C'est fou comme je ressemble à ma mère.

C'en est au point que parfois je me demande si je suis vraiment sa fille et pas plutôt un Gremlin's. Si ça s'trouve, un soir d'avril, mon père lui a donné à manger après minuit et hop ! une grosse boule de poils qui jaillit de son dos : j'étais née (le poil est tombé au fil des ans, rassurez-vous)

C'est terrifiant de ressembler à ce point à une personne. On a l'impression qu'on a rien à nous.

Puis surtout, le hic, c'est que j'ai pas pris que le bon. Bah non, c'eût été trop beau. La beauté, l'altruisme, la générosité, j'en ai reçu deux-trois éclaboussures, mais alors les trucs bof-bof, on m'a trempé dedans jusqu'au cou.

Mais le pire dans tout ça, c'est que ces choses-là, c'est ce que je préfère chez moi... enfin chez ma maman... non... bon... a y est, j'me suis perdue... chez nous, quoi ! Et pour rien au monde je ne donnerais à qui que ce soit...

- notre maniaquerie : osez-vous plaindre bande d'ingrats ! On fait le ménage avec application et entrain, et même pas on se fait payer pour ça, alors hein ?!

- nos "j'lui dis" : ça, c'est un tic de langage que nous nous ignorions jusqu'à ce que je rencontre une certaine jeune fille fine et perspicace, accessoirement très douée pour l'imitation. A elle, il fallut peu de temps pour choper le truc et me le faire remarquer. Car ma mère et moi, quand on raconte une histoire, on la rend vivante à coup de "j'lui dis", "et il m'dit" et "alors moi j'lui dis". Vous conviendrez qu'au moins, ça rend la reconstitution du dialogue intelligible.

- notre parler avec les mains : tout le temps, excessivement, et surtout au téléphone (!). Un vrai spectacle vivant, son et lumière, c'est quelque chose... ah ça ! On vous anime une maison !

- nos gros mots en italien : parce qu'en italien ça passe bien mieux qu'en français (du moins en France). Oui, en italien, même les jurons, ils chantent, putana !

- notre style vestimentaire arc-en-ciel flashy tout en superposition et/ou accessoires improbables : eh ouais, mais si on a rendez-vous avec un ami devant la fontaine à Saint-Michel comme à peu près 286 autres personnes, il nous retrouve tout de suite (ou il nous évite à jamais)

- notre débit de parole : hormis mon père (qui ne nous écoute plus qu'à moitié) et mon frère (qui nous raccroche au nez), je suis sûre que les gens apprécient notre application à n'oublier aucun détail... et notre effet soporifique.

- notre sens de la communication : laissez-nous seules à la table d'un resto le temps d'aller aux toilettes, vous nous retrouverez à recueillir les confidences du client d'à côté et de la serveuse. Hop, des ragots de plus à vous raconter pendant le dîner !

Et il y en aurait tellement d'autres ! Mais le point sur lequel je ressemble le plus à ma maman, et qui me plaît encore plus que tous les autres, c'est la simplicité.

Simplicité dans notre façon d'être nous-même tout le temps avec tout le monde, simplicité dans notre façon de nous contenter de peu parce que pour nous c'est déjà beaucoup. Et en toute logique, simplicité dans notre façon de cuisiner : jamais d'esbrouffe, des produits du tous les jours, pour au final un plat modeste et convivial.

Merci ma p'tite maman de m'avoir transmis tes valeurs qui sont mes trésors et bon anniversaire aux couleurs de ton pays. Forza Italia et forza Brigida !

tomate_drapo

Tomate, courgette et mozzarella di buffala en éventail pour maman simplement parfaite
Pour 4 personnes

  • 4 belles tomates bien fermes
  • 1 petite courgette
  • 150 g de mozzarella di Buffala (ou pas di Buffala, ça le fera aussi z'inquiétez pas)
  • 1 à 2 gousses d'ail
  • basilic frais
  • huile d'olive
  • sel, poivre

Laver et sécher les légumes. Couper les tomates en tranches pas trop fines sans aller jusqu'au pédoncule (j'adore ce mot, pardon !) afin qu'elle restent entières. Couper la courgette en tranches bien fines. Peler l'ail et le couper en tranches toutes fines.

Déposer les tomates dans un plat à four, insérer les tranches de courgette entre chaque tranche de tomate. verser un filet d'huile sur les éventails, saler, poivrer et parsemer de tranches d'ail. Enfourner à 180-200°C pour 20-30 minutes (selon la grosseur des tomates, l'épaisseur des tranches et selon le résultat recherché (al dente ou bien cuit) le temps de cuisson varie).

Pendant ce temps, égoutter la mozza et la couper en tranches assez fines. Sortir le plat du four, intercaler les tranches de mozza façon drapeau italiano, arroser du jus de cuisson aillé, parsemer de basilic ciselé et remettre au four 10 minutes, le temps que la mozza fonde. Servir sans attendre.

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(ça commence à bien faire tous ces anniversaires en mai et juin ! z'avez cru que mon blog c'était un lieu de dédicaces ou quoi ?! ouais ben zou, basta et pastaciutta, c'est finito ces connerito, demain on remet tout ça dans l'ordre !)