anniv !

Posté par AureliePasLignac à 22:34 - - Commentaires [24] - Permalien [#]


07 juillet 2009

King of plop

J'allais vous raconter mes pré-vacances (oui, je suis une garce me direz-vous sans doute, je me fais toujours des pré-vacances avant les vacances... parfois je m'octroie même des after-vacances, oui, insultez-moi allez-y je vous en prie) mais aujourd'hui ce serait indécent.

Non sérieux, comment peut-on raconter le soleil, la vie douce et les maillots de bains un chouia trop petits parce qu'on a une fois encore été trop optimiste lors de l'achat, alors que l'heure est au recueillement et à la tristesse ? Vous rendez-vous compte un peu dites donc qu'une lumière s'est éteinte ? Hein ? Vous voyez bien, malheureux, qu'il fait tout noir d'un coup et qu'on se cogne contre les murs, aïe !, parce qu'on n'y voit plus guère ? The King is dead, DEAD, DEAAAAAAD vous entendez ? Et je veux lui rendre hommage.

Parce que le pire dans cette histoire, c'est que cette affligeante nouvelle est éclipsée par un évènement à l'ampleur aussi démesurée que le succès qui touche allez savoir pourquoi le brave Douglas Kennedy : l'hommage à Bambi. Alors là, moi je m'insurge ! Bon, revenez quelques années en arrière. Vous l'avez bien dévissé le Michael, tout soupçonné de jouer à touche-pipi avec des enfants qu'il était. Oh si vous l'avez conspué, je le sais, d'ailleurs moi aussi je l'ai fait. Et puis cette tête de Morticia anorexique, hein ? Ca aussi vous l'avez vivement critiqué. Oh, n'essayez pas de nier, je vous ai entendu, si si.

Et aujourd'hui, tout ça parce que monsieur Michael Jackson décide subitement sans prévenir de s'en aller siffler là-haut sur la colline - non parce que sans polémiquer nullement, il avait pas grand chose de mieux à faire vu son état/sa réputation/sa créativité en plein déclin - on oublie tout, c'était un génie, on gémit, on pleure, pourquoi si tôt, pourquoi déjà, on se roule par terre en criant à l'injustice. Mais fichons-lui la paix bon sang et occupons-nous du vrai évènement qui nous touche bien plus durement : Bulle n'est plus.

On avait déjà perdu de façon moins formelle notre omelette baveuse, et voilà qu'on perd tout à coup la bulle. Le gang des morues que nous formions, fières comme des morues, vient de se faire amputer des jambes... le bon côté des choses c'est qu'on pourra désormais se garer sur les places handicapées.

Bullette et Omelette, je vous dédie ces quelques biscottis - dont la recette a été honteusement pompée sur je ne sais même plus laquelle d'entre vous - car je sais à quel point vous les aimez. Et Nono, t'as pas intérêt à m'lâcher toi, parce que s'il ne me reste plus qu'un bras, pour peu que j'ai le cuir chevelu qui me démange, je ne pourrais plus faire grand chose.

biscotti_choco_pistache

Biscottis choco-pistache pour un hommage à petit budget (bah c'est l'intention qui compte, nan ?)
Pour environ 30 biscottis

  • 250 g de farine

  • 125 g de sucre

  • 1 cc de levure

  • 2 œufs

  • 1/2 cc de pâte de pistache

  • QS de pépites de chocolat (comme dirait l'autre)

Chauffer la pâte de pistache dans un petit bol avec 2 cs d'eau de manière à bien la diluer.
Fouetter le sucre et les œufs afin d'obtenir un mélange mousseux. Ajouter la pâte de pistache, puis la farine. Bien mélanger et ajouter les pépites de chocolat.
Sur le plan de travail fariné, former 2 pâtons et les déposer sur une plaque recouverte de papier cuisson. Au couteau, marquer des entailles pour faciliter la découpe plus tard.
Enfourner pour environ 20 minutes à 180°C.
Laisser refroidir et découper les pâtons en tranches. Les disposer sur la plaque pour les remettre au four 5 minutes sur chaque face.

*****

Je déclare solennellement cette fin d'après-midi hommage international - que dis-je ? - universellement mondial à ces deux blogueuses émerites, véritables génies en leur temps, reine du sugar-walk pour l'une, du moon-graines pour l'autre, qui ont véritablement révolutionné le monde de la cuisine et inspiré toute une génération de gourmands. Et comme dirait Janet - tu permets Janet que je te pompe ta phrase, elle le fait grave, ça m'a limite fait pleurer tellement c'est larmoyant beau - To you they are icons, to us they are family... we miss them so much, thank you bla bla (oui bon j'ai oublié la suite, désolée).

Posté par AureliePasLignac à 14:57 - - Commentaires [5] - Permalien [#]

19 juin 2009

Où sont passées nos jeunes années ?

A l'évidence, y a un truc qui cloche à la maison. Vraiment, ça fait plusieurs semaines que ça dure et je suis incroyablement inquiète.

Avec Paulo, on l'a pas vu venir. On pensait que ça n'arrivait qu'aux vieux couples aux fesses engraissées d'habitude et de routine. On pensait que ça n'arrivait qu'aux vieux couples qui se connaissent tellement que l'un devient un ficus pour l'autre. Et un jour, on s'est réveillé et on a réalisé. Oh non, pas ça, pas à nous, pas déjà ! Mais qu'est-ce qu'on va devenir ? Tu crois que ça veut dire qu'il vaudrait mieux qu'on se sépare ? J'en sais rien... Et qu'est-ce que ce sera le jour où y aura des enfants au milieu de tout ça ? Ils vont en penser quoi nos mômes, hein ? C'est une vie pour eux ce genre de climat familial, franchement ?

Vous vous rendez compte un peu ? C'est si horrible que j'ose à peine l'écrire ! Paulo et moi, on... on... on ne se dispute plus ! Non, plus jamais ! Plus jamais jamais ! Jamais !
La première semaine, on fait pas gaffe, la deuxième semaine, on se dit que c'est drôlement calme à la maison sans savoir d'où ça vient, la troisième semaine, on comprend. Bam ! On se prend la vérité comme on recevrait un service de Federer à 184 km/h : en plein visage. Trois semaines sans ultrasons hystériques, trois semaines sans porte qui claque, trois semaines sans boudage dans un coin les bras croisés, trois semaines sans lui dire qu'il est vraiment comme Bernard, égoïste... Trois semaines de calvaire !

Et on a essayé d'arranger les choses. Allez pas croire qu'on a laissé notre couple se noyer, hein ! Non, on lui a enfilé des brassards tout de même, mais rien. J'vous jure, on s'est donné du mal pourtant.

Moi, j'ai pris soin de faire tomber la planche à pain pleine de miettes juste après qu'il ait passé l'aspiro.
J'ai piqué les uns après les autres tous ses tickets de métro, prétextant à chaque fois que là j'avais vraiment pas le temps d'acheter un carnet mais que je le ferais promis juré craché dès le lendemain.
Il a repassé l'aspiro dans la cuisine. Il a racheté un carnet de tickets pour lui. Et un pour moi. Sans broncher.

 J'ai transformé en chiffons, ciseaux sadiques entre les doigts gniark, un de ses tee-shirts préférés, par "mégarde".
Je me suis efforcée de trouver un max de critiques à cracher au sujet de ses meilleurs potes...
Il a trouvé tout cela super drôle, ahahah décidément je suis une sacrée couillonne, je m'arrête jamais, où vais-je donc chercher tout ça, ahahah (sic).

Pffff ! Alleeeez ! On y arrivait avant, ça va bien finir par revenir bon sang !

Paulo de son côté, il a mis plein de chaussettes sales par terre.
Il a "oublié" de faire la vaisselle deux-trois fois en passant, et il a même fait exprès de rentrer bien tard un soir où je lui avais fait promettre de rentrer tôt pour qu'on parle de l'avenir.
J'ai ramassé les chaussettes, fait la vaisselle et suis partie réchauffer les draps. Sans bougonner.

 Du coup, il a mis les bouchées doubles l'animal : il a suicidé la tondeuse à barbe que je lui avais offerte y a même pas un an. Une tondeuse qui saute par la fenêtre et tombe du 4ème, ça arrive tout le temps mon léopard tigré, t'en fais pas on va essayer de faire marcher la garantie.

Alors il a tapé plus fort, fallait qu'on s'engueule mince alors ! Courageux, plein de bonne volonté et nourri de bonnes intentions, il a fait au mieux pour handicaper sérieusement le caméscope que je lui avais offert à Noël. Mais là encore, l'échec. Impassible je suis restée. J'ai même plaisanté, sourire aux lèvres "ahahah si t'aimes pas les cadeaux que je te fais, dis-le moi franchement au lieu d'essayer de t'en débarrasser, ahahah".

Ahahah ? 'Tain, mais qu'on remonte deux ans en arrière, je lui rentrais les restes du caméscope dans l'arrière-train en lui promettant qu'à son prochain anniversaire il aurait en cadeau une paire de mains qui fonctionnent !

Vous comprenez mon désarroi maintenant ? Je ne sais pas ce qu'on va devenir mais une chose est sûre, on ne peut pas continuer à vivre plus longtemps au pays de Candy.
Ce la dit, j'ai quand même bon espoir. Car demain matin, on part une semaine en vacances. Rien que tous les deux pandant 7 jours, 24h/24. Lui, glandouille-man, moi, feu-au-derche-woman : ça devrait clasher, héhé (ce qui m'éviterait d'avoir à sortir la carte de la dernière chance "dire du mal de sa mère"... bah oui celle-là, faut que je la garde dans la poche pour dans 5 ans !). Et pour être sûre de mettre toutes les chances de notre côté, promis dès ce soir, je le mets dans l'ambiance : je lui fais un flan !

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Flan petits pois wasabi pour mettre du piquant dans le quotidien*
Pour 6 petits flans (ou 1 gros flan, dépend de votre humeur)

  • 400 g de petits pois surgelés
  • 180 g de mascarpone
  • 12 cl de lait
  • 3 oeufs
  • 1 c. à soupe de wasabi (plus ou moins selon la force du wasabi... faut que ça pique !)
  • sel

Cuire les petits pois 6-7 minutes à l'eau bouillante salée. Egoutter et mixer la moitié des petits pois avec le mascarpone et le lait. Incorporer les oeufs, le wasabi et le sel et mixer à nouveau.
Répartir les petits pois restants dans 6 ramequins et remplir de la préparation petits pois-wasabi.
Faire cuire à la vapeur (filmer les flans avec du film étirable au préalable) 15 à 20 minutes (plus longtemps si vous avez choisi l'option gros flan).
Laisser refroidir avant de servir.

* Recette extraite du dossier A toute vapeur sur Marmiton

Posté par AureliePasLignac à 16:45 - - Commentaires [16] - Permalien [#]

12 juin 2009

La grande théorie de la visualisation

Oui alors bon, je ne vais pas vous coller une dépression par écrans interposés mais en ce moment, y a pas grand chose qui coule comme l'eau du ruisseau paisible chez les PasLignac. Et Paulo et moi, on veut bien avoir de la patience, se dire que tout ce qu'on souhaite va finir par arriver, mais on n'est pas l'abbé Pierre ! A un moment donné, on tape du pied et on boude. Oui on boude parce que les autres à côté, on voit bien qu'ils ont un plateau rempli de leurs désirs qui leur est servi au lit tous les matins tandis que nous, on doit se lever pour moudre nos grains de café avec les pieds.

C'est là qu'intervient là sus-nommée, la grande et merveilleuse, j'ai nommé la théorie de la visualisation. Oh ce n'est pas de moi, c'est une de mes bonnes amies qui la pratique et qui m'a dit, formelle et tout et tout "ça marche, crois-moi" (sic). Alors en quoi ça consiste mesdames et messieurs suspendus à mes lèvres ou plutôt à mes index (non, je ne suis toujours pas sténo) ? La grande et merveilleuse théorie de la visualisation est très simple, peut se pratiquer n'importe où - dans un jardin public ou dans les toilettes du bureau - et ne coûte rien si ce n'est une implication et une conviction sans faille.

Prenons un exemple concret, mettons-nous en situation : vous cherchez un appartement depuis maintenant... beaucoup trop de temps et toujours rien. Vous soufflez, vous pestez, vous vous roulez par terre en hurlant de désespoir. Stop ! Pensez visualisation, le nouveau geste bonheur ! L'appartement en question, imaginez-le. Faites un plan de cette merveille architecturale parfaitement adaptée à vos attentes et besoins, découpez des magazines de déco pour mettre au point un portrait robot de ce bonheur à 4 murs et collez ça sur votre frigo. Et surtout, tous les jours, à chaque instant, pensez que d'ici peu il sera à vous.

Elle m'a assuré ma copine que, dès lors qu'on y croit très fort au fin fond de soi sans jamais douter, la théorie affiche un taux de réussite de 99%.

Alors j'ai voulu essayer, pensez donc ! J'avais la foi, je n'avais plus qu'à choisir l'objet de mon désir. Car il faut le savoir, on ne peut visualiser qu'une chose à la fois. Bah oui, sinon, c'est le foutoir dans vos cellules et le message est complètement brouillé, comment voulez-vous qu'ils y comprennent quelque chose là-haut, les gens qui vous envoient votre commande ?

Donc, j'ai hésité et puis, au risque de passer pour une personne vénale, j'ai commencé à imaginer un compte en banque avec plein de zéro derrière. Même pas honte. Pour le portrait-robot, je me suis munie d'un billet de 20 (j'avais que ça dans le portefeuille) et je suis allée le photocopier en milliers d'exemplaires (en dizaines d'exemplaires en fait, parce que j'avais pas assez de monnaie). J'ai posé des liasses un peu partout dans la maison tant et si bien que Paulo a presque cru qu'on avait enfin gratté le BlackJack de la fortune ! (encore eut-il fallu pour qu'il y croit vraiment que je n'eus pas fait ma radine et que j'eus choisi le photocopieur couleur).

Le hic avec cette théorie, c'est qu'on ne sait pas combien de temps on doit attendre. Une semaine, ça va, mais là, pfff, ça fait longuet. La foi s'étiole. Non puis c'est dangereux tout de même parce que j'ai malencontreusement failli tuer mon pauvre et docile aspirateur en passant trop près d'une des liasses. Il a longtemps suffoqué, j'ai cru l'avoir perdu... et vraiment là, c'est pas le moment qu'il me lâche (même si j'ai vu en promo vente flash l'autre jour un superbe aspi rose bonbon que j'aurais bien vu chez moi... non non ce ne serait pas raisonnable).

Du coup, au bout de 3 semaines, j'ai préféré jeter les liasses (à l'abri des regards inquisiteurs de ma concierge, histoire d'éviter qu'elle ne me dénonce pour trafic de faux billets mal faits) et j'ai visualisé quelque chose de plus simple. Et là je m'adresse aux parisiens qui seuls pourront me comprendre vu la date à laquelle je poste ce billet : j'ai visualisé le soleil. Oui l'astre du jour, la grosse boule jaune qui réchauffe les épaules et le moral et qui permet en général de voir la vie en rose (comme l'aspi de mes rêves) même sans un sou sur le compte.

Pour une visualisation des plus efficaces, j'ai été obligée d'aller le (re)voir. Qui ça me demanderez-vous ? Mais celui en qui le soleil a élu domicile, celui en qui le soleil a daigné prendre forme humaine. Lui. Et ouf ! Il était là !Italien jusqu'au bout des "rrrrr", le cheveu sombre et ondulé, le regard noir et profond, la peau mate et le torse velu... il était comme la première fois où je l'ai vu et où j'ai acheté tout son étal de mozzarella pour le voir sourire encore et me prononcer sans fin "oune boccon" la bouche en coeur.

Bref, vous comprendrez que pour visualiser l'été, je ne pouvais trouver mieux qu'Angelo (ce n'est sans doute pas son prénom mais c'est mon fantasme, je l'appelle comme je veux, non mais !) de la Coopérative Latte Cisternino, 17 Rue Geoffroy-Saint-Hilaire dans le 5ème* (une adresse dénichée par Ester ; Ester tu ne me vois pas mais je suis en train de faire une ola en ton honneur).

Et voilà comment, en voulant ramener chez moi des petites boules de soleil, j'ai aperçu en sortant de la boutique - croyez moi croyez moi pas - les rayons tant espérés poindre là-bas au loin.

artichaut

Les millefeuilles de la visualisation artichaut et bufala, pour que l'été se pointe enfin**

Pour 4 personnes
4 artichauts violets
200 g de mozzarella di bufala Campana
1 citron
50 g de parmesan
huile d’olive
sel, poivre

Retirer les premières feuilles des artichauts. Couper la tige (en laisser environ 2 cm) et les feuilles aux 2/3 environ. Citronner.
Couper les artichauts ainsi parés en 2 et retirer le foin à l’aide d’une petite cuillère. Citronner à nouveau. Emincer les moitiés d’artichauts le plus finement possible, façon carpaccio. Citronner encore.
Détailler la mozzarella en fines tranches.
A l’aide d’un cercle, dresser les millefeuilles sur assiette : lamelles d’artichaut, copeaux de parmesan, mozzarella, à nouveau lamelles d’artichaut, copeaux de parmesan et mozzarella, jusqu’à épuisement des ingrédients. Saler et poivrer entre les couches. Arroser d’un bon filet d’huile d’olive et servir sans attendre.
Vous pouvez parer les artichauts à l’avance et les conserver dans un saladier d’eau citronnée. Vous n’aurez plus qu’à les émincer au moment de servir.
Vous pouvez ajouter un filet de vinaigre balsamique et quelques pignons grillés sur les millefeuilles si le cœur vous en dit.

*******

Le soleil est de retour, ouiiiiiiiiii ça a fonctionné ! Non, non, ne me remerciez pas amis parisiens, ça me fait plaisir (enfin bon, si vous y tenez, je veux bien que vous visualisiez ma fortune, ce serait un juste retour des choses)

* Trois autres adresses à Paris : 37 rue Godot de Mauroy dans le 9ème, 108 rue St Maur dans le 11ème, 46 rue du Faubourg Poissonnière dans le 10ème... oui mais un seul Angelo !

** Recette extraite du dossier Viva la mozzarella sur Marmiton   

Posté par AureliePasLignac à 19:25 - - Commentaires [11] - Permalien [#]

08 juin 2009

Revendiquer sa beaufitude

Bon, c'est assez, cela suffit ! On n'est pas ici pour fêter des anniversaires tous les jours ! C'est pas le Club Dorothée ni Vivement Dimanche. (Joyeux anniversaire Delpiiiiiiiiiiiiiine !!)  Non, ici on vient pour parler de vrais problèmes qui nous concernent tous, qui nous empêchent souvent de dormir, qui nous tordent parfois l'estomac.

Des vrais problèmes comme "est-ce que c'est la crise au point que l'agent immobilier en bas de ma rue a été obligé d'ajouter /CORDONNIER à son enseigne ou est-ce simplement pour assouvir sa passion de la semelle ?".

Des vrais problèmes comme "est-ce que si ma concierge me raconte les ébats des voisins du dessous, je dois en conclure 1/ qu'elle entend aussi les miens et 2/ qu'elle les raconte aux autres locataires de l'immeuble ?".

Des vrais problèmes comme "est-ce que le simple fait d'aller de son plein gré au concert - par exemple, au hasard - de Johnny Hallyday au Stade de France fait de nous des gros beaufs ?".

(Happy birthday Dédé !!!)

Tiens, arrêtons nous sur ce dernier problème fondamental.
J'avoue qu'au départ, ça ne me turlupinait pas des masses. Non puisque je m'étais auto-persuadée que c'était pour Paulo qu'on y allait, au concert de Johnny. Dans mon esprit donc, au pire, c'était Paulo le beauf et je l'aimais quand même (mais un peu moins, c'est sûr). Sauf que dimanche dernier, force était de constater que plus l'heure du concert approchait, plus j'étais excitée. J'allais voir Johnny, yeaaaah wock'n'wooooll, chanter avec lui "queeee jeeee t'aimeuuuuh !" ou encore "et j'ai refusé... mourir d'amour enchaînééééééé !". (Bon anniv Phina !) Arf... Moi une beauf ? Comme ça :

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Ou comme ça :

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Non, impossible de me résoudre à cette idée... Et pourtant. Si ça se trouvait, j'étais beauf depuis toujours, une beauf endurcie, et je ne m'en rendais pas compte. Et comme on n'ose pas toujours vous dire que vous avez une botte de persil coincée entre les incisives, on ne me l'avait jamais dit ? Horreur et damnation.

J'ai donc cherché la définition du mot "beauf" pour voir. Pas dans le Robert, parce qu'avec un prénom de beauf comme ça, à mon avis, il doit pas être très objectif sur le sujet, le mecton. J'ai cherché sur Wikipédia et j'ai trouvé ceci :

Beauf : mot d'argot français employé dans le langage courant [...] est une personne aux idées étroites, aux manières vulgaires, aux goûts douteux, nourrie de préjugés et peu tolérante.

Est-il vraiment utile de vous dire qu'à première lecture, je ne me suis pas du tout, mais alors pas du tout sentie concernée par cette définition du mec qu'on a tous dans nos connaissances mais qu'on veut pas l'admettre ?

(C'est ton anniversaireuuuuuh, c'est pas celui d'ta mère ! Delou, clap clap clap ! Delou, clap clap clap !)

Mais il m'a bien fallu être lucide, me regarder en face dans le miroir pour me l'enlever une bonne fois pour toutes des quenottes, ce bouquet de persil.
Et à commencer par l'intolérance - voyant tout le bien que je pensais des beaufs gras du bide, des bikers à bandanas tête de mort tatoués Maman je t'aime et autres ploucs avinés à nuque longue -, mon vocabulaire n'étant pas des plus châtiés bordel, et mes goûts pas toujours de très bon goût, je n'ai pu que finalement me reconnaître dans ce portrait des moins flatteurs.

(Del t'es la plus belle !)

Sur le moment, ça vous fiche un coup là juste sur la nuque longue, j'vous raconte pas. Et puis après, on se dit que finalement, ça enlève un poids du poitrail. Non mais si vraiment, regardez : en s'assumant en tant que beauf, on s'affranchit de toute contrainte sociale et de toute règle de bienséance. Ce qui veut donc dire que dans votre entourage, on vous passera le "putain" qui sort tous les 3 mots, on ne ricarnera pas de savoir que vous ne ratez jamais Pascal le grand frère et on ne vous tiendra pas rigueur du fait que vous commencez l'apéro à 17h 16h. Plus besoin de bégayer, mal assuré, des excuses bidons pour justifier ces comportements "vulgaires et douteux", on vous pardonne d'avance. Eh oui, car vous n'êtes qu'un beauf.

Vous savez quoi ? Y a des moments où ça fait du bien de vivre en harmonie avec le beauf qui ronfle en soi. Si. Ca repose l'esprit. En l'occurrence, le mien à moi, c'est un kéké au cheveu Pento-isé et à siège baquet, qui tire ou qui pointe mais qui, dans tous les cas, ne manque pas de se réhydrater le gosier - tout desséché par 300 jours de soleil annuels et par un coquin de mistral à décorner les cocus - d'un petit jaune qui va bien. Et je l'ai définitivement adopté...

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Cake beauf au Ricard, un peu comme une Mauresque, putain con !

  • 75 g de beurre demi-sel, mou

  • 100 g de sucre

  • 3 oeufs

  • 100 g de farine

  • 1/2 sachet de levure

  • 40 g de poudre d'amande

  • 2 à 3 c. à soupe de Ricard (ou de 51, même si bon, le Ricard c'est meilleur)

  • 1 citron jaune non traité

  • amandes effilées

  • grains d'anis vert (facultatif, uniquement pour les fous d'anis)

Battre le beurre mou avec le sucre jusqu'à l'obtention d'un mélange crémeux. Incorporer les oeufs un à un en fouettant vigoureusement. Ajouter la farine, la levure puis la poudre d'amande et bien mélanger.
Râper le zeste du citron, l'ajouter à la préparation ainsi que le jus du citron et le jaune (le Ricard, quoi !) et éventuellement les grains d'anis. Mélanger tout bien et verser la préparation dans un moule à caké beurré et fariné.
Parsemer d'amandes effilées et enfourner pour 30 minutes à 180°C.

*****

Ah et j'ai bien failli oublier dis donc ! Delphine, jamais 2 sans 3, tu seras la dernière de l'année à y avoir droit, parce que tu le vaux bien (même si t'es rien qu'une sale vieille lâcheuse qui va partir à l'autre bout de la terre Paris (c'est d'ailleurs pour te punir que la recette est au Pastis, hahaha, t'avais qu'à pas !)) :

Joyeux anniversaiiiiiiiiiiiire ma chérite !

Posté par AureliePasLignac à 08:28 - - Commentaires [16] - Permalien [#]



05 juin 2009

Secte de Table

Bon sang mais quel bazar ici ! Un an à l'abandon et c'est le foutoir, y a plus rien à sa place, une couche de poussière épaisse comme ça et des moutons tout partout. Des dizaines de brouillons de billets jamais finis et encore moins envoyés (pourtant y a des qui partaient drôlement bien), va vraiment falloir que je mette un grand coup de balai parce que là je me sens plus chez moi ici.

D'autant que je suis du genre à rapidement perdre mes marques. Et là, toutes les petites croix que j'avais dessiné sur le sol pour savoir où me placer ont disparu sous la poussière. Avant, j'arrivais tac tac badaboum tel le Bébel à son apogée, le verbe haut et le bras remuant, je vous racontais tout et rien, une révérence et à demain. Aujourd'hui, j'ai l'impression de m'être muée en Mustapha, le débit mal cadencé, le ton inadéquat, le geste maladroit, je n'ai en bouche que banalités et vannes pourries (Mustapha, si tu me lis !). Et ça, ça va pas du tout ! Faut que je me décrispe, que je pète un coup, non mais !

Dans pareils cas que faire ? Le ménage par le vide ! Hop, je jette tous ces brouillons (bon j'en garde juste 1 ou 2, parce que vraiment, ils partaient drôlement bien ceux-là) et je repars de zéro. Et comme je sens que je suis toute polluée du poumon et du cerveau par 5 ans de vie parisienne, je respire un grand bol d'air frais du côté de mes racines. J'invoque l'âme de mon gourou tout puissant, celui qui sait me faire revenir à mes valeurs, qui sait me faire renaître de mes cendres, qui m'apporte l'apaisement spirituel. Attention, je me connecte avec lui, silence s'il vous plait... ahmmmmm ahmmmmmm ahmmmm... allo ?! allo ?? ... Tut tut tut tut tut... Bon ben ça a coupé, la réception est mauvaise on dirait.

Tant pis, plan B. Je connais un autre moyen beaucoup plus efficace de me nourrir de l'esprit de mon grand gourou Skippy : préparer une de ses recettes traditionnelles.

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Gâteau à la ricotta pour purifier ses chakras et naître à nouveau (ou comment Set de Table se la joue secte)
Pour 4-6 personnes (un moule format moule à cake)

  • 250 g de ricotta
  • 125 g de fromage blanc
  • 75 g de sucre
  • 2 gros oeufs
  • 1 gros citron non traité
  • 1 pâte sablée

Battre la ricotta avec le fromage blanc et le sucre, ajouter les oeufs et battre à nouveau.
Râper le zeste entier du citron, l'ajouter à la préparation, ainsi que le jus dudit citron.
Bien mélanger et verser dans un moule (un petit moule pour que l'épaisseur avoisine celle du cheesecake ; si vous n'avez que du grand moule, doublez les proportions, de toutes façons ça se mange tout seul et au pire ça se congèle très bien), préalablement foncé avec la pâte sablée.
Faire cuire 25-30 minutes dans un four à 180°C.
Laisser refroidir avant de déguster, et conserver au frais (perso, je le trouve encore meilleur après 1 ou 2 jours au frigo).

*****

Ma version du classique et irremplaçable gâteau à la brousse de ma famille (de la brousse en lieu et place de ricotta, zeste et jus de citron ET d'orange).
Une bouchée et je me sens alors chez moi, dans les bras de mon maître spirituel, c'est magique.

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Maman, tu pensais vraiment que t'allais pas l'avoir ton billet d'anniversaire ? Franchement ?!

Bon anniversaire maman-gourou chérie !

Posté par AureliePasLignac à 13:05 - - Commentaires [12] - Permalien [#]

30 mai 2009

Back to PasLignac

Ahem... Mi mi mi mi mi mi mi mi miiiiiiiii (deux-trois vocalises pour chauffer ma voix quelque peu enrouée, vous m'excusez)

Hey ! Comment ça va les gens ? Bien ou bien ? Vache, ça fait un sacré bail dis donc ! Non mais sérieux, ça va pas bien ou quoi de disparaître comme ça ? Franchement je crie au scandale ("Au scandaaaaale !"), ça mériterait limite un lynchage en bonne et dûe forme à coup de tomates cerises et de radis roses (quoi que... les radis ça doit faire un peu trop mal, faut pas pousser oh !).

Oui alors bon, on ne va pas s'étendre sur une longue série d'excuses minables, hein, on les connaît toutes et j'en trouve pas de nouvelles, originales, qui claquent bien. Juste vous expliquer que, passé un moment, entre PasLignac et moi, y a eu un clash. Ouais carrément, elle m'a trop saoulé t'as vu c'est bon vas-y wesh.
Du coup, fallait qu'on fasse un break histoire de mieux se retrouver. Et vous savez ce que c'est les breaks, ça doit durer 1 mois et puis ça dure presque 1 an. Et puis elle m'a manqué cette pipelette. Et puis j'ai eu du mal à revenir vers elle (parce que j'avais oublié mes codes d'accès à Canalblog, oui entre autre). Bah c'est pas facile, vous en conviendrez, de ravaler sa fierté "Je me suis trompée, je t'ai fait du mal, aujourd'hui je le regrette, c'est toi que j'aime, ne me quitte pas il faut oublier tout peut s'oublier (hey ! J'tiens un truc là, ça ferait une super chanson, non ?)". On a peur qu'après tout ce temps, ce ne soit plus réciproque, que l'autre de son côté soit passé à autre chose, qu'on n'ait plus rien en commun, plus rien à se dire.

En tant que reine de l'excuse en carton, je ne me suis pas faite prier pour repousser toujours plus loin ce délicat moment des retrouvailles. J'peux pas j'ai poney, j'arrive pas à digérer ce cassoulet, je me suis foulé le petit doigt, j'ai la gueule de bois, j'ai ma déclaration d'impôts à remplir (oh ! J'ai vraiment ma déclaration à remplir, heureusement que vous m'y faites penser !), j'en passe et des plus nazes.

Mais là, il fallait vraiment que je m'y remette. Parce qu'aujourd'hui, c'est mon rendez-vous annuel et virtuel avec un p'tit bonhomme qui l'aime sa Lili PasLignac, et qui compte sur elle. Et que si elle lui poste pas un petit mot en ce jour important, sa maman va la taper très fort il va croire qu'elle l'a oublié, qu'elle l'aime plus (déjà qu'en plus, à Pâques, j'ai bien senti que je l'avais déçu en lui piquant un oeuf en chocolat). Voilà donc ce qui a fini de me motiver à prendre mon courage à deux mains, à me prouver que j'ai des coui... euh, bon vous voyez ce que j'veux dire quoi !

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Boules coco pour quand on n'en a pas trop dans le pantalon
Pour 10-12 grosses boules (ça fait beaucoup mais j'en manquais cruellement, fallait bien ça)

  • 60 g de farine de riz gluant

  • 20 g de farine de riz

  • 45 g de sucre

  • 40 g de noix de coco râpée + 2 c. à soupe pour l'enrobage

  • 8 à 10 cl de lait de coco

Mélanger tous les ingrédients dans un saladier. La pâte doit être souple et un peu collante, ajuster la farine ou le lait de coco si nécessaire pour qu'elle ne soit ni trop sèche ni trop molle.
Former 10 boules et les mettre à cuire à la vapeur (dans un panier bambou pour se la jouer couleur locale... penser à la feuille de papier sulfurisé qui va empêcher une fusion riz gluant-bambou). Compter 10-12 minutes de cuisson.
Récupérer les boules, qui ne sont plus trop des boules, et les re-rouler entre ses mains pour leur rendre leur forme de boule avant de les rouler, ces boules, dans la coco râpée.

*****

Alors, tu m'diras Axel "Beuh c'est quoi ça ? C'est pas un gâteau ! Et où j'les mets mes bougies moi ? Et puis c'est tout vert bizarre ! Etc etc".

Dis donc ? A 3 ans, t'es déjà si difficile ? - Y a plus d'jeunesse j'vous jure - Pourtant tu le sais bien petit coeur, que tatie Lili elle est bizarre. Et puis au moins, tu conviendras que c'est original pour un goûter d'anniversaire. Trouves-en une autre, toi, de tatie qui va te préparer des boules gluantes vertes, ressemblant à s'y méprendre à de la Pataprout (qui ne fait pas "prout" certes, mais tout de même) qui rendraient hystériques tous tes potes de crèche. Hein ! Hein ! Surtout qu'en plus de ça, elles sont pleines d'amour (qui ne fait pas "prout" non plus, désolée... j'y travaille pour l'an prochain, promis) et que ça, ça vaut tous les gâteaux au chocolat du monde, crois-moi.

Mon petit Axel, tatie Delphine, tonton Paulo, mes boules et moi te souhaitons un trèèèès joyeux anniversaire !

Quant à moi, je te remercie beaucoup de m'avoir permis de me réconcilier avec la PasLignac, parce qu'elle me manquait drôlement la bougresse. 

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21 juin 2008

Blancheur et injustice

A en croire le quintet de cuivres qui anime mon quartier (ah, on me dit dans l'oreillette que ce n'est pas un quintet mais un seul et même homme... bravo monsieur, quel talent !), c'est bien la fête de la musique aujourd'hui, oui je confirme.

Bon, moi, perso cette fête, je m'en tape un peu, parce que la musique, je l'écoute quand je veux - c'est à dire tout le temps - à un volume tolérable et toléré par mon oreille interne et avec tous mes orteils en parfait état.

Mais si c'est la fête de la musique, ça veut donc dire que c'est l'été ! Ouiiiiiii ! Depuis qu'on l'attendait celui-là !

M'enfin, y a quand même un truc qui me chiffonne : j'ai des faux airs de bac à douche, et ça, moi j'dis, c'est pas possible. Non. Autant au printemps, même en fin de printemps, ça passait, autant en été, c'est inconcevable. Qu'est-ce qu'ils se disent, hein, les gens qui me croisent dans la rue ? Que je suis malade ? Que j'ai une triste et morne vie d'ascète ? Pire : que je suis albinos ?!

Ah non, j'peux pas les laisser penser ça ! Me reste plus qu'une chose à faire pour sauver ma réputation : partir vite vite faire une cure de bronzage intensive. De la plage non-stop pendant une semaine, j'vois que ça pour me donner le summer-style, vous êtes d'accord, non ?

Bon ben je ne vais pas traîner ici plus longtemps, juste le temps de mettre mes shorts, tongs et maillots dans une valise et de vous laisser avec celle qui suscite toute ma jalousie car, pourtant blanche comme un... d'un blanc laiteux, sans avoir à tricher avec l'autobronzant ou à se tartiner de graisse à traire, elle respire la santé et la pleine saveur : cette pistonnée de mozzarella di Buffala !

Rouleaux de courgette et de blanche mozzarella pour marquer le passage à l'été
Pour 2-3 personnes

  • 1 boule de mozzarella di Buffala
  • 1 courgette allongée bien ferme
  • huile d'olive
  • vinaigre balsamique
  • origan ou basilic
  • sel, poivre

Egoutter la blanche et molle mozza et la couper en dés.
Laver la courgette et à l'aide d'un économe la détailler en tagliatelle.

Enrouler chaque dé de mozza d'une lanière de courgette, piquer avec un cure dent et assaisonner. Facile, rapide et supra bon pour un apéro improvisé.

********

Palma de Mallorca, attends-moi, j'arriiiive !

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19 juin 2008

Retour de couche

Même pas le temps de perdre mon molletonnage ventral et cuissal post-accouchement de Divin Caramel que je me retrouve à enfanter de nouveau !

Ne croyez pas que je vous raconte ça afin de tenter de justifier lamentablement le troupeau de cellules adipeuses paissant paisiblement sur mes fesses que je vais promener en bord de mer la semaine prochaine. Non, franchement, c'est pas mon genre de mettre ça sur le dos de mes enfants, les pauvres, ils n'ont rien demandé à personne.

Puis de toute façon, je suis assez sereine vis-à-vis de tout ça puisque depuis 2 semaines et avec une assiduité obstinée, je me palpe-roule la cuisse - préalablement enduite d'une crème très intelligente qui arrive à faire comprendre à la graisse qu'elle doit quitter au plus vite ce corps de déesse, par ici la sortie (je ne sais pas où est la sortie sincèrement... mais la crème est plus intelligente que moi). Et le résultat est déjà là ! Croyez-moi, croyez-moi pas, mes doigts sont fuselés, fermes et élancés à en faire pâlir de jalousie Richard Clayderman (essayez de vous palper-rouler matin et soir, vous verrez comment ça vous muscle la phalange). On n'arrête plus le progrès !

Enfin bon, tout ça pour dire que deux grossesses aussi rapprochées, ça vous change la garde-robe le quotidien.

Et là, je m'adresse à vous autres blogueurs de cuisine et/ou journalistes gastronomiques et/ou auteurs culinaires.

Je sais que vous êtes dans le même cas que moi : vos amis ne vous invitent plus à dîner ou s'ils le font, se justifient de "pardon mais c'est de la salade en sachet" et autres "t'attends pas à de la grande cuisine hein" et vous regardent l'air anxieux pendant tout le repas.

Pourquoi ? Parce qu'ils se montent le bourichon en se disant qu'on est des pros. Mais pas des pros dans le sens sympa du terme, genre la nana qui peut donner des petits conseils ou dépanner avec une idée - hop hop hop ! - sortie de nulle part. Non, des pros dans le sens chieuse, genre la nana qui, petit doigt en l'air, fait la moue devant l'assiette et chipote d'un air pincé "mais... mais... ce n'est pas de la vraie purée que diable !"

Alors que, bon sang, si on était à L'Ecole des Fans, on leur brandirait bien haut notre 10sur10 (en calant judicieusement la main opposée sur le coude du bras levé pour pas trop se fatiguer), après avoir léché dans les moindres recoins l'assiette à dessert les yeux pleins de malice.

Parce que les passionnés de cuisine, ils aiment le chocolat Valrhona, les purées d'oléagineux meilleures pour le corps que pour le porte-monnaie, les présentations déstructurées, au cercle ou à la pipette du petit chimiste, c'est vrai.

Mais ils aiment aussi la bonne franquette pouet-pouet dans les assiettes en carton en gros tas informe (en ce qui me concerne, c'est vraiment ce que je préfère, la bonne franquette ; ça m'évite d'avoir à deviner avec quels couverts je mange l'entrée, à trouver où mettre mes coudes si "sur la table" n'est pas une option envisageable et à devoir avaler ma bouchée avant de raconter ma blague salace).

Pour confirmer tout ça d'ailleurs, je vous présente mon petit dernier.

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Pâtes Fraîches - Edition Dormonval

Je sais que c'est moche de faire des préférences entre ses enfants mais - chuuut, je leur bouche les oreilles - c'est lui mon chouchou. Bah oui, parce que les pâtes maison, c'est bien ce que je préfère le plus au monde. Et puis les pâtes fraîches ça fait pro et bonne franquette à la fois... alors c'est bien le fils de sa mère c'lui-là, hein ?!

Tagliatelles blanches et vertes, crème de mozzarella (Buffala)
Pour 4 qui parlent la bouche pleine

  • 300 g de farine
  • 3 oeufs
  • 2 petites courgettes longues
  • 1 boule de mozzarella de bufflonne
  • 8 cl de lait
  • 1/2 bouquet de basilic
  • parmesan râpé
  • sel, poivre

Préparer les tagliettes : verser la farine et une pincée de sel dans un saladier. Faire une fontaine, y casser les oeufs. Commencer à mélanger à la spatule en bois en ramenant au fur et à mesure la farine vers le centre jusqu'à ce qu'elle soit toute amalgamée. Déposer alors la pâte sur un plan de travail fariné et pétrir 5 à 10 minutes jusqu'à obtenir une boule de pâte bien lisse (non, on n'a pas le droit de s'arrêter avant, oui, ça fait un peu mal au bras mais ça permet de sécher le cours de sport). Sortir la machine à pâte du placard et faire les tagliatelles.

Pendant qu'elles sèchent, laver et sécher les courgettes. A l'aide d'un couteau économe, les couper en tagliatelles.

Egoutter la mozza et la couper en dés. Déposer les dés dans une petite casserole avec le lait, sel et poivre et laisser fondre sur feu tout doux. (On ajoutera un peu de lait si la crème est trop épaisse)

Faire bouillir une grande casserole d'eau salée. Y plonger les tagliatelles (blanches) et les laisser cuire 4 minutes en remuant de temps en temps. 1 minute avant la fin de la cuisson, ajouter les tagliatelles de courgettes (donc les vertes, voilà).
Egoutter les tagliatelles et les mélanger à la crème de mozza, ajouter le basilic ciselé et parsemer de parmesan fraîchement râpé.

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Une recette de famille - à peine revue - qui déchire.
Et des dizaines d'autres recettes de famille - à peine ou beaucoup revues - dans ce livre magnifiquement illustré par Claudia Albisser Hund (Divin Caramel, c'était déjà elle). Toujours aux éditions Dormonval et toujours à même pas 10€ !

Posté par AureliePasLignac à 18:51 - - Commentaires [30] - Permalien [#]

06 juin 2008

Leurs petites attentions quotidiennes

Qui a dit que les hommes étaient de profonds égoïstes bien incapables de penser à qui que ce soit avant leur propre petite et royale personne ?

Sans nul doute encore une de ces chiennes de garde moche et aigrie (l'un entraîne l'autre) qui ne s'est pas fait relever le compteur depuis des années. Une qui vit seule avec son chat, qui d'ailleurs est une chatte car on est décidément mieux entre nanas.

Mais si cette femme-là avait la chance de vivre avec un homme, elle changerait de regard sur eux. Pourquoi ? Parce qu'elle deviendrait alors le centre de toutes ses attentions du quotidien. Des petites attentions gratuites, juste comme ça, parce que l'homme en couple et amoureux, il est comme ça !

Journée-type avec un homme en couple amoureux (les exemples ci-dessous - donnés à titre purement illustratif, en aucun cas calomnieux - sont les fruits d'années d'études auprès de différents spécimens et ne sont pas destinés à attaquer une seule et même personne)

- 8h30 : vous vous levez (vous avez des horaires souples), lui est déjà parti au travail. Vous traînez vos savates jusqu'au salon et cherchez un peu partout le mot qu'il aurait pu vous laisser comme il le faisait autrefois. En vain. Vous pensez tristement qu'il vous a oublié... mais... oooooh ! Regardez sur la table basse ! Il vous a laissé des miettes de pain/de croissant/de brioche/de gâteau/de jambon-beurre (rayer les mentions inutiles). Plein ! Et si vous regardez de plus près, en penchant votre tête à 32° sur la droite, vous pourriez presque y voir un coeur. Si c'est pas trop chou !

Note : soyez à même de comprendre les diverses variantes car cette attention est la plus fréquente chez l'homme et prend des formes aussi variées que touchantes. Ainsi, il en va de même pour les "scouitch" de dentrifice sur le miroir, les poils de barbe dans le lavabo, les poils de cul dans le bac à douche...

- 8h42 : vous filez à la douche. Vous vous savonnez joyeusement en repensant à ce presque-coeur de miettes quand soudain, tandis que vos cheveux et votre corps sont recouverts d'une mousse soyeuse, le jet d'eau se glace. Ooooooh ! Il y a pensé ! Il a consciencieusement pris le temps ce matin de vider l'intégralité du chauffe-eau parce qu'il s'est souvenu de votre question d'hier soir "dis ? j'ai pas le cul un peu ramollo en ce moment ?". C'est sa façon à lui de vous répondre et de vous aider. Trop mimi !

- 8h57 : raffermie et un peu enrhumée aussi, vous filez en cuisine direction le p'tit dèj. Et là, encore une attention ! Décidément il vous a gâté ce matin coquinette ! Regardez, juste pour vous, dans ce bel évier une magnifique sculpture de vaisselle sale ! Oooooh ! ça c'est parce qu'il sait à quel point vous êtes pointilleuse sur le lavage des assiettes et à quel point vous vous sentirez mieux si vous les lavez vous-même. Il pense à votre bien-être intérieur, un peu comme un Activia... l'est trognon !

Note : là encore, l'attention peut se manifester de mille et une manières. Il peut vous laisser son linge à étendre, ses vieilles froques pourries son linge sale à ramasser au sol ou une collection de rouleaux de PéQ vides sur la chasse d'eau, tel un rébus pour vous faire comprendre qu'y en a plus... Ne croyez pas que ce sont des oublis de leur part, non, non. Ce sont de véritables attentions à recevoir comme telles.

- 19h30 : vous rentrez d'une journée de dure labeur. Lui ne devrait pas tarder non plus. Vous commencez à préparer le repas parce qu'en général il vous laisse ce plaisir, il sait que vous adorez cuisiner, il ne voudrait surtout pas vous frustrer. En plus, ce matin vous aviez fait une pâte à pizza rapido prévoyant une soirée pizza-télé-bière en namoureux. Vous l'appelez pour savoir s'il est en chemin, juste pour la pizza, la cuisson, bref. Ah non, finalement, il ne rentrera pas, il doit passer chez... Ok d'accord, il vous sent contrariée (car il est fin et à l'écoute aussi), il va donc faire le détour pour manger votre pizza garnie d'amour. Ooooh, trop choupinet ! (vous ferez la vaisselle pour le remercier)

- 00h58 : vos yeux se ferment, vous êtes explosée, le lit vous appelle mais vous l'attendez, et ce depuis 1h. Oui, vous l'attendez parce que dans la précipitation du dîner, vous avez oublié de mettre les derniers détails au point pour demain. Vous devez passer la journée tous les deux, c'est prévu depuis une bonne semaine, super programme en perspective. Il rentre enfin ! Vous attaquez direct dans le vif du sujet "alors demain on décolle d'ici à quelle heure ?" et là... surpriiiise ! On n'y va pluuuuus ! (c'est dommage d'ailleurs que vous en ayez parlé, la surprise était prévue pour le lendemain). Il est vraiment très fort, vous aviez vraiment cru que vous iriez vous dis donc ! Ah ça, jusqu'au dernier moment, vous aviez rien vu venir ! C'est trop un amour !

Et des attentions comme ça, ils en ont des milliers d'autres pour nous chaque jour que Dieu fait si on veut bien ouvrir les yeux au lieu de sans cesse nous plaindre et les taxer d'ingratitude. Il n'est que justice alors de leur rendre la pareille dès que l'occasion se présente.

Par exemple, pour remercier Paulo de sa surprise, je lui ai préparé un repas exceptionnel. Que des bons produits achetés sur le marché, cuits à la perfection et teintés d'exotisme, tout comme il aime... c'était le moins que je puisse faire en retour, non ?

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Veau plein d'attentions au lait de coco, gingembre, asperge et pois gourmand
Pour 4 personnes

  • 400 g de sauté de veau
  • ½ botte d’asperges vertes
  • 150 g de pois gourmands
  • 4 oignons nouveaux
  • 30 g de gingembre frais
  • 1 boîte de lait de coco
  • 2 cuillères à soupe d'huile d’arachide
  • Sel, poivre

Casser la tige des asperges et les peler (assez finement, sans aller jusqu’à la pointe). Emincer finement les oignons. Peler et hacher le gingembre.

Dans un wok, chauffer une cuillère d’huile et y faire revenir les morceaux de sauté de veau. Lorsqu’ils sont bien dorés, les réserver.

Mettre la seconde cuillère d’huile et y faire revenir les oignons émincés et le gingembre haché avec une point de sel. Au bout de 2 min, ajouter les pois gourmands, saler légèrement et laisser cuire encore 2 min, toujours sur feu assez vif. Ajouter alors les asperges (coupées en deux dans la longueur si elles sont grosses), saler légèrement et laisser cuire à nouveau 2 min.   

Enfin, reintégrer les morceaux de viande puis ajouter le lait de coco. Laisser mijoter une bonne quinzaine de minutes. Les légumes doivent être cuits mais croquants, la viande bien tendre. Servir, éventuellement accompagné de riz blanc nature.

(Une recette extraite de mon dossier Spécial Fête des Mères... oui, c'est un peu tard pour en parler, je sais, mais j'étais débordéeuh !)

Posté par AureliePasLignac à 02:53 - - Commentaires [36] - Permalien [#]



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