La femme est un être attachant, liant (voire collant). En couple donc, elle ne fait plus qu'un avec celui qu'elle appelle en secret (en secret, parce que lui, ça lui colle la frousse) "sa moitié". Si si, aussi indépendante soit elle, la femme amoureuse ne pense plus qu'à deux. Donc, quand tout s'arrête, se remettre à penser à un tout d'un coup, ça lui file le vertige.

Parce qu'on s'est toutes déjà retrouvées dans cette situation, ou qu'on s'y retrouvera (je ne vous le souhaite pas, bien entendu) toutes à un moment ou à un autre, voici quelques petits conseils de survie pour celles qui retrouvent leur liberté après des mois ou des années de couple.

> On évacue, on en parle. On peut même verser sa petite larme. Mais attention, on en parle de manière constructive et on évite de plomber le moral de la planète entière à coup de "mais qu'est-ce que j'vais d'veniiiiir ! Seigneur, pourquoiiiiii ?!". Donc, on s'autorise des papotages téléphoniques interminables avec les ami(e)s de toujours grâce au forfait illimité soir et week-end de SFR pour faire le point sur les bons moments et les mauvais. Faire un bilan en fait, qui pourra par ailleurs servir à ne pas reproduire les mêmes erreurs à l'avenir.
Pour celles qui n'ont pas ce forfait génial (ni le Neo de Bouygues), on évite de se ruiner avec une facture de téléphone à 138 euros et on choisit plutôt de mettre son nez dehors pour des papotages interminables en tête à tête avec les mêmes ami(e)s de toujours autour d'un café... puis d'un second parce que si vous ne commandez pas autre chose alors que ça fait 2h45 que vous squattez la seule table en terrasse exposée plein soleil, le serveur va vous faire la peau.
Enfin, pour celles qui n'ont ni un forfait avantageux, ni assez d'argent pour s'offrir deux cafés en terrasse, ni même d'ami(e)s sous la main (décidément, vous, vous cumulez !), on opte pour la solution de la dernière chance, à savoir écrire (anonymement parce qu'il faut pas exagérer quand même) au courrier du coeur de magazines de salle d'attente "Mon cher Maxi, je foire toutes mes relations amoureuses, est-ce que c'est grave ? Ginger, 27 ans de Feucherolles"

Nota : selon l'attachement et la durée de la relation, on ne s'affole pas car la phase peut durer de 2 semaines à 2 ans. Enfin bon, au bout de 2 mois tout de même, si on ne constate vraiment aucune amélioration, on se fiche un bon gros coup de pied aux fesses et on regarde autour de soi. Qui ça ? Ben ce beau gosse là-bas sur le trottoir d'en face qui nous mange des yeux (et tiens ! On le regarde même s'il mate les fesses d'une autre, juste parce qu'il est beau et que c'est jamais désagréable).

> On évite de compenser sur la bouffe. Oui, même si on est passionnée de cuisine, même si on bosse dans la cuisine, même si la cuisine c'est toute notre vie. Aucune excuse n'est acceptée. On arrête de croire que la nourriture c'est de l'amour et on ne s'en gave pas. Parce que c'est pas sûr qu'on soit plus heureuse avec 5 kilos en plus (pris en 8 jours). On garde en tête qu'alors, on rentrera plus dans ses jeans et qu'à cause des impôts, on n'a pas les moyens d'en acheter des nouveaux, et que, par voie de conséquence, on va rester cloîtrée chez soi parce qu'on a rien à se mettre, que toutes les fringues qu'on aimait bien nous boudinent. Et ça, c'est pas bon pour remonter la pente, on est d'accord ?

Ah oui, tant qu'on y est : on évite (comme la peste) l'écueil inverse, à savoir arrêter de se nourrir. Oui, certes, ça peut se comprendre. On est malheureuse, on a la boule là, et on repousse les assiettes "po faim" avec une mine de chien battu qui collerait une déprime à Lassie. On arrête ce cinoche tout de suite, et comme on a plus 8 ans, on se force pour notre bien.
Parce que, soyons lucide, on va perdre quoi ? Disons 5 kilos. Et on va les perdre où ? Dans les seins ! Eh oui, faut pas se leurrer ! Si on exclut l'intervention du bistouri ou d'un logiciel de retouches photo ultra compétent, on n'a jamais vu, de mémoire d'homme, une femme qui perd d'abord des fesses et des cuisses. Donc, vraiment, on évite le jeûne parce que les hommes ne rêvent pas devant une poitrine tristement dégonflée.

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(ouf ! une petite pause au milieu de tout ce texte... ça fait du bien hein ?!)


> On met un terme au plus vite à l'éventuelle cohabitation
qui peut exister entre l'Ex et soi. Quand la rupture se passe très mal, on éloigne tout objet tranchant de notre portée et on part dans l'instant qui suit la décision (ou on le fait partir, toujours sans utilisation d'objet tranchant).
Mais dans l'hypothèse où la séparation se fait en bonne intelligence, d'un accord commun, que l'entente entre les protagonistes reste cordiale, on aurait tendance à pas se presser. On trouverait plein de contraintes qui nous feraient dire, à l'Ex et à nous, que bouger rapidement de situation, ce serait vraiment pas pratique, ça nous arrangerait pas du tout "non, là, en ce moment, trop d'boulot", "ah ouais mais là, tu comprends, les impôts..." Comme finalement, ça se passe pas si mal, on se demande pourquoi plonger volontairement la tête la première dans toute une série de tracas supplémentaires.
Eh bien, parce que cohabiter avec son Ex c'est malsain tout simplement ! On veut passer à autre chose (mais si, on veut !), il veut passer à autre chose, donc on ne doit plus se voir au quotidien, sans quoi les habitudes sont toujours ancrées, et la femme attachante reste attachée, c'est à dire pas réellement disponible et ouverte à une autre histoire.

Nota : pendant l'éventuelle période de cohabitation, on évite de lui demander au réveil s'il a passé une bonne nuit, de lui plier son linge, de lui faire à manger et de coucher avec lui. Eh oui, on l'a toujours fait et on aime bien ça. Et vu qu'on s'est séparé parce qu'on prenait d'autres chemins, mais pas par manque d'amour ni d'un côté ni de l'autre, ça pourrait être tentant. Bah oui, rhoo, juste une fois... allez ! Qui le saura ? Oh, et puis vu qu'on l'a fait une fois, on n'est plus à ça près maintenant. Si ! On est à ça près. On veut tourner la page, alors on la tourne, non mais ! Et si ça démange trop, on fiche un coup de tête sur le mur, on se jette un agglo sur le pied, bref, on détourne son attention pour ne plus y penser.

> On ne se laisse pas aller physiquement.
Les jours défilent et dans notre tête, ça va mieux (on n'a plus envie de se jeter du balcon, quoi !). Mais, on vient de croiser un vrai zombie blanc comme un lavabo, tout velu et tout suintant dans le miroir. Aaaaaah ! Mais comment on en est arrivée là ?! Allez hop, encore un coup de pied aux fesses, on se jette sous la douche, on se gomme, on attrape la crème dépilatoire (ou la cire chaude, ou l'épilateur électrique, ou la pince à épiler, bref, ce qu'on veut) et on remet de l'ordre à tout ça. On se passe mile et une crèmes sur tout le corps parce que d'ailleurs, maintenant qu'on ne plie plus son linge, qu'on ne lui fait plus à manger etc, on a beaucoup plus de temps pour toutes ces petites choses.
Histoire de ne plus reproduire la scène de la semaine dernière, quand on a descendu les poubelles avec le cheveu gras qui tombe dans les yeux, avec une haleine de fennec putréfié, vêtue d'un survet troué et d'un T-shirt éloquent "Do not disturb, je mords".

Parce que cette fois là, on a eu du bol, on n'a croisé personne. Mais connaît-on le voisin du 2ème gauche ? Non. Et si ça s'trouve, il est d'enfer et dispo ce type là. Et si ça s'trouve, la prochaine fois qu'on va descendre nos ordures, on le croisera dans le local à poubelles. C'est déjà pas le meilleur lieu pour une rencontre, manquerait plus qu'on l'effraie. On n'a beau dire que la beauté intérieure, y a que ça qui compte, n'empêche que la première impression, c'est celle là qui reste. Autant qu'elle reflète la bombasse pleine de vie !

> On se force à sortir. Et pas que pour aller travailler, chercher le pain ou sortir les poubelles sus-citées. Même si ça, c'est déjà bien. On attrape son téléphone et on rappelle les copains-copines qu'on a eu tendance à délaisser un peu quand on était occupée à cocooner devant la télé l'hiver dernier. Non, ils ne nous en veulent pas, oui, ils sont toujours aussi fêtards, non, on ne les dérangera pas, oui, on est la bienvenue. Parce qu'il faut être lucide une fois de plus. Il n'y a que dans les films, les séries télé à la con et les romans-photos, qu'un homme célibataire, beau, intelligent, drôle, sociable, dynamique, sensible et macho à la fois, ambitieux, compréhensif, généreux, doux, patient, pas trop jaloux et avec du poil sur le torse vient frapper à la porte de la pauvre femme éplorée qui allait avaler un tube de cachetons. Alors, bon, on va sûrement pas tomber sur cet homme là en allant boire une pinte de bière avec les potes, mais au moins, si on sort, on va finir par rencontrer Quelqu'un. Et si ce Quelqu'un n'est pas le bon, ce sera peut-être le pote du Quelqu'un, ou le pote du pote du Quelqu'un (et ainsi de suite).

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Et, d'ici quelques semaines, vous vous verrez affairée en cuisine à préparer le dessert pour un dîner en tête à tête. Si. Parce que, figurez-vous que vous recevez le voisin du 2ème gauche. Et en jetant un coup d'oeil curieux et amusé à ses sacs Franprix la fois où vous vous étiez croisés dans l'escalier (la fois où vous aviez entamé une discussion passionnante qui avait fini autour d'un café au bar du coin de la rue et où vous aviez convenu d'un vrai rencard), vous aviez aperçu une mangue qui dépassait. Donc là, forcément, pour le dessert surprise que vous lui avez promis, vous êtes sûre de votre coup. Petite maligne !

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Mini-tatins de mangue pour faire craquer le voisin du 2ème gauche
Pour 6 toutes petites tartelettes

  • 1 à 2 mangue(s) bien mûre(s) selon la taille
  • 1 rouleau de pâte feuilletée
  • 60 g de sucre
  • quelques pincées de gingembre moulu
  • noix de coco râpée

Peler la mangue et couper la chair en dés en tournant autour du noyau. Couper 6 cercles (du diamètre des alvéoles d'un moule à muffins).
Dans une casserole, verser le sucre et laisser caraméliser. Lorsque le caramel a une belle couleur ambrée, le répartir dans les alvéoles du moule. Remplir les alvéoles à mi-hauteur avec les dés de mangue. Saupoudrer de gingembre moulu (héhé !). Recouvrir avec les cercles de pâte feuilletée en appuyant bien et enfourner pour 15 à 20 minutes à 180 °C. Démouler à chaud sur grille, parsemer de noix de coco râpée et déguster tiède, voire froid, en deux bouchées, les yeux dans les siens.