Messieurs ? Votre dame est épuisante d'énergie ?
Jeunes gens ? Votre coloc' est insupportablement remuante ?
A moins que ce ne soit votre soeur/mère/meilleure amie/autre.

Bref, vous côtoyez de trop près une hyperactive (que poliment vous qualifiez de "dynamique" pour ne pas la froisser car vous savez qu'en plus de ça, comme si ça ne suffisait pas, elle est susceptible) et ça vous fatigue ? On vous comprend. Si vous voulez passer des fêtes sereines et apaisées, il va vous falloir ruser car l'hyperactive, vous l'avez sûrement constaté, aime son hyperactivité et ne se laissera jamais convaincre de s'en défaire.

Voici donc pour vous un programme en 10 points pour venir à bout de votre hyperactive sans qu'elle ne s'en rende compte.

1/ Proposez-lui une "méchante soirée" comme on dit par chez elle dans le Sud. Vous connaissez le faible de votre hyperactive pour la fête et ses excès. Vous savez pertinemment qu'elle ne louperait pour rien au monde une soirée entre amis, notamment un anniversaire Et ça tombe bien car les gens semblent s'être donné le mot pour naître en décembre ! Elle accepte donc volontiers... et fait honneur à l'ami qui fête son anniversaire ainsi qu'à sa réputation de... à sa réputation, quoi ! (par contre elle se ridiculise au concours de rots improvisé avec des inconnus croisés dans un coin du bar... et dire qu'elle était si douée à 12 ans !)

2/ Lorsqu'elle rentre au petit matin, puisqu'elle vous a réveillé en faisant tomber son pot de crème hydratante sur le carrelage de la salle de bain, en lâchant l'abattant à chiottes en porcelaine de beaucoup trop haut provoquant un fracas de tous les diables (elle a un peu trop bu votre hyperactive... eh oui car elle est hyperfêtarde donc hypersquatteuse de piste de danse et/ou hyperblablateuse et tout ça, eh ben ça assoiffe), rappelez-lui toutes ces choses qu'elle avait prévu de faire le lendemain de cette soirée dont elle devait rentrer "pas trop tard". Toutes ces choses qu'elle DOIT faire si elle ne veut pas être en retard sur son boulot, etc. Elle mettra son réveil à 9h30 (il est 4h30), limite souriante (l'alcool me direz-vous).

3/ Laissez-la se réveiller avant son réveil. Eh oui, bravo petit fourbinou, vous avez réussi à la faire gamberger toute la nuit. Du coup, elle n'a jamais vraiment fermé l'oeil, il est 8h02 et elle se demande à quoi bon rester dans le lit si elle ne dort pas. Elle hésite, elle se dit qu'elle risque d'être fatiguée dans la journée, d'avoir un coup de barre terrible qui ne lui sera sûrement pas profitable. Ne dites rien, et regardez : elle sort du lit.

4/ Regardez-la remplir sa journée à l'excès et s'imposer, en plus de ce qu'elle doit faire, des petites choses que personne ne lui demande (organiser une grosse soirée de 20 personnes dans son appart) ou des petites choses vraiment pas indispensables (nettoyer la porte de la salle de bains). Dans le cas où votre hyperactive a un boulot en rapport avec la cuisine, ne l'empêchez pas de vous faire à manger, ça lui fait trop plaisir, elle adore ça. Et même, si après ça elle vous dit "non mais laisse, va faire ce que tu as à faire, je fais la vaisselle", hésitez un peu (ça fait moins goujat) et laissez-vous convaincre... puisqu'elle a l'air de tant y tenir !

5/ J'oubliais de préciser : mettez-la à la diète. Déjà parce que ces derniers temps elle avait un peu enflé et surtout parce que Noël approche et qu'elle risque de ne plus pouvoir fermer le bouton de ce jean qui fait déjà garrot autour de ses hanches. De toute façon, vous la connaissez, plus elle a de choses à faire, moins elle a faim (oui, votre hyperactive est paradoxale, personne jusque là n'a encore réussi à comprendre son fonctionnement interne). Et comme là elle est vraiment débordée, sa diète prendrait presque des airs de jeûne. Surveillez-la tout de même du coin de l'oeil, ce serait dommage qu'elle nous fasse un malaise, on veut la calmer pas la tuer.

6/ Proposez-lui une sortie super. Oui encore une. Alors qu'il y en a eu une la veille, l'avant-veille, l'avant-avant-veille, et ainsi de suite. Alors qu'elle a dormi entre 4h et 5h30 par nuit. Vous savez quoi ? Reculez d'un pas. Proposez-lui juste la soirée et taisez-vous, vous allez voir c'est marrant. Votre hyperactive entre immédiatement dans un monologue, des questions-réponses fusent, elle argumente pour et contre, et finit par se convaincre toute seule : elle ira... mais pas longtemps cette fois.

7/ Reproduisez le point 2/ lorsqu'en rentrant à 6h, elle vous aura réveillé cette fois en shootant violemment dans la porte de la cuisine (elle ne voulait pas allumer trop de lumière pour ne pas vous réveiller et il lui semblait qu'elle était ouverte cette pu**** de porte) ne pouvant contenir un long râle de douleur très animal, puis en éclatant de rire dans la salle de bains après le plongeon avec petit salto arrière qui va bien du tube de dentifrice dans la cuvette des toilettes (ça l'a fait rire parce qu'il y a toujours un tube de réserve... sinon elle aurait eu les boules... quoi qu'avec l'alcool me direz-vous).

8/ 9/ et 10/ reportez-vous respectivement aux points 4/ 6/ et 7/ (oui, il faut renouveler une dernière fois l'opération si on veut vraiment en venir à bout... coriaces ces sales bêtes !)

On est dimanche, elle a craqué. Elle ne l'a pas dit, certainement pas bien fière, mais son réveil elle l'a mis à 13h. Vous l'écoutez passivement sonner (vous, vous êtes une marmotte et franchement le dimanche, lever à 13, 14 ou 15h vous ne voyez pas le problème). Elle râle, couine, se relève vaguement puis se laisse retomber comme une vieille loque sur le matelas, en riant. Tous deux n'émergerez qu'1h40 plus tard.

Là, vous devriez la voir éclater de rire fréquemment
(l'hyperactive est bon public) : parce qu'elle ouvre les volets à 14h45 et que ça lui fait tout drôle, parce qu'elle se remet en pyjama après avoir pris sa douche et que ce n'est jamais arrivé, parce qu'il est 17h et que vous vous mettez enfin à table pour un "brunch" improvisé avec les quelques restes du frigo, parce que vous enchaînez le visionage de 7 épisodes de How I met your mother avec l'allumage de la télé sur la 6 pour voir Capital (autant pour l'intérêt que vous portez aux sujets abordés que pour le plaisir que vous prenez à critiquer le pseudo beau gosse qui présente, qui respire le macho dégueulasse à plein nez et qui a un chou énorme)...
Et, comme quoi tout arrive, quand vous lui demanderez inquiet le bilan de ce dimanche, elle vous dira contre toute attente qu'elle s'est bien marré et qu'elle voudrait qu'ils puissent être tous comme ça ses dimanches. Réjouissez-vous, votre mission est accomplie. Bravo Partner !

Enfin, le lendemain, parce que votre hyperactive a l'air d'avoir été profondément convaincue que c'est pas si mal d'y aller mollo parfois (et qu'elle se ménage en vue des 12 soirées prévues dans les prochains 15 jours... elle avoue, elle en a besoin, elle crée l'occasion), elle se lancera dans la confection annuelle de ces chocolats qu'elle fait (presque) mieux que personne, car selon une recette, une technique et une discipline améliorées au fil des ans depuis bientôt 10 ans : les orangettes. Tout doucement comme dirait Bibie parce que ces choses là on ne les presse pas.

orangettes

Les orangettes au ralenti pour des fêtes de Noël au calme
Pour environ 500 g d'orangettes

  • 3 grosses oranges à peau épaisse non traitées
  • 250 g de sucre en poudre
  • 50 cl d'eau minérale
  • 400 à 500 g de chocolat noir (moi je mélange du 64 et du 70 % de cacao)

Laver et brosser soigneusement les oranges sous le robinet d'eau. Inciser la peau de chaque agrume en quatre quartiers. Retirer délicatement l'écorce en récupérant le maximum de peau blanche. Plus l'écorce sera épaisse meilleures les orangettes seront. Mettre les écorces dans une grande casserole. Les couvrir d'eau froide. Porter à ébullition. Laisser bouillir 5 minutes. Égoutter. Renouveler l'opération deux fois : couvrir à nouveau d'eau froide et laisser bouillir 5 minutes.

Égoutter les écorces et les laisser refroidir. Détailler les quartiers d'écorce blanchis en lamelles assez fines d'environ 1/2 cm de largeur. Les bâtonnets ne doivent pas être trop fins sinon ils sont par la suite trop fragiles.

Dans une casserole, mettre le sucre et les 50 cl d'eau à bouillir. A l'ébullition, plonger les orangettes et laisser frémir 5 minutes. Ôter la casserole du feu et laisser refroidir complètement le sirop. Renouveler l'opération 2 à 3 fois, en prenant toujours soin d'attendre le refroidissement complet du sirop. Les orangettes deviennent alors translucides, elles sont confites.

orangettes2

Une fois les orangettes refroidies dans le sirop, les débarrasser sur grille, sans les superposer afin qu'elles sèchent. Je les laisse sécher 1 à 2 jours mais jamais plus car elles perdraient tout ce moelleux qui les rend si irrésistibles.
Faire fondre le chocolat au bain-marie ou au four à micro-ondes. Il est préférable de le tempérer et de l'utiliser à 32°C.
A l'aide d'une fourchette à tremper, plonger les orangettes une à une dans le chocolat fondu. Les tourner rapidement afin qu'elles soient bien recouvertes. Les laisser s'égoutter quelques secondes au-dessus du saladier avant de les déposer sur une feuille guitare ou sur du papier sulfurisé le temps qu'elles durcissent.

Pour la recette en images, je vous renvoie vers le papier que j'avais réalisé sur L'Internaute il y a 2 ans déjà (mon dieu comme le temps passe !) : les orangettes maison.